Où sont les Historiens?

Pourquoi le feu ça brule, l'espoir nous rassemble, et la pensée de gauche n'est pas une pensée immunitaire.

Du Feu et de l'Espoir

               Étudiant en philosophie, je m’intéresse à des applications pratiques de concepts. Il y a une gamme précise, celle développée par Spinoza, qui a particulièrement retenu mon attention ces derniers temps. Je vous la présente par cet exemple. Une chose, quelle qu’elle soit, cherche toujours à faire plus en s’associant avec ce qui le lui permet. Ce qui lui permet de faire plus, c’est toujours une chose avec qui une partie d’elle-même fait déjà. Je m'explique. Par exemple, quand l’oxygène et le carbone entrent en contact, ce qu’ils ont en commun (un composant qu’on vas nommer gluon2000) cherche à faire plus. L’oxygène et le carbone, quand ils se rencontrent, sont ainsi toujours déjà en train de faire quelque chose ensemble – une partie d’eux-mêmes se compose déjà avec une partie de l’autre. Mais cette chose qu’ils font ensemble menace en même temps de détruire ce qui est propre à l’oxygène et ce qui est propre au carbone. Ce qu’ils font ensemble par le gluon2000 les empêche de faire les autres choses qu’ils font quand ils ne sont pas unis par ce dernier. Dès lors, pour continuer à faire ce que chacun fait, tout ce qui ne convient pas entre les deux corps repousse l’autre. Voilà pourquoi le charbon ne prends pas feu spontanément lorsqu’il entre en contact avec l’air. C’est seulement lorsque l’énergie combinée de plusieurs corps de gluon2000 s’assemble en quelque chose de plus fort, par de fréquents chocs entre carbone et oxygène qu’on appelle chaleur, que ce dernier provoque le procédé qu’on nomme feu. Ce procédé, c’est gluon2000 qui fait que le carbone et l’oxygène deviennent compatibles par leur relation à lui. C'est un procédé où chaque molécule réprime ce qui faisait qu'elles se repoussaient et ne pouvait pas faire ensemble, et exprime ce en quoi elles peuvent. Alors, le corps produit par le feu est une molécule nommée CO2, et se matérialise comme oxygène couplé au carbone. Le CO2 n’est de fait rien d’autre que l’oxygène et le carbone, unis par ce qu’ils ont de commun, inhibant ce qui les sépare, et formant un corps plus fort que leurs individualités respectives.

               Obsédé par la cohérence et l’originalité de cette grille de lecture, je m’amuse depuis à l’appliquer partout où j’en vois le potentiel. Notamment, j'aimerais vous expliquer comment j'en suis arrivé à lui faire dire des choses pertinentes à propos des éléctions. Pour ce faire, je vais vous raconter comment elle m'a fait vivre mon propre rapport à ces dernières.

               En même temps que je me noyais dans ces profondeurs conceptuelles, j’ai vécu la campagne, comme beaucoup, comme chargée d’un nouvel espoir. Pas le genre d’espoir qui naît lorsqu’on désigne un ennemi et qu’on promet de le combattre, comme si tout le mal du monde disparaîtrait avec sa disparition. Non, le genre d’espoir qui naît lorsqu’on envisage un changement, précis et localisé. Lorsqu’on entretien l’image d’un effet qui nous permet de faire de nouvelles choses, et pas seulement l’image de réduire ou de retirer le pouvoir de faire à des choses avec lesquelles nous ne pouvons pas composer sans que cela détruise qui nous sommes. J’imaginai pouvoir être reconnu dans mon travail de mise en commun des idées pour la société, et par là j’imaginai ne pas devoir faire quelque chose pour quelqu’un d’autre avec lequel je ne partagerais que le lien salarial. Pour une fois, nous n’étions pas unis par un front contre un bouc-émissaire. Nous étions unis par des propositions qui changeraient de manière inclusive notre rapport aux choses et aux autres. Nous étions reconnus dans notre capacité à juger par nous même si oui ou non ces propositions étaient cohérentes entre elles et avec l'état des choses, si elles adressaient effectivement les problèmes que l’on connaît, et étions ainsi prêt à mettre la main à la pâte pour qu’elles se réalisent. Et puis, d’un point de vue théorique, je voyais surtout l’occasion de voter pour un parti qui voulait être un gluon2000 : il proposait d’unir les hommes par ce qu’ils ont en commun, d'inhiber ce qui les sépare et leur permette de faire plus de choses qu’un individu autonome, en tant que l’action d’un homme puisse toujours alimenter l’action d’un autre.


