Ovnis papers n° 4 :les Triangles de la nuit

« Pacifiques, nous sommes pacifiques, n'ayez pas peur. Nous viendrons vous voir encore plus souvent ». Comment une telle phrase, entendues par un témoin au passage d'un Ovni triangulaire est-elle possible ? Retour sur une investigation hors du commun.

Ces propos, entendu par un témoin, que j'ai eu interviewé longuement, dire après dire, tentant à de nombreuses reprises de le prendre à défaut, est rapporté par Daniel Robin dans son ouvrage Les Triangles de la nuit, enquête sur un phénomène inquiétant (éditions Le Temps présent; collection Enigma, 2018). Pour le comprendre, il faut replacer précisément ses pas dans ceux de ce groupe d'enquêteurs tenaces qui ont rapportés ces faits hors du commun, décontextualisés par rapport à la réalité commune, et de ce fait irréels. Passant outre l'opinion commune, « j'estime, écrit l'auteur page 27, qu'il est grand temps d'avertir nos concitoyens sur la gravité de la situation et de leur dire de qui se passe réellement dans notre espace aérien […] Je pense, en effet, que plus tôt le public sera informé et mieux il réalisera ce qui doit arriver ». A la différence des Etats-Unis, où il existe une loi sur la Transparence (le « Transparency-act »), permettant aux citoyens de se pourvoir contre le secret-défense, où règne encore un dégoût éthique du mensonge et de la dissimulation, la France est un état unitaire, centralisé, replié sur ses secrets. La tradition du secret-défense marque de son imprimature toute information ce sujet. Pour souligner à quel point, la  DCRI (ex-RG et future DGSI) avait, début mars 2013, tenté de censurer un article de Wikipedia sur la station hertzienne de Pierre-sur-Haute (dans le cadre d'une enquête pour « compromission du secret-défense » conduite par la section antiterroriste du Parquet de Paris). A ceci s’ajoute, à la différence des Etats-Unis, un conformisme venu de la science elle-même, qui déligitime les sujets ayant trait aux Ovnis : il faut que des USA viennent une forme de « disclosure », de « révélation », que là-bas, en pleine Silicon-Valley, la science et les firmes technologiques s’engouffrent dans les brèches ouvertes, pour que nos médias main-stream, certains scientifiques peut-être, des industriels comme Thalès et, peut-être, demain comme Dassault, et certainement aujourd'hui la Direction général à l’armement (DGA), abordent ces sujets : ce contexte constitue une énorme entrave à l’investigation privée et citoyenne. Pourtant, cette investigation possède une force inertielle probablement supérieure à l’inertie scientifique et étatique à la française : celle de la force implacable des faits. Illustration.

Une question fondamentale : au-delà de l’affaire Nimitz des Ovnis Papers numéro 3, quelle est l’ampleur statistique du phénomène Ovni dans le monde ? L’affaire Nimitz, simple anecdote ?

Cette question est fondamentale : depuis que les révélation AATIP du Pentagone ont reconnu la réalité du phénomène (voir ici), quelle est son ampleur statistique ? Question qu’aborde bien sûr le livre de Daniel Robin, mais force est pour lui de reconnaître que les toutes petites structures qui mènent les enquêtes n’ont pas la force compilatoire et logarythmique des Gafas et de la NSA, même si la DGSE a considérablement accru sa puissance informatique et, que de ce point de vue, la veille géo-spatiale en France est active, très bien documentée, très fine dans son analyse des données issues de tous les phénomène aériens et spatiaux, parmi lesquelles figurent forcément les phénomènes aérospatiaux non identifiés, les famaux « PANs », ou Ovnis. Mais ces dernières statistiques sont classées et il nous faut nous rabattre sur d’autres séries, pas si poussiéreuses, parcellaire et douteuses que l’on pourrait le penser. Néanmoins, toutes, au-delà de leur stade de perfection, comme me l’a dit Daniel Robin, suggèrent des tendances. Analyse donc des sources statistiques, doutes, certitudes et critiques au passage.

1 – La première et la moins contestables de ces sources est la base de données du Centre national d’études spatiales, qui réunit une partie des statistiques d’observations des années 1970 à aujourd’hui dans le cadre du Geipan. Sur les 2839 cas rapportés à leurs enquêteurs, et enquêtés, 3,5 % sont référencés « comme des phénomènes aériens non identifiés » (voir ici). Il est indiqué « [ces cas] correspondent à des enquêtes qui n’ont pas permis d’avancer des explications ». J’ai eu le privilège de correspondre avec Claude Poher, fondateur du Geipan : car, en effet, si les Directeurs actuels du Geipan semblent occulter l’origine au moins « non humaine » de ces engins (comme le confirme l'ex-Directeur de la DGSE, Alain Juillet), le fondateur du Geipan m’a clairement mailé cet hiver qu’il ne faisait aucun doute pour lui que ces engins étaient d’origine « extra-terrestre » (voir ici et voir ici). Je n'ai pas réussi à obtenir de ce charmant Monsieur une interview sur les dérives du Cnes, sujet sur lequel, il est vrai, on l'interroge sans cesse alors que lui travaille à un modèle physique global passé sous silence.

