"Bébés sans bras" : la bombe REMERA !

En rendant publique une "NOTE D'ETAPE N° 1" sur son site, REMERA choisit le terrain de l'affrontement. Une bombe !

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Après divers billets sur ce sujet, lire ici,  je viens de prendre connaissance d'une mise au point de REMERA, le centre de recherche qui a porté sur la place publique de ce qu'il faut bien désormais appeler "affaire des bébé nés sans bras".

Cette note, dénommée "NOTE D’ÉTAPE N° 1, exprimant la position du Conseil d'Administration et du Conseil Scientifique, est, pour moi, une véritable bombe.

ANALYSE

En un, il est rarissime qu'un organisme, financé plus ou moins directement par l’État, rende publique ( accessible à tous sur internet) un document mettant en cause son employeur.

En deux, le contenu de cette note comporte plusieurs mises en cause sévères dans différents domaines.

Après l'action courageuse, comme "lanceuse d'alerte", de Mme Amar, directrice de REMERA, il fallait s'attendre à une réponse de l’État. Ça n'a pas manqué ! Lire ici et Lire ici.

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Levée de bouclier sur les réseaux sociaux, volte-face, médiation et tentative d’apaisement de Mme Buzyn. Lire ici.

On croyait l'affaire désormais réglée : une nouvelle enquête, le maintien de subventions, la "suspension" du licenciement.

Que nenni ! Dans sa NOTE D'ETAPE N° 1 (ce qui sous-entend qu'il y en aura d'autres !), l'association REMERA s'en prend rudement à l’État. Tout se passe comme si elle avait délibérément choisi l'affrontement avec ce dernier !

Qu'on en juge, au travers de quelques unes des mises en causes.

1. Depuis 2011 et encore aujourd'hui, Santé Publique France n'est jamais revenu officiellement sur sa mise en cause du travail de REMERA. Et ce malgré l'annonce d'une nouvelle enquête par Mme Buzyn,

2. SPF reproche à REMERA de ne pas avoir consulté le site PMSI. Un site dont les données sont qualifiées de "souvent erronées"  "dont on ne peut tirer aucun enseignement des donnnées"  selon REMERA,

3. La nouvelle enquête évoquée par le Ministre ne se ferait "que sur dossiers". Sans investigation "sur le terrain" (comme préconisé par Mme Royal). Sans enquête judiciaire (comme proposé par moi).

4. Absence actuelle de précisions concernant les subsides futurs ("Pas question de les supprimer" a seulement dit Mme Buzyn). Les 100.000 € de la Région sont d'ors et déjà supprimés.

5. Aucune précision n'est donnée concernant la levée du licenciement chez REMERA. Il est seulement "suspendu".

6. Il n'existe actuellement pas en France de registre national des naissances incluant ce type de malformations (On comprend que REMERA ait étudié d'autres Régions que la sienne-Rhône-Alpes).

Et je m'arrête là. Pour ceux qui veulent prendre connaissance de la totalité de la note, lire ici.

CONCLUSIONS

On le voit, le ton est ferme, des précisions argumentées sont données, les insuffisances, les retards de l’État dénoncés. Un vrai pavé jeté dans la marre au vu et su de tous ! Une première en la matière.

Je ne vois plus guère que la nomination d'un médiateur pour sortir de ce bourbier. Au plus vite !

Personnellement, pédiatre, défendant une cause juste (celle de la prévention des malformations par le biais d’enquêtes épidémiologiques), Mme Amar et REMERA me trouveront toujours à leur côté pour les défendre et les soutenir.

Dernières remarques :

-avec cette affaire, et au contraire de ce qui se passait "avant"(Thalidomide, sang contaminé, hormone de croissance, vache folle,...), on voit bien le rôle important joué à la fois par les réseaux sociaux et internet. Désormais, plus rien n'est "comme avant". Peut-être Mme Buzyn et SPF devraient-ils en tenir compte !

-On peut penser que n'étant pas fonctionnaires, mais seulement employés d'une association financée par des organismes officiels, REMERA semble de ne pas craindre d'être attaquée sur la notion de "droit de réserve" auquel sont soumis les fonctionnaires.

 

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