               J’en rêvais parce que aujourd’hui, ce qui est commun aux hommes - le marché libre, la compétition, la consommation, l’individualisme - nous fait croire que l’action d’un homme impute nécessairement sur l’action d’un autre. En même temps, ce qui permet à chacun de faire des choses est sa propre quantité de possessions ou de qualités naturelles. Nous ne vivons pas dans un modèle qui veut que l’autre soit un égal, mais dans un modèle où l’autre doit toujours nous prouver qu’il ne l’est pas. Voilà un problème qui me tracasse. Le plus que chacun peut faire aujourd’hui n’est pas rendu possible par ce en quoi il convient avec les autres, mais par ce en quoi il ne convient pas.

               Autrement dit, nous voyons de plus en plus nos semblables comme des menaces ou des épreuves et non comme des aides. Nous tendons moins à être des animaux sociaux que des animaux rivaux. Et pourtant nous vivons ensemble - quand cette vision s’exprime à l’échelle de la société, on parle « d’intérêts particuliers ». D'ailleurs nous ne connaissons que ça puisque nous tabooisons presque la notion «d’intérêt général ». Ainsi, nous voyons systématiquement d’autres groupes sociaux comme des entraves ou des ennemis et jamais comme des soutiens. Pour résumer, nous sommes moins une société que des meutes qui s’affrontent, au sein desquelles règne la loi de l’individu. Le modèle que nous adoptons à ces deux échelles est comparable à ce que Spinoza appelle une idée inadéquate : nous considérons la relation entre les choses « hommes » et "groupe d'hommes" non pas selon ce qui les pousse à se rencontrer et à composer mais selon ce qui les pousse à se fuir et à se détruire. Nous n’imaginons pas une seconde que les hommes soient devenus sociaux, puis des communautés de groupes sociaux soit devenus sociétés, les deux fois parce que ces hommes et groupes d'hommes devenaient plus fort lorsqu'ils faisaient des choses en commun.

               Mais le projet de la France Insoumise avait de l'imagination. Elle prévoyait de mettre nos individualités humaines en relation selon ce que nous avons en commun : l’environnement, la culture, l’intégration, le besoin d’exister auprès des autres. C’était une réhabilitation d’une conception de la République en tant qu’institution mise au profit et à l’usage de chacun, répartissant de manière plus égale le pouvoir, offrant à tous l’accès à la culture, l’accès à l’éducation, empêchant l’accaparement médiatique, garantissant des conditions minimales de survie etc.
Dans le même temps, passant beaucoup de temps à analyser le discours d’Emmanuel Macron, j'étais par contraste indigné par son programme. J’aimerais souligner ici que ce dernier déconstruit précisément cette notion d’Etat comme un tiers par lequel les humains fondent leur égalité – allant même jusqu’à dire qu’il restaurerait l’égalité en effaçant encore un peu plus l’existence de l’état dans l’organisation de la société, pour laisser place à ce qu'il appelle "l'égalité des libertés". Nous l'appelons "notre égale capacité à se marcher les uns sur les autres".

Retour aux Faits

 

               A l’approche des élections, je me suis rendu compte à quel point mes convictions résonnaient si fort dans le programme de la France insoumise, et si peu chez les autres, que j’étais terrifié à l’idée de ne pas voir mon candidat au second tour. Cet espoir que Jean-Luc avait fait naître en moi m’engageait tout entier dans son effort politique, moi qui me sentait il y a seulement quelque mois si distant de toute candidature. Mes convictions puisaient dans son programme une puissance de concrétisation qui me remplissait de joie.