2 – Quelles sont les autres bases statistiques les plus légitimes ? A ce sujet, page 13, le préfacier de Daniel Robin (Claude Lavat) écrit : « Les dernières statistiques mondiales (Avril 2018 - source Mufon : nous reviendrons sur le Mufon) concernant les cas retenus après élimination des méprises et autres bruits parasités, font apparaître, pour un total de 640 ovnis observés, 66 ovnis triangulaires, soit 10 % des cas pour une classification comportant 15 types morphologiques. Les ovnis triangulaires représentent donc une classe non négligeable numériquement, non seulement d'un point de vue quantitatif, mais aussi qualitatif ». Qu’est-ce que le Mufon ? « Mufon » (voir ici) signifie « Mutual UFO Netwok) est une organisation américaine à but non lucratif fondée le 31 mai 1969 par John F. Schuesseler. « En 1994, Robert Bigelow (que l’on retrouvera dans les révélations AATIP du Pentagone, voir ici) suggéra que l’on travaille en coopération avec les association américaines consacrées aux Ovnis telles que le Center for Ufos studies (CUFOS) et le centre pour la recherche sur les Ovnis (Naufof) ». Robert Bigelow, un industriel très clairement engagé dans la conquête spatiale, très apprécié par la NASA et la Darpa (le centre de financement de la recherche de l'armée US) n’est pas précisément un plaisantin, et connaît très bien Jacques Vallée, l'un des plus grands auteurs qui se soit consacré au sujet, et également un scientifique indiscutable (et, en outre, qui accepte de discuter) sur lequel nous reviendrons. Comment ferait-on de la science sans statistiques ? La science est par essence statistique. Il fallait donc en effet un recensement des cas Ovnis digne de ce nom : on voit que depuis 1969 les cas observés par Mufon atteignent près de 105 000. Je ne développerai cependant pas la méthodologie et renverrai pour cela à l’ancienne antenne française du Mufon France, dirigée par Pascal Fechner, et qui n’est pas précisément un tendre lorsqu’on lui parle méthode. Mais, en juillet 2020, des dissensions agitent cet organisme, et Monsieur Fechner monte une autre structure, "May be Planet" (voir ici).  Quoi qu'il en soit de la vie de ces micro-structures (hélas) de l'Ufologie civile, 105000 cas ont donc été observés par le Mufon aux Etats-Unis pour 10 millions de km2 (les antennes européennes du Mufon sont plus récentes), à rapporter à 100 (101 en fait) « cas D » rapporté en France par les Centre national d’études spatiales et son antenne qu’est la Geipan, soit pour 500 000 km2 seulement. Cela est un fait qui interpelle gravement sur l'exhaustivité des statistiques du Cnes, décrit comme un « Service public » par l’un de ses directeurs il y a quelques années.

C‘est donc en grande partie grâce à l’excellence du travail du Mufon que l’on a pu établir la nomenclature des objets observés dans nos cieux depuis 1947 : cette table, publiée par Ovnis direct.com (le site d’Ovnis investigation) montre les typologies d’engins, avant toutefois que n’apparaissent les Ovnis triangulaires. Elle n’est pas issue de l’équipe du Mufon proprement dite, mais représente une compilation détaillée de Bruce Sterling, auteur de science-fiction et contributeur à Wired (voir ici), magazine branché technologies émergentes dont vous pourrez aborder la passionnante histoire sur Wikipedia (voir ici). « Wired » signifie « branché », « cablé », en même temps que « sur les nerfs ». Et que démontre l’histoire de ce magazine : une manière créative, précise et sans interdit d’aborder l’évolution et l’histoire des sciences, de se projeter dans la prospective, et de se risquer hors des sentiers battus.

 

Ovnis : table dressée sur le modèle des tables de silhouettes que l'on donne aux pilotes de chasse. © Vruce Sterlin Ovnis : table dressée sur le modèle des tables de silhouettes que l'on donne aux pilotes de chasse. © Vruce Sterlin

3 – A ce dernier sujet, il existe un scientifique, à l’origine du premier Net, Jacques Vallée, auteur très prolixe, qui nous rapporte dans son journal les faits suivants (Science interdite, journal 1957-1969). En juin 1961, il fut engagé par le Service de satellites artificiels basé à l’observatoire de Meudon. Page 51, il note : « Il arrive que j’observe des objets qui restent non identifiés. Ainsi, le 11 juillet à 22 h 35, je vis un satellite plus brillant que la seconde magnitude. J’eus l’occasion de faire quelques pointés. Une autre fois, plusieurs d’entre nous avons enregistré pas moins de onze points. Le lendemain matin, Muller, avec toute la mesquinerie d’un adjudant, confisqua simplement la bande et la détruisit […] – « Pourquoi n’envoyons-nous pas les données aux Américains ? » [qui donc était déjà demandeurs ?], lui demandais-je. Il haussa les épaules. « Les Américains se ficheraient de nous. […] Un matin, Muller nous lut des passages d’une lettre qu’il venait de décachetter. Or son auteur l’était autre qu’Aimé Michel […]. « Vous voyez », dit Muller avec mépris, « voilà encore une lettre pour le fichier des cinglés ». Ici, je vous ai mis le site hautement digne de foi ou des passionnés tentent de rassembler le travail d'Aimé Michel, une homme exceptionnel qui s'est hélas envolé pour toujours (voir ici).

Du fait de cette réaction bien peu conforme à la méthode scientifique, Jacques Vallée a quitté la France et entamé un travail hors-pair, sur le plan scientifique, mais aussi entrepreneuriale, notamment à la Silicon Valley. Il fut associé, dans une phase de son travail, au professeur J. Allen Hynek, qui remplit les fonctions de conseiller scientifique de l’Armée de l’air des Etats-Unis pour la question des Ovnis un quart de siècle, de 1947 à 1969. Et sur l’épopée duquel va sortir un film : voir ici le trailer ; et une page moins connue sur la biographie de cet homme (voir ici). On retrouvera Jacques Vallée en arrière-plan dans les révélations du New-York Times en 2017 (il ferait partie du comité de conseil de Bigelow Aerospace), et je le rencontrais personnellement et très brièvement en France dans un congrès réunissant de nombreux spécialistes du Renseignement à Bagnolet, en mars 2011. Je lui parlais un peu. A cette occasion, il me dit : « Les grands créateurs du Net ont pour la plupart vus des Ovnis » (je ne garantie pas l’exactitude au mot près). Référence à une théorie sur laquelle nous reviendrons. Voir ici la biographie de Jacques Vallée, malgré quelques réserves de Wikipédia. Ici encore, vous approcherez aussi la richesse d’une vie assez exceptionnelle. En mars 1974, en tout cas, l’astronome-informaticien-mathématicien-capital/risker avait classé plus de 3 000 cas… d’atterrissage avec visions rapprochée des témoins. Il y a donc près d'une demi-siècle : je vous suggère d'imaginer ce qui s'est passé depuis. Des statistiques plus complètes ont été demandées, aux Etats-Unis eux-mêmes, par des gens important de l'establishment politique. Mais à ce sujet un porte-parole du sénat américain, John W. Mc Comack, déclarera en janvier 1965 : « J’estime que l’Armée de l’air n’a pas fourni toute l’information disponible sur les Ovnis. On ne peut ignorer tant de sources incontestables ». Preuve de statistiques cachées certainement beaucoup plus complètes et complexes que celles que je vous mentionne.

