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Billet de blog 8 août 2022

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La recherche d'espions psys parmi les Services secrets : vers un tournant ?

En suivant le fil de mon enquête sur les espions intuitifs aux Services secrets français, quelques langues ont commencé à se délier. Pour nier cette possibilité. Comme je soutiens la thèse contraire, j'ai développé mes arguments sur Facebook, où se trouve la page des Ovnis Papers. Dans les dix minutes qui ont suivi, l'article a été censuré. Le voici donc.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Première remarque: si j'admets bien volontiers le caractère ésotérique de mes recherches, est-ce pour autant que l'on peut dépublier, si vite, sans explication, un article ? Or, non seulement il semble y avoir une très grande latitude dans les possibilités de dépublication chez Facebook (voir image ci-dessous), mais pour se plaindre numériquement, il faut un code qu'on ne vous communique, semble-t-il, que si votre page est radiée. Dans mon cas, on m'a juste prévenue qu'elle pourrait l'être : je n'ai donc nul numéro, ou code, qui me permettrait de saisir l'instance régulatrice qui examinerait ma contestation ! Et ce afin de prévenir la sanction finale. En poussant plus loin les liens, la chose est apparue plus subtile, plus technique - et, peut-être, d'ailleurs, fondée... mais, d'une certaine manière, peut-être assez autistique.

Les règles de la modération chez Facebook : captation d'une partie d'elle. Porte ouverte à la subjectivité des modérateurs, qui risquent vite d'être perçus comme des censeurs ? © Capture d'écran

Bien évidemment, l'écosystème des lecteurs de Mediapart est assez peu réceptif aux débats ésotériques, je le sais et le comprends parfaitement.

En revanche, nous sommes tous, abonné(e)s, sensibles et préoccupés par la liberté d'expression. Nous sommes tous très sensibles à la nécessité d'une charte de modération, et à la nécessité de faire vivre un débat d'idées. C'est pourquoi nous nous sommes rassembles pour faire vivre ce média, que nous l'aimons tant, que nous le soutenons tant.

A présent, il me faut quand même vous dire que, désormais, la question sur les Ovnis occupe, le plus sérieusement du monde, la tribune officielle au Congrès américain, à la NASA. Les langues de personnes habilitées au plus haut niveau se délient outre-Atlantique depuis un article du New-York Times, en 2017. Celui-ci décrivait, ni plus ni moins, la continuité d'étude aux USA sur le phénomène Ovnis - alors qu'un rapport de l'armée de l'air avait enterré là-bas le phénomène comme inexistant, imaginaire, en 1969.

J'ai développé tous ces éléments dans un petit ouvrage, intitulé Les Ovnis Papers : une divulgation française (voir ici). Dans ces 180 pages, j'ai rapporté des éléments sourcés, entièrement sourcés, qui montrent le décallage entre ce que nous vivons nous ici en France, et ce que vivent et effectuent les Etats-Unis (et pourquoi ils déclassifient si activement le sujet, d'ailleurs).

Dans la petite sphère médiatique qui accorde de l'importance au phénomène Ovnis en France, quatre médias dont vous n'avez certainement jamais entendus parler (pour trois) se distinguent : le trimestriel Nexus, considéré sur Wikipedia peut-être à tord ou/et à raison comme complotiste ; une chaîne du Net, BTLV, qui se présente comme la chaîne du paranormal (du moins tant que celui-ci n'est pas rentré dans la norme) ; ensuite, le magazine Inexploré d'une petite entreprise, l'Inrees - d'une réelle et très bonne tenue. Enfin, le media Facebook est essentiel pour tous ces petits groupes, marginaux à vrai dire, mais qui doivent réunir tout de même plusieurs centaines de milliers de personnes. Parmi elles, une quarantaine sont leaders, en ce sens qu'elle produise une information de qualité, sourcée, selon une investigation menée avec un grand esprit de sérieux - tant nous redoutons tous d'être crédibilisés dans ce sujet déjà décribilisé (en France, du moins).