               Evidemment, les résultats du 23 Avril m’ont dégoûté. Cette image d’une cause si puissante s’apprêtant à améliorer ma vie, écrasée par l’image d’une cause toute aussi puissante s’apprêtant à me renvoyer à ma tristesse, faillit m’envoyer vomir. Macron, cet escroc qui symbolise tout ce qui, dans ma vie et dans celle des autres, empêche d’exister paisiblement, remportant les élections sur un magistral coup de bluff, sur une rhétorique pathétique et inconsistante. Et puis tous ces gens qu’il avait trompé, votant contre leur propre camp, pour celui qui entretient le mal-être des citoyens français, je ne voulais pas le croire. Je ne voulais pas le croire.

               L’intensité de cette déception, ce qu’a fait sur moi le résultat du premier tour, c’était le refus d’accepter l’image des choses qui empêchaient mon espoir de venir à l’existence. Donc j’ai nié Macron, j’ai nié Le Pen. J’ai nié tout ce que je pouvais de leur propre existence. J’ai juré de ne pas aller mettre un bulletin à son nom - ni patrie, ni patron, stop de prendre les gens pour des cons.

               Et puis comme ça je maintenais l’image de ce qui me rendais plus fort : la France Insoumise, dont toute la puissance potentielle pouvait continuer d’exister en moi. Je me voyais résistant moi tout seul toute la puissance qu’exercerait l’Etat totalitaire du FN. Qu’elle passe ! Elle ne peut rien contre nous ! La force de ma conviction me consommait tout entier, se battant pour conserver l’image de la matérialisation prochaine d’un quotidien meilleur., et ce peut importe le coût pour ma propre personne. Je suivais ma raison et ma liberté, je m’attachais à la cohérence qui découle de ce que je suis et de ce que je fais.

 

Logique de Modification et Logique de Conservation

 

               A présent, je me dis que c’est là spécificité d'une raison progressiste, que d’être ancrée dans la recherche de ce qui augmente sa propre existence. Par contraste, j’aimerais introduire que la spécificité de la raison conservatrice est d’être ancrée dans la recherche de ce qui la maintient. D'accord ou non avec les mots utilisés, j'aimerais continuer ce billet en admettant la distinction entre un raisonnement tenu en vue de rendre la vie meilleure et un raisonnement tenu en vue de garantir que la vie ne s'empire pas.

               Se pourrait-il donc que ce que j'appelle un raisonnement progressiste, juste de part en part, soit incapable de faire le bon choix lorsqu’il s’agit de maintenir en vie ceux qui le tiennent ? Après tout, nous savons qu’un raisonnement conservateur est incapable de faire le bon choix lorsqu’il s’agit d’améliorer ses conditions d’existences – il n’y a qu’à voir le nombre de précaires qui ont voté François Fillon. Ce qui change, ça n’est pas la justesse de ces raisonnements, mais seulement leurs prémisses, qui rangent chacun plus d’un côté ou d’un autre - viser son amélioration ou sa conservation? C'est le moment de pointer du doigt que si Marine Le Pen est l'ultime raisonnement conservateur (qui propose de couper le pays du monde et réguler la vie de chacun, comme un escargot qui resterait figé dans sa coquille pour ne pas faire face aux risques du monde exterieur), il prétends aussi séduire les raisonnements progressistes, en construisant des rêves incohérents capables de rendre les gens joyeux à l'idée de sa réalisation. C'est l'ultime mensonge, comme si les humains d'un pays devenaient plus joyeux en se coupant de ce qui les rends plus forts - mais aussi longtemps que le mirage se maintient (bénéfice de la fameuse "dédiabolisation"), des progressistes inconstants seront séduits.

              Quoi qu’il en soit, j’aimerais adresser les gens qui, comme moi, sont dominés par ce que j'appelle une raison progressiste et leur parler un peu plus de ce qui nous concerne.