4 – On peut aussi avoir une idée de l’ampleur du phénomène Ovni, d’une manière anecdotique, selon une anecdote encore issue de Science interdite, de Jacques Vallée. En URSS, un comité, le comité Stolariov, qui siégeait au Kremlin dans les années 1970 avait pour but la création d’un bureau spécifique d’études sur les Ovnis. Mais il lui manquait deux signatures pour qu’il fût créé. Deux de ses membres, Kasantsev et Ziguel, se présentent donc devant le ministre de l’Air : – « Très intéressant, dit celui-ci, qu’est-ce que je peux faire pour vous ? – Ce qui serait utile, dit Ziguel, ce serait de demander si vos hommes ont vu des objets inconnus qu’ils n’ont peut-être pas officiellement rapportés. – Bonne idée, camarade, c’est chose simple. Le ministre appuie sur un bouton, un officier arrive, se met au garde à vous et le ministre dicte : « Ordre à toutes les bases de l’Union soviétique : rapportez immédiatement toutes observations d’objets volants non identifiés par votre personnel. » Ziguel et Kazantsev quittèrent le Kremlin enchantés, avec la promesse qu’ils seraient tenus au courant. Quarante-huit heures plus tard, le comité avait cessé d’exister. Le ministère avait été submergé par 15 000 rapports. Les bureaucrates avaient soudain réalisé l’énormité du problème. Le secret militaire était tombé sur toute l’affaire [page 313]. » Ouf !

5 – Toujours du point de vue statistique, Daniel Robin rapporte les statistiques du Nuforc, National UFO Reporting center de 1960 à 2000, celles que relevait un ufologue connu, Gildas Bourdais (voir ici) : de 35 cas en 1960 à 230 en 2000, soit une augmentation de 1 500 % en quarante année. J’ai eu du mal à recueillir plus d’information sur le Nuforc, sauf qu’il a été fondé par Robert J. Cribble en 1974. Mais la limite de mon introduction est que je la fais dans ce cas précis à partir des données du Net, tentant simplement de compiler les meilleurs sources (alors que toute véritable enquête nécessite d'aller sur le terrain). L’organisme a en tout cas recueilli aux USA 90 000 observations ! Ce qui est intéressant dans cet organisme fondé plus tardivement que le Mufon, c’est qu’il a établi une autre liste où apparaissent en nombre les « Triangles de la nuit » chers à Daniel Robin, chiffre qui illustre toute l’importance de cet ouvrage. Ainsi, en faisant http://www.nuforc.org, voici le listing qu'en 2020 j'obtiens (mais sans garantie) :

Une liste où apparaissent les fameux "Triangles" d'une manière significative, presque à parité avec ce qu'on a nommé les "soucoupes" : mais sans garantie autre que celle illustrant une tendance, comme dirai d'aileurs Daniel Robin. © NUFORC Une liste où apparaissent les fameux "Triangles" d'une manière significative, presque à parité avec ce qu'on a nommé les "soucoupes" : mais sans garantie autre que celle illustrant une tendance, comme dirai d'aileurs Daniel Robin. © NUFORC

 

On réalise en effet qu’avec plus de 8 000 témoignages, les triangles font désormais presque jeu égal avec les fameux Ovnis que l’on a appelé des soucoupes, disons de forme circulaire, pour près de 11 000 observations. Sur le seul territoire des USA. Daniel Robin a lui voulu rester minimaliste dans son ouvrage, déjà très dérangeant, ne rapportant des statistiques du Nuforc que de manière précautionneuse et la plus certaine possible, de 1960 à 2000 : de 35 cas d’Ovnis triangulaires en 1960 à 230 en 2000, soit une augmentation de 1 500 %. Le site du Nuforc, lourd et peu pratique à fouiller, recèle beaucoup d’autres éléments. Mieux vaut certainement rester minimaliste et prudent, d’autant que la méthodologie n’est guère renseignée. Au Mufon, la présence de Bigelow est une garantie de sérieux… ici, nous dirions que nous observons les mêmes tendances, la même ampleur du phénomène. Mais quel est le biais méthodologique ? Il semble à l’opposé, en tout cas, de la prudence du Cnes, laquelle prudence elle, semble plutôt révélatrice d'une méthode datée et d'un manque de moyens cruciaux.

5 – Il faut donc à présent, chers lecteurs et chères lectrices, revenir à Jacques Vallée dans son ouvrage Autres dimensions : chroniques d’un contact avec un autre monde. Car, en effet, le nombre d’Ovnis recensés pose problème, c’est comme s’ils nous disaient, de manière sous-jacente, qu’ils habitent parmi nous. Evidemment, c’est un absurde a posteriori, et voici comment Jacques Vallée a alimenté le débat dans l’annexe de son livre, en un article publié par le Journal of scientific exploration : « Cinq argument contre l’origine extra-terrestre des Ovnis ». Après avoir indiqué que l’on connaissait entre 3 000 et 10 000 cas de rencontres rapprochées, et les avoir moyennisé à 5 000 (nous sommes alors en 1989, il y a trente-et-un ans, soit un tiers de siècle), il écrit : « En fait Poher [le fondateur du Geipan] et moi avons abouti en 1975 (à partir de bases de données différentes) que la distribution géographique des rencontres rapprochées traduit un souci d’éviter les zones les plus peuplées. En suivant ce raisonnement, compte-tenu de la répartition des zones peu peuplées et celles qui le sont fortement, nous pouvons encore multiplier notre estimation par un facteur dix, et nous obtenons le chiffre d’un million d’atterrissages. […] Cette estimation ne tient pas compte d’une autre caractéristique du phénomène : le fait qu’il se produise majoritairement la nuit. [autrement dit quand tout le monde est couché] » Il développe ensuite le thème de la distribution du phénomène des apparitions, pour aboutir à un pic vers 3 h du matin (voir ici le cas qui m’est personnellement arrivé : lien) Le pic, l'heure, soit 3h du matin, tout concorde. Le seul point où je divergerai, mais peut-être Jacques Vallée a-il changé d'avis, c'est que le type d'Ovnis que j'ai observé, ainsi que ma vingtaine de témoins (mais nous pourrions aisément réunir une soixantaine de témoignages) n'apparaît pas de manière aussi massive en ville. On m'a cependant rapporté, via la journal Le Parisien, un Ovni sur Maisons-Alfort se dirigeant vers le Bois de Vincennes (mais je n'ai jamais réussi à contacter le témoin), et j'en ai vu une fois au-dessus des Halles.