J'ai fait donc paraître un début d'analyse des quatre articles que le journal Inexploré a donné en ce mois d'aôut 2022. Une première rédaction a été acceptée sans mot dire par Facebook, mais la rédaction 2, plus fouillée, a été supprimé par celui-ci en dix minutes à peine - en dix minutes. En effet, puisque là-bas la page des Ovnis Papers semble avoir été privée de notifications (indispensables pour fonctionner) presque à l'origine, il ne me restait que les "Partages" pour communiquer à mon lectorat les nouveautés - constantes et croissantes dans ce champ d'analyse, hélas déconsidéré (je me répète). En l'occurence, ici, le reproche fait est, en mulipliant au-delà d'un certain point les Partages, de "spamer"... bien évidemment, puisque les Ovnis Papers n'ont jamais eu droit aux notifications ! J'ai donc posé ma contestation. Mais en attendant, menaçants, les logarythmes ont coupé net, tranché dans le vif. En raison des vacances et du Covid, il est ensuite dit que nul ne sait quand la requête sera examinée. En outre, on ne peut donner aucune explication, protester de sa bonne foi, etc. Rien n'est prévu pour recevoir une data, à part "oui" ou "non", soit deux octets de justification. Et peut-être après O octet d'excuses. Bon, c'est à voir, évidemment.

J'avais évidemment particulièrement veillé à rester au niveau du débat d'idées, à éviter tout élément diffamatoire, faux, injurieux, calomnieux. J'ai veillé à faire la part des choses (ou tenté de le faire), je me suis préparé à la contradiction. J'ai anticipé que je devrai réviser certains présupposés de départ. Je sais aussi que je ne bénéficie pas d'une contre-lecture. Ensuite, je sais parfaitement par ailleurs que certains de mes moyens de preuve sont lacunaires : c'est pourquoi si les Ovnis Papers : une déclassification française sont présentés comme sourcés (de tous les points de vue), l'ouvrage Espions et télépathe : j'ai hacké les Ovnis entre, lui, dans la catégorie de la "Science-fiction néo-réaliste" (genre que j'ai inventé à cette occasion, à moins que je ne l'ai repris inconsciemment d'un ou d'une autre autre). Néanmoins, les éléments dûment sourcés et recoupés, incontestables - quoique étonnants, voire très étonnants -, doivent représenter 33 % de l'ouvrage.

Je propose donc ici à votre lecture et à votre appréciation l'article censuré. C'est donc ici que je développerai, posément, tranquillement, mon analyse, dans ses phases ultérieures.

"Partie 2... PERCEPTION A DISTANCE (ou "REMOTE-VIEWING") : REACTION DE PLUS EN PLUS ETONNEE APRES LA PUBLICATION DE QUATRE ARTICLES NIANT SON UTILISATION DANS l'ARMEE PAR INEXPLORE, LE MAGAZINE DE l'INREES (Qui explore tant et tant le sixième sens, avec tant de bonheur pour nous.)

Cette série de quatre articles de la part d'un journal bien aimé, lu et apprécié, m'a étonné, surtout pour deux, car ils énoncent sans aucune ambiguité permise la non-utilisation d'Intuitifs au sein des Services secrets français.

Par ailleurs, ils semblent un peu reprendre le florilège des idées conventionnelles sur le Remote-Viewing (ou "RV"), sa non-efficacité.

Je pousserai donc peu à peu l'analyse...

Remote-Viewing : aurions-nous (aurais-je) ainsi fait une grosse erreur en disant qu'il était utilisé aux Services secrets (mais comme un maillon dans une chaîne globale).

Je ne le crois évidemment absolument pas.

- Voir Espion et télépathe : j'ai hacké les Ovnis.

- Pour la partie hyper sourcée, voir Les Ovnis Papers : une divulgation française.

- Voir aussi le dernier ouvrage de Nico Augusto, que j'ai commandé... Ovnis, ils nous ont menti. Si cet auteur ne fait nullement référence à la pratique de la perception à distance, c'est que ce n'est pas son objet. Mais le fondateur du RV - en lien avec Stanford University et la CIA - semble avoir fui les entretiens... Or, ce grand Monsieur, Hal Puthof, a profondément bouleversé l'approche des Ovnis par le développement de ces techniques - scientifiquement parlant. Techniques qu'il a projeté vers les engins volants, leurs occupants et leurs implantations territoriales (selon des informations absolument non classées).

Retour à l'Inrees.

Réflexion faite, après nous avoir délivré exactement l'enseignement inverse (et selon de hauts standards de qualité, partout reconnus), voir ici les articles que publie à présent la petite entreprise (août 2022) :

- le premier repose sur l'interview d'un responsable du think-thank spécialiste du renseignement (le "Cf2R") et son titre est : Intuitifs, une frilosité bien française. Voir ici : https://inexplore.inrees.com/.../intuitifs-frilosite...

Le Centre français de recherche sur le renseignement (Cf2R) se définit ainsi : "Fondé en 2000, le CENTRE FRANÇAIS DE RECHERCHE SUR LE RENSEIGNEMENT (CF2R) est un Think Tank indépendant, régi par la loi de 1901, spécialisé sur l’étude du renseignement et de la sécurité internationale. Il a pour objectifs : développement de la recherche académique et des publications consacrées au renseignement et à la sécurité internationale ; apport d’expertise au profit des parties prenantes aux politiques publiques (décideurs, administration, parlementaires, médias, etc.); démystification du renseignement et l’explication de son rôle auprès du grand public."