               Il est indéniable aujourd’hui que seule une raison cohérente de ce qui est le plus puissant, de BHL, « du système » oriente vers un vote Macron au second tour. Cette raison, c’est celle à laquelle nous autres, progressistes de cet âge, nous avons identifié comme étant associée au fameux « vote utile » - et nous touchons juste car il est d’abord utile pour le système établit. De même, il est nécessaire qu’une raison cohérente de ceux qui veulent faire plus, de Lordon, du "peuple" ne puisse envisager ni l’un, ni l’autre. Mais voilà, cette dernière raison, rappelez-vous, n’est pas là pour maintenir son existence – elle cherche toujours à l’augmenter. Nous nous sommes vaccinés contre les discours qui maintiennent en place les puissances établies ; il le fallait. Nous avons développé des discours alternatifs, qui tirent leur puissance des maux de notre époque, de notre actualité. Nous avons construit nos convictions sur l’intensité des violences vécues dans nos vies, dans nos environnements. Notre argumentation bénéficie aux hommes dans la mesure où ils souhaitent améliorer leurs modes d’existence.

 

Où sont les Historiens ?


               Mais la décision qui se présente aujourd’hui projetteras les hommes dans des modes d’existence qu'il ne connaissent pas. Qu'on ne connaît pas. Lorsque nous disons que tout ce qu’il y a de cohérent dans notre actualité nous empêche de voter Macron, nous disons juste, rien de cohérent dans notre actualité ne peut nous aider à augmenter notre existence aujourd’hui. Et si nous nous en tenons à la cohérence de l'actualité, alors Marine Le Pen semble bien être sur un plan différent, raciste et autoritaire, mais, au final, elle est également incapable de nous aider à augmenter notre existence aujourd'hui. Egalement. C'est là que réside toute la puissance du vote ni ni.

               Nous sommes aujourd'hui aux limites de notre argumentation. Sur une extrêmité de notre plateau d'idées faites pour améliorer l'avenir, nous regardons impuissants deux candidats se battre pour les écraser. Et nous sommes si indignés, que l'on refuse de choisir qui le fera. Nous rejettons également les semelles de velours et les semelles à crampons. Or qu'arriverait-il si, à ce moment là, nous percevions soudainement que les semelles à crampons arracheraient nos idées depuis leur racines, retirerait même ce sur quoi elles s'appuient? Serions-nous si têtus que nous ne choisirions pas les semelles de velours qui les aplatiraient, les combattraient, mais seraient incapable de retirer le sol que nous avons en commun avec elles?

               Les bonnes raisons de voter à tout prix contre Le Pen ne sont pas dans notre présent. Elles sont dans ce que notre présent à de commun avec le passé. Le plus souvent, nous n’entendons plus cet arguments qui mobilise ce qui est commun entre nous et nos ancêtres, car il sont mobilisés par le raisonnement auquel nous nous sommes vaccinés, le raisonnement du vote utile, le raisonnement du « maintiens des choses telles qu’elles sont ». Le problème n’est pas d’avoir développé ce vaccin, nous l’avons fait par cohérence avec nous-mêmes, et par cohérence avec la société avec qui nous travaillons. Non le problème c’est encore une fois celui d’une société où les hommes n’unissent pas leurs ressources pour devenir plus fort, où l'on ignore ce qui nous est commun. Il met le doigt sur l’inexistence de ponts entre la rationalité d’augmentation et la rationalité de conservation, sur l’incapacité que nous avons à reconnaître ce qui doit être pris en compte également par ces deux rationnalités.