6 – Résumé

Le phénomène Ovni, massif, étalé sur le temps, donne, peut-être, l'illusion d'une montée contemporaine des statistiques puisque les moyens que nous avons n'existaient pas avant la dernière Guerre mondiale (comme le radar, tout simplement). Les statistiques du Cnes sont peut-être sous-évaluées d’un facteur 50 à 100 (notre seul pré-documentaire montre de 2006 à 2019 sur la seule forêt de Brocéliande au moins une vingtaine de cas, soit sur 200 km2 , sans compter les dénombrements d'Ovnis-investigation et de Daniel Robin ; sur Brocéliande, on dépasserait en fait la quarantaine de cas). Le phénomène observé par Jacques Vallée évite les zones peuplées et est plutôt répandu dans les zones naturelles, qui se réduisent en ce moment comme peau de chagrin (ce qui est cohérent avec le nombre d’observations faites sur la forêt de Brocéliande, grignotée à l’est par la péri-urbanité de Rennes, et tout autour par l’agriculture industrielle). Mais, et c'est ce qui tranche (ou complète) avec ce que Jacques Vallée écrivait, c'est que l'équipe d'Ovnis-investigation s'est mise à rapporter de plus en plus d'observations d’engins triangulaires au dessus des hyper-centres de villes et de leur peri-urbanité. Or, leur type morphologique, le triangle, est très différents des anciennes nomenclatures, comme peuvent l'être ceux d'un MIG-21 de l'ex-URSS et un Super-Hornet des USA. Ces observations vous aideront à mieux situer l’intérêt de l’ouvrage de Daniel Robin, son originalité, et le fait que le sous-titre soit « Enquête sur un phénomène inquiétant ».

Le livre de Daniel Robin : « Les triangles de la nuit, enquête sur un phénomène inquiétant » (Editions Le Temps présent, collection Enigma, 2018).

Un livre majeur © Daniel Robin Un livre majeur © Daniel Robin
Paru en 2018, donc l'année suivant la découverte par le New-York Times que le Pentagone continuait à enquêter sur les Ovnis, et ce juste avant les révélations AATIP (voir ici l'interview de Franck Maurin), l'ouvrage de Daniel Robin est divisé en cinq chapitres et consacré spécifiquement à un type d'Ovni, les Ovnis triangulaires :

1 – Le premier chapitre est une comparaison avec les aéronefs humains pour exclure que ceux dont l’auteur rapporte les observations soient d'origine terrestres. Ahurissant : voir à ce propos qu'Alain Juillet, ex-Directeur du renseignement, tenait récemment dans Paris Match, à propos du documentaire « Ovnis : un secret d'Etats » (Canal Plus : voir ici le teaser) ;

2 – classification des Ovnis triangulaires : fondée sur les feux qui apparaissent sous les engins, elle fait apparaître cinq types d'engins. L'auteur a parfaitement conscience que cette classification est réductrice, mais il considère qu'elle est un point de départ. Dès ce chapitre, l'auteur aborde l'impact psychique sur les témoins de leurs observations. Ce thème, qui va aller en s'amplifiant, est l'une des interrogations fondamentales de l’ouvrage. Il semble en effet s'établir, dans certains cas, une communication psychique singulière entre les Ovnis triangulaires et les témoins ». En fait, cette classification est totalement passionnante, tout autant que les descriptions des témoins : « Mon idée sur l'instant fut qu'il était assez inquiétant qu'on laisse voler si bas des appareils sur la ville », note ainsi un témoin, Daniel, qui voit le triangle passer juste au-dessus des immeubles de sa rue, vers 23 h, dans le centre-ville de Lyon (angle rue de Masséna/rue de Sèze).

Ci-dessous, une partie de la typologie des engins observés par l’équipe d’Ovnis-investigation, tirée de la page 61 de l’ouvrage. Notez leur taille ahurissante : évidemment, un tel aéronel nécessite un garage, dont vous pouvez multiplier la superficie par trois. En pointillés, c'est tout un système logistique, industriel, qui se dessinent derrière, avec ses chaînes d'assemblage, ses magasins de pièces détachées. Je ne ne sais plus qui disait que pour un soldat au front il fallait 30 travailleurs derrière... Cet ordre de grandeur fixe la donnée logistique, et la donnée logistique pose le problème des chaînes d'approvisionnement. La longueur des chaînes d'approvisonnement est déterminante, comme l'a montré dans les années 1940 la Bataille de l'Atlantique : en l'espèce, elle partait des USA vers la Grande-Bretagne, les sous-marins nazis s'occupant à détruire les navires. Cette notion renvoie à la profondeur stratégique (il faut un lieu sécure pour les industries d'armement et la production des matières premières). C'est pourquoi un haut-responsable militaire américain se serait exclamé, à ce sujet : "Où est la ligne logistique d'approvisionnement, elle doit être immense" (et par conséquent vulnérable). Tout le problème est là, hyper-technologie ou pas.

