"Bébés sans bras" : 6 propositions pour en sortir par le haut

6 propositions simples pour sortir de cette affaire par le haut, dans l'intérêt de tous

Le 21 octobre dernier, Mme Buzyn s'est clairement prononcée concernant cette affaire :

- une nouvelle enquête sera diligentée pour éclaircir les causes éventuelles de ces malformations à répétition.

-de nouvelles investigations vont être parallèlement confiées à l'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et à Santé Publique France(SPF).

-nous nous sommes assurés de la pérennité de la subvention de ce registre (REMERA) qui est porté par les Hospices Civils de Lyon*.

*Du coup, les Hospices Civils de Lyon, employeurs directs de REMERA, ont suspendu provisoirement le licenciement de Mme Amar et des membres de son équipe.

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Ces déclarations, si elles visent à dédramatiser la situation, ne sont pas suffisantes, à mon avis, pour sortir de la crise.

En effet, SPF est en opposition avec REMERA depuis des années, conteste la validité de son travail et va même jusqu'à dire que ce travail "ne justifie pas d'enquêtes supplémentaires". Comment, dans ces conditions, peut-on comprendre aujourd'hui de faire appel à cette instance pour une nouvelle enquête ? Cela revient à contester son travail passé ! Il faut sortir de cet imbroglio.

Par ailleurs Mme Buzyn dit qu'elle va faire appel à l'ANSES pour travailler "parallèlement" avec SPF. Oui, mais l'ANSES est également sous sa seule autorité et ne dispose pas de tous les moyens pour investiguer à tous les niveaux. La suspicion et la méfiance subsistent.

Chez beaucoup, le sentiment qui prévaut est que Mme Buzyn veut garder le contrôle total de l'enquête. Le doute sur les intentions réelles du Ministre subsiste.

PROPOSITIONS

1. ÉCARTER SPF DE L’ENQUÊTE et retenir la participation de l'ANSES, histoire de ne pas perdre la face pour le Ministère de la Santé.

2. Associer au travail d’enquête de l'ANSES une ENQUÊTE JUDICIAIRE. Pour sortir de la méfiance. Comme dans plusieurs autres affaires du même genre ( MEDIATOR, ESSAI CLINIQUE DE RENNES, DEPAKINE, LEVOTHYROX) le Parquet peut être saisi et enquêter. La Ministre peut le demander, au même titre que n'importe quel citoyen. Une enquête judiciaire peut investiguer sur la base d'une "plainte contre X pour mise en danger de la vie d'autrui par usage d'agents tératogènes éventuels". Exactement comme vient de le faire la population des environs de Fos sur Mer.  Cette enquête serait un gage d'impartialité et d'exhaustivité.

3. LEVÉE DÉFINITIVE DE LA MESURE DE LICENCIEMENT à l'encontre de REMERA. Cette mesure confirmerait la volonté exprimée du Ministre de laisser REMERA poursuivre ses activités.

4. Mise en place dans les prochaines semaines d'un PLAN PRÉCIS DE FINANCEMENT DE REMERA assurant sa pérennité. Actuellement, la Région et l'INSERM ont suspendu leurs subsides.

5. Mise en place dans les prochains mois d'un SYSTÈME NATIONAL DE RECUEIL de ce type de malformation. Sur la base éventuelle de sections décentralisées régionales du type REMERA.

6. On peut aussi éventuellement envisager la mise en place d'un RÈGLEMENT D'ORDRE INTÉRIEUR  (ROI) au sein de REMERA, histoire, par exemple, de limiter tout dérapage en matière de communication !

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