Bébés sans bras : l'Etat rate le coche

Le dispositif retenu pour gérer cette affaire trahit l'échec de l’État à conserver la confiance de la population. De quoi ravir le lobby agricole et la FNSEA.

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En révélant ce 15 novembre le dispositif retenu pour gérer l'affaire dite des "bébés sans bras", l’État échoue à conserver la confiance des Français. Le lobby agricole et la FNSEA ont de quoi se réjouir.

Quel est le dispositif retenu ?

Il prévoit de ne solliciter, pour enquêter, que 2 organismes de santé qui sont inféodés au Ministère de la Santé (SPF et ANSES).

Il prévoit de ne faire porter la convention de subsides alloués à REMERA.* que sur les 2 seules prochaines années.

En quoi ce dispositif trahit-il le mépris de l’État concernant la santé de la population ?

L’État choisit délibérément de conserver sa confiance à un organisme (SPF) qu'il a pourtant lui-même contredit ("Nous allons réaliser une autre enquête" alors que SPF dit "Il n'y a pas de raison d'aller plus loin").

En n'ouvrant pas d’enquête judiciaire, l’État confirme sa volonté d'éviter toute mise en cause éventuelle de l'environnement. "A notre connaissance il n’y a pas de produits tératogènes autorisés à la commercialisation sur notre territoire. ». C'est pourtant dans le seul cadre d'une enquête judiciaire que des investigations scientifiques poussées pourraient relever l'usage et le rôle éventuel joué par des agents tératogènes (par exemple des pesticides susceptibles de conduire aux malformations constatées). Aucun des organismes de santé actuels ne peut prétendre à ces investigations.

En ne faisant porter que sur les 2 prochaines années la convention de financement de REMERA *, l’État confirme sa volonté de faire taire cette structure. Son sérieux est ainsi directement mis en cause. De plus, cette convention à court terme laisse présager d'un prochain licenciement de Mme Amar et son équipe.

Quel gâchis !

*Information personnelle

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