 

Un Triangle de la taille d'un Boeing © Editions Le Temps Présent, collection Enigma Un Triangle de la taille d'un Boeing © Editions Le Temps Présent, collection Enigma

Ce chapitre 2, entre descriptions, hypothèses sur les technologies en œuvre, témoignages, est d'une richesse inouïe. Page 127, l'auteur notre ceci : « J'estime que les dimensions des triangles varient entre 5 et 10 m pour les engins les plus modestes, en entre 50 et 110 m pour les structures les plus grandes (avec toutes les dimensions intermédiaires entre 5 et 100 m). Nous verrons cependant qu'il existe des engins dont la taille est supérieure à 1 000 m. » Toute les variations sur le thème du triangle, donc, qui permet de deviner l’intégration des chaînes de production derrière : bâties sur le thème du triangle, un ingénieur dirait qu’elles sont optimisées à partir de cette forme, ce qui constitue une formidable intégration quand on cherche les économies d’échelle. C’est déjà, à ce seul niveau, une leçon industrielle sur me mode fractal, avec le risque de toute série : que le même défaut se répercute sur toute la chaîne. La suite de l’ouvrage est totalement passionnante... Mais voici deux autres images :

La masse porteuse est souvent décrite comme n'ayant pas d'épaisseur. En général, vous avez trois feux, un à chaque angle, et souvent un feu central. La coque, plus sombre que la nuit, peut-être parcourue de liserés lumineux... © Enditons le Temps présent, collection Enigma La masse porteuse est souvent décrite comme n'ayant pas d'épaisseur. En général, vous avez trois feux, un à chaque angle, et souvent un feu central. La coque, plus sombre que la nuit, peut-être parcourue de liserés lumineux... © Enditons le Temps présent, collection Enigma

 – le chapitre 3 s'intitule « Interférences avec la conscience des témoins » : occupant un quart du livre, il dérange tout autant que les précédents chapitres. L'enquête est d'autant plus sérieuse que j'ai moi-même eut un long entretien avec l'un des témoins (voir bientôt la vidéo), Xavier, et découvert qu'un autre de mes compagnons de route nantais, Cyrille, avait vu l'un de ces engins à Angers, de 200 à 300 m d'envergure. Plus exactement, Cyrille, en 1990, a vu avec sa sœur passer l'un de ces engins au-dessus de lui en 1990, tandis que les pannes électriques se succédaient sur la ville, et que les chiens « aboyaient d'une façon ''sauvage '' […] comme s'ils étaient agressés, paniqués. Cyrille éprouva alors un sentiment de crainte et de malaise ».

Mais c'est à Xavier, qui habite Nantes, que revient la palme de l’observation. C'est à lui que fut dite, mentalement, dont télépathiquement, cette phrase : « Pacifiques, nous sommes pacifiques, n'ayez pas peur. Nous viendrons vous voir encore plus souvent » Quand il voulut photographier l'engin avec son smart-phone, une douleur si forte irradia dans son cerveau qu'il en fut incapable. L'engin, de 50 m de côté, fit un long arc de cercle sur la ville, du pont de Chéviré sur la Loire (en aval) au pont du périphérique (en amont, côté Sainte-Luce-sur-Loire). Fort heureusement pour la crédibilité de Xavier, un autre témoin observa l'engin, qui subit une singulière transformation : passé la Loire, toujours après avoir rasé lentement le toit des immeubles, il prit de l'altitude, s'entoura d'une boule de lumière et disparut derrière les nuages. A son arrivée aussi, il était dans une boule de lumière. Et, me direz-vous, les autorités ? A 23 h, quand cela arriva, l'aéroport de Nantes-Atlantique était encore en activité, mais refusa de confirmer avoir noté quoi que ce soit (alors que le phénomène passé juste à côté des pistes). Xavier appela les radaristes, alla voir les gendarmes de la commune, puis signala le cas à la DGSI, puis enfin à la mairie où, curieusement, l’on était déjà au courant. J'ai réalisé son interview, avec les moyens du bord : je vous mets le lien dès que je l'ai monté, car j'ai réalisé son interview. Mais je vous préviens : il doit durer une bonne heure.

4 – Le chapitre 4 du livre est consacré aux théories standard qui dominent dans l'ufologie, pour tenter de rendre compte du pourquoi de la présence récurrente d'engins non-humains de toutes sortes dans nos cieux : « Système d'apprentissage ou système de contrôle ? ». Difficile, en effet, de dégager les motivations de ces sociétés qui font évoluer, en nombre finalement industriel, ces engins dans les cieux. Veulent-ils nous apprendre quelque chose, mais quoi alors ? Veulent-ils nous contrôler, mais pourquoi alors ? Mais quel est leur intérêt ? On imagine mal qu’une civilisation mette en jeu autant de moyens sur une espèce aussi sommaire que la nôtre pour l’étudier, par exemple ? C'est l'occasion ensuite pour le livre de faire le point sur les vagues d'Ovnis qui arrivent à intervalles réguliers.

5 – Le dernier chapitre est consacré à la vision et aux enjeux de l'ufologie. Rapports avec la démarche scientifique, méthode de l'enquête statistiques, dont la faiblesse est pointée (pour ce qui est du domaine civil, bien sûr).

Focus sur un témoignage capital : quand un Ovni triangulaire passe à moins de 20 km de la base aérienne du Mont-Verdun, centre de la veille géo-spatiale française

Revenons, si vous le permettez sur un épisode particulièrement significatif : celui-ci qui a eu lieu au croisement de la rue Masséna et de la rue de Séze, le 5 juin à 23 h, dans le troisième arrondissement de la ville, qu’un Triangle a survolé lentement.

