Des a priori de notre époque

L'a priori parlementariste / représentatif, que Pannekoek dans les Conseils ouvriers dénonçait comme l'idéologie qui sert le pouvoir bourgeois, et l'exploitation des masses, est foncièrement enraciné dans les esprits. Il faut suivre la ligne des organisations, obéir aux mots d'ordre des " chefs " en tout cas de ceux qui se donnent comme tels grâce à leur " talent " pour accéder au pouvoir (un auteur comme Michels a fait une analyse définitive des ressorts de ce système) Cet a priori est-il déracinable ? Quel courage est requis pour imaginer autre chose que l'ordre actuel, vaincre la loi du plus fort ? Dans quelques consciences peut-être à chaque époque, celles d'hommes maîtres d'eux-mêmes et lucides sur leurs propres inclinations, éclôt la possibilité d'un autre gouvernement que celui fondé sur les vieilles méthodes cyniques de pouvoir, la même conjonction de la force brutale et de la ruse qui sert à compenser une existence ratée, manquée. Car certains parviennent à s'atteindre eux-mêmes en leur être, leur liberté, par un combat qui à la fois élève et dépasse leur propre personne.

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