Dictature et lutte de classe

La lutte des classes a muté mais reste bien présente. Si une politique de distribution des fruits de la croissance a pu permettre une paix sociale pendant des décennies, favorisant en même temps une privatisation et un retrait des citoyens de la politique, notre pays s'est enfoncé dans la crise et l'apathie politique s'avère avoir été un terreau pour la dictature de classe que nous connaissons aujourd'hui. C'est tous les jours    qu'en tant que professeur et membre de la classe moyenne en voie de déconsidération et de paupérisation il faut lutter pour la " survie " non seulement matérielle mais morale et psychique, contre la pression esclavagisante venue d'en haut. Partis et syndicats, appartenant au système, ne peuvent s'opposer aux passages en force institutionnels du gouvernement. Soyons clair : toute position corporatiste/réformiste /opportuniste, car ces qualificatifs se confondent dans un même aveuglement, est par définition contre-revolutionnaire, nous entendons par la contraire à la liberté en tant qu'elle prête appui, via des intérêts bien compris et la division catégorielle du pouvoir, du prestige et des revenus, à la perpétuation de ce système d'aliénation et d'exploitation des couches sociales travailleuses. De plus, cette position s'avère toujours plus vouée à l'échec face aux " réformes " en cours. C'est donc une organisation de combat qui est peut-être à reconstruire, encore reste-t-il à déterminer où passent les lignes de clivage entre travail et capital, dans une société complexifiée où chacun défend ses positions sans pouvoir faire lien par-delà son appartenance sociale.

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