Comme très souvent, cet Ovni triangulaire est décrit passant lentement comme au ras des immeubles. © Editions Le Temps présent, collection Enigma Comme très souvent, cet Ovni triangulaire est décrit passant lentement comme au ras des immeubles. © Editions Le Temps présent, collection Enigma

En zooms arrière successifs, voici comment apparaît l’hyper-centre urbain de Lyon (voir ci-dessous). On voit parfaitement sur la planche la proximité de l’hyper-centre urbain et de la base aérienne du Mont-Verdun : soit moins de 20 km

De haut en bas, et de gauche à droite : difficile de croire que la veille géo-spatiale au Mont-Verdun, qui voit à des millions de kilomètres, ne soit pas au courant qu'un Ovni triangulaire passe sur la rue Masséna ou stationne sur une barre d'immaubles, à Villeurbanne. © Pierre-Gilles Bellin De haut en bas, et de gauche à droite : difficile de croire que la veille géo-spatiale au Mont-Verdun, qui voit à des millions de kilomètres, ne soit pas au courant qu'un Ovni triangulaire passe sur la rue Masséna ou stationne sur une barre d'immaubles, à Villeurbanne. © Pierre-Gilles Bellin

 

 

 

Lyon, pour qui ne le sait bas, abrite sur les très hautes collines qui la surplombent à l'ouest la base du Mont-Verdun, une base militaire hyper équipée spécialiste de la veille géo-spatiale et aérienne, au cœur d'un réseau de galeries souterraines qu'avait exploré, il y a longtemps, des activistes anti-armée. Un documentaire a d’ailleurs été consacré à cette base par France Télévision et RMC Découverte. Le teaser de cet excellent film, très rassurant, du réalisateur Jean-Marc Labrousse est visible ici.

Voici comment se présente la base vue de Lyon (images FR3) :

Jste undétail : l'un des des deux radars a été retiré. Ne me dites pas lequel, je l'ai oublié. Jste undétail : l'un des des deux radars a été retiré. Ne me dites pas lequel, je l'ai oublié.

 

A l’intérieur de la base (en partie souterraine), un documentaire de FR3 détaille la manière hyper-technologique dont est menée la veille de l’espace aérien et géo-stationnaire. La France est l’une des trois nations du monde à pratiquer cette veille, à l’origine bâtie comme un système permettant de recenser les micro débris qui polluent l’espace proche.

 

 

 

 

 

 

A l'intérieur du Centre de contrôle, tout au fond du labyrinthe des souterrains, souvent coupés à angle-droit pour couper les effets de soufle d'une explosion thermo-nuclaéaire.. © FR3 Région A l'intérieur du Centre de contrôle, tout au fond du labyrinthe des souterrains, souvent coupés à angle-droit pour couper les effets de soufle d'une explosion thermo-nuclaéaire.. © FR3 Région

Le Ministère des armées fait la promotion de cette base de la manière suivante (extrait de la page Web) :

 

Une partie de la présentation de ce haut-lieu stratégique qu'est le Mont-Verdun, maillon essentiel intégré d'ailleurs à l'OTAN, mais qui va être déplacé à Toulouse sur décision du Ministre de la Dégense nationale, Florance Parly. Tous les grands pays travaillent actuellement activement sur les notions de défense spatiale. © Ministère des armées, site officiel. Une partie de la présentation de ce haut-lieu stratégique qu'est le Mont-Verdun, maillon essentiel intégré d'ailleurs à l'OTAN, mais qui va être déplacé à Toulouse sur décision du Ministre de la Dégense nationale, Florance Parly. Tous les grands pays travaillent actuellement activement sur les notions de défense spatiale. © Ministère des armées, site officiel.

Pour information, si vous décidez de vous délasser d’une matinée de travail particulièrement harassante dans les souterrains de la base, commencée top tôt et finit trop tard, bref, de votre « quart », vous êtes via le TER à 25 minutes du centre-ville de Lyon à partir de la gare d’Albigny-Neuville, et en une trentaine de minutes à l’angle de la rue de Sèze et de la rue de Masséna, compte non tenu du temps passé pour descendre de la base à la gare. Quel bonheur de se ressourcer ainsi dans la forêt montagneuse, puis de faire un peu de shopping dans l'une des plus belles villes de France !

Mont-Versun à Lyon : une treintaine de minutes par les trasnports en commun.. © SNCF, horaires et prix Mont-Versun à Lyon : une treintaine de minutes par les trasnports en commun.. © SNCF, horaires et prix

 

 

 

Cela est donc pourquoi Daniel Robin peut se permettre d’écrire (page 28) : « [] ces engins volaient à basse altitude au-dessus de rues ou de carrefours très fréquentés, dans les centres-villes []. Ces survols d’agglomération s’effectuent dans un silence absolu. Cette façon ‘‘ désinvolte ’’ de se comporter si je considère qu'en pleine ville, les engins sont repérables par de nombreux témoins, ne cesse pas de m’intriguer encore aujourd’hui. Ce comportement a de quoi surprendre. Il montre en tout cas que l’intelligence qui pilote ces engins se semble pas trop se soucier de l’impact que le survol ostentatoire des villes pourrait avoir sur les populations. Mais ce n’est peut-être qu’une apparence. »

En réalité, les engins ne peuvent ignorer la proximité des installations de veille aérienne et géospatiale, et inversement pour nos militaires, qui veillent sur notre sécurité. Nul besoin, non plus, de leur jeter la pierre : le gap technologique est si immense qu'ils sont totalement sans moyens, et que toute initiative de notre part serait un risque inconsidéré. Mais tout se passe comme si ces Ovnis triangulaires étaient chez eux chez nous. Une question se pose alors : quel(s) intérêt(s) revête(nt) pour les Triangles les hyper-centres urbains, tout autant, comme l’indiquent d’autres témoignages, le sommet des toits d’immeubles de banlieue ou les centre commerciaux et ce, toujours de nuit ou, au minimum à partir du moment où le soleil se couche ? De telles questions sont gravissimes, surtout après nous ayons analysé le phénomène Ovni dans ses statistiques connues, et qu’est apparue une présence de plus en plus importantes des Triangles. En fait, le Triangle observé au croisement de la rue de Sèze et de la rue Masséna, du nom d’un ex-maréchal d’Empire (de surcroît), posait bel et bien un acte de souveraineté sur la ville de Lyon. Pour mieux vous faire saisir l’analogie, se serait comme si les bombardiers russes ou chinois venaient survoler toutes la nuit les rues de Paris, et comme si nous faisions mine de les ignorer pour tenter d'accroire que nous contrôlons la situation. Oui, le sous-titre du livre de Daniel Robin est en réalité pleinement justifié : "Enquête sur un phénomène inquiétant".

