Covid19 en Inde: "300 millions de vaccinations d'ici juillet", espère son ambassadeur

1,3 milliard d’habitants et plus de 10 millions de personnes infectées. La pandémie de Covid-19, même si elle enregistre un repli sensible dans le pays, reste une préoccupation majeure en Inde, qui a lancé samedi une vaste campagne de vaccination. Jawed Ashraf, ambassadeur d’Inde en France, détaille ce défi.

FRANCE INTER : Les mesures sanitaires pour lutter contre la Covid-19 n’ont pas encore permis d’enrayer la pandémie. À quel rythme pensez-vous pouvoir vacciner vos concitoyens ?

JAWED ASHRAF, ambassadeur d’Inde en France : "Nous préparons la campagne de vaccination [débutée le 16 janvier, ndlr] depuis très longtemps. Nous avons déjà vacciné 790 000 personnes. Mais nous essayons de gagner en rapidité et en souplesse. Lors de cette première phase, nous avons l'intention de vacciner 13 millions de personnes. Et d'ici à juillet, nous espérons atteindre 300 millions de vaccinations."

C’est un défi logistique de taille dans un pays-continent, qui fédère 28 États et territoires sur 3,287 millions de km2…

"La campagne a été organisée dans 20 États et territoires. Nous avons une infrastructure en place pour la faire fonctionner : une chaîne du froid, notamment, constituée de 29 000 relais, 45 000 réfrigérateurs, 41 000 congélateurs, pour le stockage de base. Et nous utilisons deux vaccins en Inde. L'un, le Covishield, est développé par AstraZeneca et produit par Serum Institute of India ; l’autre, le Covaxin, est fabriqué et développé par la firme indienne Bharat Bioetch."

Justement, le Covaxin, ce vaccin indien qui a été mis sur le marché avant la fin des essais cliniques de Phase 3, fait l’objet de critiques… Comment y répondez-vous ?

"80 % des Indiens ont exprimé le désir d'être vaccinés. Mais nous avons mis en place plus de 1 000 centres d'appels dans tout le pays pour fournir des informations sur ces traitements. Au-delà, nous avons communiqué sur les médias sociaux, à la télévision, via les communautés locales dans les villages. Nous avons fait appel à des médecins, à des experts, pour expliquer les facteurs de risque. Mais il y a toujours des gens qui diront que les vaccins sont dangereux – c'est un phénomène mondial. Regardez la France, où les vaccins ne sont apparemment pas très bien accueillis…"

Quand comptez-vous exporter vos vaccins contre le coronavirus dans les pays frappés par l’épidémie ?

"Nous avons déjà commencé à le faire, même si nous prenons soin de notre vaste population. Nous ferons tout ce que nous pouvons pour le bien général de l'humanité et pour relever ce défi sanitaire. Pour nous, c'est une prolongation naturelle de ce que nous faisons depuis des années."

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