Je vous ai ajouté ses parrains... quand ça voudra bien marcher, je dois prendre des biais pas possibles ici pour ajouter des images en JPEG.

Les parrains du centre français de recherche sur le renseignement © Captation d'écran

Je dirais, et c'est important, qu'il semble en effet s'autofinancer, même si ses comptes, assortis d'une déclaration de confidentialité, ne sont pas disponibles chez Infogreffe. Cela m'a un peu chagriné, pour tout dire, mais c'est parfaitement légal dans la limite d'un certain chiffre d'affaires. Mais, selon l'origine des experts qui contribuent à l'activité du think-thank, la qualité de leurs interventions, leur qualité tout court (d'ailleurs), il entre cependant totalement dans l'éco-système "Services secrets"... au point de développer une rubrique sur les carrières dans le Renseignement. Comme beaucoup de ces structures, celle-ci semble aussi permettre de rediriger des esprits brillants vers les Services (et il n'y a rien à dire contre cela). Vous le savez bien, quand on crée une telle activité, ce qui compte n'est pas tant l'investissement matériel en Euros que l'investissement immatériel qui est à la fois son carnet d'adresses et la bienveillance des organisations dont on fait l'objet de sa recherche : indispensable pour fonctionner. Me voyiez-vous, moi, solliciter une interview de Bernard Bajolet (ex-patron de la DGSE), puis l'obtenir ?

Chose amusante : il occupe une adresse prestigieuse au rond-point des Champs-Elysées, tout à côté de chez ma pénaliste.

Donc, en tout cas : intégration de CF2R dans l'éco-système du renseignement à la française... Pleinement.

Dans un second article, un ancien de l'espionnage français, Gérard Berrier, s'exprime lui aussi pour dénier l'utilisation d'espions psys en France. Voir ici : https://inexplore.inrees.com/.../super-pouvoirs...

Or, en ce qui me concerne, je m'inscris totalement en faux par rapport aux propos tenus ici.

Je vous invite à revenir sur mon article laissé dans les Ovnis Papers, sur mon blog de Mediapart : https://blogs.mediapart.fr/.../ovnis-papers-n-2-espions...

Dans le premier article cité, on pourrait associer les informations que je rapporte (si l'on tire les propos) à une sorte de complotisme...

Or, pourquoi autant d'agents de la DGSE étaient-ils présents lors de la venue d'espions US pour nous enseigner les fondamentaux de leur pratique, à Paris, en 2011, lors d'un congrès organisé par l'Iris ? Pourquoi une amie, voyante renommée (ou pas, protection des sources oblige), m'indiqua-t-elle avoir été contactée avec insistance par ces services pour collaborer avec eux (je ne parle pas de mon cas personnel, ici, bien sûr) ? Pourquoi une hypnotérapeute, en juin 2021, m'indiqua-t-elle avoir été formée par un Monsieur qui avait exercé dans cette structure dans les années 2010 ? Et s'est reconverti depuis dans l'hypnose médicale ? Evidemment, je ne peux pas citer les noms.

Analysons ensuite très précisément la portée et les informations sous-jacentes à cette série de quatre papiers, fort intéressants autant par le revirement qu'ils opèrent dans le rédactionnel ordinaire de Inexploré, le magazine de l'Inrees, que par les élements qu'ils cachent, que par les signaux faibles de Renseignement qu'ils dévoilent. Nous verrons si, à propos des interviewés, l'on peut parler de conflits d'intérêts (ou non, bien sûr). Nous continuerons à envisager leurs carrières, les organismes dont ils sont issus, leurs financements, nous regarderons la méthodologie de réunion et de rédaction des information - selon ce que nous pensons que le journalisme doit être. Nous verrons qu'il y a thèse (certes), mais nous chercherons l'antithèse au sein du dossier - si des contre-questions factuelles sont par exemple posées aux interviewés. Bien sûr, nous demanderons son avis à l'Inrees.

En restant ouverts aux propres erreurs d'interprétation que nous pouvons faire car, de fait, l'entreprise n'a pas non plus arrasé ses autres contributions sur le sujet - et qui continuent à nous marquer. A bientôt pour de plus amples développements.

En attendant, je reste droit dans mes baskets.

Pierre-Gilles Bellin"

La modération ches Facebook © Captation d'écran

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