 D’Ovnis-investigation au « Vertical-Project » : la méthode pour résoudre l’énigme ?

Daniel Robin, en plus d’auteur, est président d’Ovnis-investigation. Cette association se présente ainsi : « L’association Ovni-Investigation, basée à Lyon, à pour but l’étude rationnelle et objective du phénomène ovni (ufologie) ; Ovni-Investigation c'est plus d'une centaine de membres répartis sur toute la France ; Ovni-Investigation, qui reçoit des dizaines de témoignages chaque mois, est à l'écoute des personnes qui ont observé un phénomène inexplicable et dérangeant ; Rappelons que l’ufologie n’est pas une science exacte, mais elle utilise les outils intellectuels et les méthodes des autres sciences pour mener ses recherches ; nous ne professons aucune croyance spécifique au sujet des ovnis. » Certains de ses membres sont scientifiques, ce qui ne signifie nullement que le travail n’est pas mené avec sérieux par le reste des membres. « […] L’association s’est constituée une base de données informatisée ( Base OI - Access ) qui comporte aujourd'hui plus de 1 000 cas d’observations d’ovnis échelonnés entre les années 1930 et 2017. » A la question de savoir si cette classification est d’un exacte parallélisme avec celle du Cnes (la Geipan), c’est-à-dire que l’ensemble de ces cas seraient classés « D » (soit des « Pans », ou phénomène aériens non inexpliqués), la réponse est négative : car ils impliquent beaucoup d’observations faites par des individus isolés (voir en PDF le questionnaire).

La méthologie de l'interrogation des témoins d'Ovnis, avant leur analyse carte du ciel, des satellites et éphémérides à l'appui. (pdf, 118.4 kB)La présentation de l’esprit qui sous-tend le travail d’Ovnis-investigation serait incomplète si je n’ajoutais pas que l’association a adhéré au « Manifeste contre une science post-matérialiste » de Mario Beauregard (pour le manifeste, voir ici ; pour Mario Beauregard, voir ici l'un de ses interviews). Ce manifeste a donné lieu, dans leur forum, à une réponse des Sceptiques du Québec (voir ici). Je vous mets donc la thèse et l’antithèse, car elles témoignent de la science en train de se faire sur le plan de la théorie, même si je me permets de rappeler aux Sceptiques du Québec que ce qui prime dans la science est l’observation.

Dans mon propre travail, réunis dans une pré-documentaire intitulé « Ovnis en forêt de Brocéliande » (voir ici), 25 % seulement des observations sont réalisées par des témoins en groupe (donc sont des cas « D » au sens du Cnes), les autres l’étant par des individus isolés. Soit un rapport de 1 à 4. Il est évident que c’est un point de méthode majeur : dès lors, le travail d’enquête doit être serré sur le témoin, beaucoup plus complet, et éluder toutes les hypothèses de confusion, de mauvaise interprétation (il faut beaucoup se pencher sur les tables astronomiques, la carte des satellites, etc. Je développe abondamment cette méthodologie dans le pré-documentaire déjà cité) : je dirais que dans le cas d’un travail avec témoin isolé et document photographique, le crible est de 1 sur 4 (nous avons quelque chose « d’objectif ») sur quoi nous baser : sans document photographique, sans l'heure de l’observation, le crible va en fait complètement dépendre du témoin lui-même, de sa crédibilité, de la spontanéïté de sa réponse. Le plus problématique est quand ce témoin vont faire part de personne à personne de son témoignage, dont l'intérêt semble majeur, mais qu’il abat l’omerta de la peur du ridicule. C’est alors vos risques et périls que vous prenez sur vous de le rapporter : ce qui pourra vous inciter à le faire néanmoins, c'est que les témoignages isolés s'accumulent sur la même petite zone, ce qui est le cas de plusieurs endroits en Brocéliande. Tout ceci pour vous dire que nous sommes dans une science qui se voudrait exacte, mais qui est en fait plus proche de l’enquête judiciaire, mais sans que la police scientifique puisse être associée. En effet les données scientifiques (radars et autres) sont classées défense. D’où la nécessité de contrer par ces absences cruciales de données l’analyse des Ovnis sur le terrain, ou, plutôt sur le plancher de ces pauvres vaches. Une analyse complète de la chaîne associerait en effet témoignages, pilotes des jets, radaristes, satellites et observatoires astronomiques, jusqu'à la station spatiale internationale. Du point de vue des radars ou de l'observation vidéo, elle impliquerait des ralentis d'exception, l'utilisation de l'amplification de lumière associée à des radars actifs (qui projettent des micro-ondes), des radars passifs (qui détectent sans projeter des micro-ondes les "trous" creusés par des engins invisibles en déplacement dans le smog électromagnétique.

Dans son ouvrage sur les Triangles, Daniel Robin a fait allusion aux phénomène de nature télépathique qui se manifestaient entre le témoin et les occupants de l'objet, témoins qui semblaient parfois jusqu'à voir dans l'appareil lui-même ceux qui les occupaient. Cette donnée psychique, télépathique, est fondamentale, et c'est d'ailleurs le sujet de mon article des Ovnis Papers intitulé « Ovnis papers » n° 2 : espions, télépathes et Ovnis, la dangereuse trilogie » (voir ici). J'y explique en effet la naissance d'un groupe de percepteurs à distance, de télépathes, au sein de la DGSE, jusqu'à la formation d'un corps spécial dédié à ce travail d'espionnage (le tout dans une ambiance déplaisante et menaçante depuis la parution de cette série de papiers, en tout pas pour moi). J'y exprime que ce travail a donné lieu à une impasse de communication. Je vous mets ici un lien avec une conférence sur ce sujet qu'a prononcé Jacques Vallée.

