Pourquoi il faut se questionner sur les couches jetables

Au moins quatre raisons justifient l'abandon de l'usage systématique des couches jetables chez les bébés

candidose-siege

I. LA PRÉSENCE DE PRODUITS DANGEREUX

En un, ce pavé jeté dans la marre par l'ANSES, l'Autorité Nationale de Sécurité Sanitaire, Environnement Travail, nous informant de la présence de toute une série de produits chimiques dangereux pour la santé, tel le glyphosate (Roundup), dans les couches jetables. Lire ici.

II. UNE PEAU FRAGILISÉE

En deux, il faut se pencher sur les conditions particulières de la peau "enfermée" dans ces couches.

En effet, un film plastique entoure la couche. Ce film isole la peau de l'air, l'empêche de "respirer".

La peau se retrouve ainsi dans une ambiance saturée (100%) d'humidité (urine) faute d'évaporation. Exactement comme lorsque nous utilisons des patchs ou des gants jetables en plastique pendant des heures.

Dans ces conditions particulières, la peau résorbe facilement tout ce qui se trouve dans cette atmosphère saturée d'humidité.

C'est le principe des patchs : patchs nicotine, patchs morphine, etc.

Mais cette atmosphère humide favorise aussi le développement de germes et autres champignons : "muguet, candidose". Milieu chaud et humide.

III. UNE PEAU IRRITÉE

En trois, l'urine, après quelques heures, se transforme en partie en ammoniaque, agent extrêmement irritant pour la peau : beaucoup de bébés ont les "fesses rouges" en raison de cette irritation ammoniacale. Cette irritation favorise d'autant la résorption de toutes les molécules présentes, y compris, bien sûr, les molécules dangereuses présentes dans les couches elles-mêmes. Une peau irritée "se défend mal".

IV. DES CONTACTS PERMANENTS PROLONGES

En quatre, l'usage systématique et prolongé (souvent près de 3 ans, 24h sur 24, soit environ 26.000 heures !) de ces couches constitue par lui-même un facteur de risque "dans le long terme".

Si l'on pense à un produit comme le glyphosate (classé cancérigène probable par l'OMS), rien ne nous permet d'écarter ce risque chez un enfant soumis 24h sur 24 et pendant 3 ou 4 ans.

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Je n'ai pas fait d'étude concernant le prix des couches jetables comparé à celui des couches lavables. Voir ici. Il faut aussi tenir compte du temps consacré au lavage.

Je ne fais en aucun cas confiance aux fabricants de ces couches jetables. Il s'agit de Multinationales plus préoccupées de leur rentabilité que de la santé des usagers. Ici exactement comme dans l'Agriculture Industrielle.

Je préconise l'usage le plus modéré possible de ces couches à la lumière de ce que nous savons aujourd'hui. Peut-être devrons-nous même y renoncer. Chaque fois que j'ai proposé de soigner des "rougeurs de siège", j'ai commencé par recommander l'abandon de ces couches et les choses se sont rapidement arrangées.

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