               C’est la raison pour laquelle je demande : où sont les historiens ? Ce sont eux qui peuvent véhiculer ce lieu commun. Ils sont en relation avec notre réalité, mais aussi avec celles des hommes passés. Les historiens s’immergent dans des modes d’existences différents des nôtres, mais avec lequel notre propre mode d’existence partage bien des choses : être politique, sociale, humaine. Ils étudient les mouvements, de toutes nature qu’ils soient, qui entraînent une société dans telle ou telle direction. Ils sont témoins des occasions dans lesquelles les hommes ont failli à maintenir leur existence, et en identifient des causes. De même, ils connaissent les occasions où les hommes ont soudainement lutté pour améliorer leur existence d’un accord commun, avec les problèmes et solutions que cela a entrainé. Les historiens possèdent les souvenirs qu’une société devrait ramener à la vie lorsqu’elle se trouve dans une situation où des facteurs s’alignent comme auparavant, que ce soit pour faire plus ou pour faire moins. Et ils peuvent avertir de ce qui nous fait faire plus, de ce qui nous fait faire moins. Les historiens peuvent militer pour un raisonnement conservateur ou un raisonnement progressiste - cela n'a que peu d'importance. Où qu'il se trouve, dans la mesure où le contenu de leur propos est commun à tous les hommes, doublement lorsqu'ils sont communs à nos propres ancêtres, nous devrions prendre en compte leurs messages comme autant de structures qui doivent avoir un impact dans nos raisonnements respectifs.

               Car les historiens ont le pouvoir de nous mettre face aux conséquences de certains choix, et à l’heure où le choix est si difficile où sont-ils ? Pourquoi ne sont-ils pas là pour diffuser les points commun entre notre actualité et d'autres, comme le politologue devrait diffuser les points communs entre notre situation politique et celle d'autres nations ? N’est-ce pas là des choses que raisonnement conservateur et raisonnement progressistes ont en commun, d'être des raisonnements d'humains ? Le passé duquel découle toute notre actualité, toutes ses raisons, toutes ses possibilités, le connaître ne nous rends-t-il pas tous plus forts ? Que ce soit pour convaincre le raisonnement conservateur qu’il survivra au changement, ou le raisonnement progressiste qu’il mourra si se déroule ce changement là, n’est-il pas toujours une ressource essentielle pour qu'un pays puisse mesurer les conséquences de ses choix ?

               A cette heure, ils devraient nous immerger dans les déroulements caractéristiques aux partis totalitaires que promet Marine Le Pen. Ils devraient nous immerger dans l’histoire du néolibéralisme, de la cinquième république. Ils devraient insérer dans la réalité de tout le monde le passé qu’il serait tenté de reproduire, le mettre en contraste avec celui qu’ils seraient tenté de poursuivre. Nous mettre devant les yeux l’abolition de notre existence physiologique, que l’on puisse y préférer la répression de notre existence républicaine. En ce qui me concerne, j’ai été incapable de choisir entre le moins pire, parce que je tenais fermement à mes convictions, et je refuse de croire que cela doit être réprimé d’une quelconque façon. Mais ressentir le terrible poids d’un cauchemar du passé sur le point de se reproduire, percevoir l'irruption dans mon actualité d'un mode d'existence qui détruirait tout ce que nous sommes, cela m’a poussé à entendre l’argument d’en face.


               Alors je demande : pourquoi est-ce que personne ne nous rappelle que le combat idéologique ne résiste pas au poids d’institutions centralisés dont le pouvoir pleinement réalisé est imbattable et nous éliminera un par un ? Pourquoi oublions nous qu’un rehaussement temporaires des conditions de vie des précaires, comme l’avait fait un chancelier, neutralise les soulèvements populaires, et met le peuple du côté des oppresseurs ?  Pourquoi, n’a-t-on aucune image, aucune sonorité ou mouvement provenant du passé, émis par les historiens, qu’ils nous fassent voir, entendre et sentir ce entre quoi nous choisissons ? Pourquoi ne nous donne-t-on pas les moyens  d’utiliser nos propres modes de connaissance pour choisir ? Que l’on puisse enfin ressentir que même si nous disconvenons plus que nous convenons avec les deux programmes, c’est avec Marine que nous disconvenons le plus, nous qui sommes d’abord armés pour résister contre les supercheries et fausses promesses de la globalisation financière,  nous qui sommes d’abord armés pour unir, et désarmés lorsqu’on doit choisir entre ce qui désunit.

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