Or, par glissement, ceci nous amène à la naissance du Vertical-Project : avec son ami Nagib Kary, Daniel Robin a effet créé une petite société qui nous convie, précisément, à un autre regard sur le monde des Ovnis que le regard "Défense". Je vous ai mis quelques affiches des événements qu’ils organisent sur le sujet, car nous y retrouvons tous les thèmes précédemment évoqués, par exemple pour « l’Intuition et la vision à distance ». J’ai ensuite tenu à souligner le débat consacré au phénomène statistique, et enfin celui lié au Comment de la propulsion des Ovnis. Quelques affiches vous donneront le "la" de ce travail mené, rappelons-le, quasi sans moyens.

 

Vers une communication avec les Ovnis © Vertical Project Vers une communication avec les Ovnis © Vertical Project

Tentative de conclusion

Dans cette conclusion, il va me falloir passer de ce que tente d'être de l'investigation à une part, plus ésotérique, improuvable, de certaines théories qui circulent dans ce monde étrange. Prenez-les comme une sociologie de l'improbable d'où la preuve est absente, la statistique aussi, bref, toutes ces bornes mises jusqu'à présent dans le travail sur les Ovnis Papers.

La question est celle-ci : quelle est la motivation des Ovnis à être ici, surcoler nos villes, banlieues, etc. ? Si vous acceptons que ce fait est incontestable (si), il existe une théorie cohérente.

Je vais vous la donner en vous donnant ici le lien de la conférence du Père François Brune (voir ici), un ecclésiastique en rupture de ban avec les dogmes de l’église officielle, mais extrêmement connu dans les milieux qui s'intéressent à la spiritualité. Commençant l'interview par un discours sur le miracle de Fatima (donc rien à voir !), il avance peu à peu une explication à la présence de certains Ovnis, que je vous laisse découvrir. Glaçante, désespérée et improuvable, comme le dit le Père bien paisiblement, elle me rappelle les pures spéculations que nous faisions de la présence des Ovnis avec un proche il y a une quinzaine d’année, et qui était un physicien très au fait de la spiritualité (et travaillant sur le projet, abandonné depuis, de rapprocher science et spiritualité) : «  Mais tu ne fais pas des milliers d’années lumières pour aller voir quelque chose dans une grange et repartir aussi sec [référence à une épisode drolatique] ! Alors c’est quoi les ressources qui pourraient les attirer ici ? – Excluons le pétrole et tout ce qui est minerais [il y a que ça dans l’espace]– La vie [c’était l’époque où le paradoxe de Fermi était encore invoqué pour nous faire aboutir au fait que nous étions seuls dans l’univers] – Notre force de travail ? Nous mettre en esclavage dans leurs usines ? – Possible : mais c’est le risque que nous finissions par nous approprier leurs technologies. – Alors que reste-t-il ? –  Il resterait l’énergie psychique. L’énergie que créerait les émotions, surtout les émotions négatives, produite par une conscience évoluée ».

Nous ne penserons jamais comme des Extra-terrestres, ou ces gens qui sont là, quelque part, mais n'en sont pas, comme le pense Jacques Vallée. Au-delà de leur maîtrise de la technique, ce serait en sous-jacent, des valeurs exogènes, une conception décalée, avancée plutôt, de la physique commune, conventionnelle, des analogies à développer peut-être entre conscience, états modifiés de la conscience, relativité générale, physique quantique, énergie tant corporelle que motrice, autant de thèmes qui nécessiteraient à la fois une enquête sur le terrain à la manière d’Ovnis-investigation et une projection à la manière du Vertical-Project. Cet ensemble créerait à mon sens une chaîne cohérente de recherche (sur un mode de preuve à affiner profondément). Donc, écoutez ce que dit François Brune à ce sujet, découvrez que certains « ufologues » se sont rangés à cette idée (et même Jacques Vallée, paraît-il, du moins selon François Brune), et vous palperez la théorie la plus étrange qui soit, une spéculation folle à ranger dans le placard avec d’autres, en attendant de la rouvrir pour voir plus tard ce que les souris n’auront pas réussi à grignoter. François Brune, en mettant l'accent sur la difficulté de la preuve, voire son impossibilité, nous explique : « Certaine forces puisent leur énergie vitale dans nos émotions, et pour ça il faut que nos émotions soient particulièrement fortes, et alors les plus fortes ça peut être le désir sexuelle, ça peut être la haine, l'angoisse, la peur, la haine, le désir de faire le mal ». C'est ce que j'ai toujours soutenu auprès de la DGSE, en soulignant que leurs méthodes, voire leurs menaces, les approchaient de ce monde d'en-bas d'où il nous faut sortir. Et aujourd'hui, je me dis, repensant aux liens distendus (et improuvables... encore) que j'ai eu avec cet organisme, que nous avons fait le tour de l'insondable que certaine spiritualités connaissaient depuis longtemps, avec pour tout moteur un rapport de force sans éthique et sans âme.

Ce que nous pouvons en tout cas dire des Triangles de la nuit, et ce avec une profonde certitude, c’est qu’ils marquent de leur souveraineté tout l’espace qui va de 20 m au-dessus des immeubles les plus hauts des zones urbaines à tout ce qui est-dessus. Qu'importe que l'armée veille sur cet espace à 20 km seulement de là. C'est, au delà de la provocation, une parfaite indifférence, une prise de possession qui pourrait peut-être, à un cheveu, devenir physique. Mais il n'en est rien des Ovnis qui volent au-dessus de notre forêt de Brocéliande et tout cela m'a fait comprendre, pour ce que je savais du travail mené par la DGSE, qu'ils existeraient deux composantes "ovniesques" aux objectifs opposés, entre lesquelles, selon eux, nous pourrions nous glisser, choisir (enfin, en traduction politique : jouer l'un contre l'autre... mais ces poncifs sont-ils seulement entendables par ces composantes ?). Donc, oui, voguons peut-être en perception à distance vers ces mondes, avec plus de certitude, et beaucoup de précautions.

Une version in extenso de notre entretien est publiée sur le Net. Voir ici. Arca Minore, l’association que je gère, a lancé une collecte sur Pro Arti pour un documentaire professionnel intitulé : « Ovnis : un espion parle ». Si vous voulez faire partie des donateurs, voir ici et merci d'avance.

 Pierre-Gilles Bellin

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