Belgique, Rroms, afghans, violences policières, maires-aux-xéno-et-multi-phobies: risque d'épidémie de grèves de la faim

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                                    Anissa et Clément

Anissa et Clément, deux jeunes membres du comité de soutien des Afghans ont entamé une grève de la faim ce vendredi en solidarité avec les  demandeurs d’asile afghans déboutés, ou, en cours de procédure, qui occupent depuis samedi dernier l’église du Béguinage, à Bruxelles.

Par cette action, les deux activistes âgés de 23 ans, veulent dénoncer la politique migratoire belge qu’ils estiment inhumaine et se disent prêts à poursuivre leur grève de la faim « au finish ».

Ces deux jeunes militants belges ont cessé de s'alimenter ...

À l’instar du monde associatif, des demandeurs d’asile afghans et de leur Comité de soutien ; les deux jeunes demandent notamment un moratoire contre les expulsions en Afghanistan et un statut légal pour l’ensemble des réfugiés de ce pays se trouvant sur le territoire belge.

Ils demandent également un audit sur les « violences policières de la zone de police Bruxelles-Ixelles » ; une enquête parlementaire au sujet de la responsabilité éventuelle de l’État belge dans la mort qualifiée " d'erreur objective de la Belgique " d' Aref , le jeune demandeur d'asile abattu en Afghanistan ; ou encore, une remise en question de la politique migratoire de la Belgique.

 

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 Aref, à droite, avec trois amis  ©Belga


Aref, un demandeur d’asile afghan âgé de 22 ans reparti volontairement dans son pays d’origine début 2013, a été abattu par balles.

« Nous demandons un moratoire sur le renvoi des demandeurs d’asile vers des pays en guerre. Les hommes en âge de combattre sont la cible principale des talibans et des milices armées » a expliqué son avocate.

 

"  BRUXELLES, aujourd’hui, LES AFGHANS ...

 

 par Catherine Raffait


"  Après leur expulsion des locaux inoccupés d’une école de la rue de la Poste, des Afghans sont arrivés samedi à l'église du Béguinage.


-  On entend dire à leur propos  " pauvres gens " ....


Ils ne sont dépourvus et pauvres que de notre accueil. Ils demandent le droit d' Asile . Ce sont des réfugiés politiques.  Nous leur devons l’asile.


Ils sont riches, riches de leur culture, de leurs valeurs intactes et de leur force, de leur sens du partage. Certains, certaines sont professeur, médecin, ingénieur, mécanicien, comptable ... Ils ont tous un métier. Ils ont du fuir.


Leur pays, l'Afghanistan, patrie de feu-le regretté-Massoud, fin lettré féru de littérature, poète, grand stratège et redoutable combattant, admirateur du Général De Gaulle, venu, quasi en vain, à Bruxelles et Paris,  avant son assassinat le 9/11, par deux faux journalistes et vrais intégristes et kamikazes, prévenir, appeler les occidentaux à l'aide, les prévenir, et leur faire part de ses craintes de l'imminence de possibles attentats terroristes à grande échelle. " Les terroristes résident en Afghanistan mais leur action et leur influence peuvent toucher le monde entier ", leur pays est en guerre.

Des décennies de guerre ... Contre les soviétiques et les troupes du Pacte de Varsovie, dont, par leur résistance inouïe, ils précipitèrent, la ruine puis la liquéfaction de tout l'empire-rouge, et, enfin, la chute du mur de Berlin ...

Décennies de guerre, de présence militaire, de coups et contre-coups d'actions des troupes Talibanes qui obtinrent, l'air de rien, le départ de fait, des coalitions étrangères quelles qu'elles soient ... Guerre, meurtres, attentas ... Kaboul et partout ailleurs  en Afghanistan ...  Guerre, meurtres, attentats.


Ils ont tous un métier. Mais ... Guerre, meurtres, attentats ... Ils ont du fuir.  L'errance n'est pas leur choix. Allez élever et protéger une famille ... Sous les bombes et dans la crainte ... La crainte permanente !


Ils sont en Belgique depuis 4 à 5 ans.  D' autres depuis une dizaine d'année traversent les frontières depuis leur départ, quelquefois au péril de leur vie.
Les enfants sont pour la plupart nés ici. Ils parlent français ou néerlandais, anglais,  mais parlent perse entre eux en ayant soin de ne pas nous exclure mais de mettre nos mots en échanges.
Seule l' Église a retrouvé sa fonction initiale en les accueillant. Dans les niches réservés aux Saints,  ils ont placé leurs revendications, des affiches, des photos.
En bas de l' autel de Marie les femmes ont installé leur tente où tiédissent les 7 degrés par  lesquels elles nourrissent leurs enfants, les bercent et les incitent à jouer.


Elles s' éloignent le temps d' organiser une action à venir comme aujourd’hui la manifestation.  Hommes et femmes tous prennent leur tour de garde.
Les hommes dans les allées converses sont graves mais rieurs, debout ou assis sur leurs matelas d' infortune, ils s' occupent des plus grands ou accueillent les quelques visiteurs, réceptionnent la nourriture,  ainsi que le matériel que les associations ou les bénévoles leur apportent.


Ils sont acteurs jamais passifs, habitués à la lutte politique.


Beaucoup d' étudiants de l'université sont là, le comité de soutien, la presse officielle qui les interview pour un reportage. En remontant la nef jalonnée des matelas, les nouveaux prie-dieu, ils ont dressé une tente aux allures de yourte où ils vous proposent un " tchoï " chauffé au seul réchaud qu' ils possèdent qui leur sert aussi de chauffage. Ils s'y réchauffent les mains et le propose aux nôtres.


Un sentiment d' urgence mais sans agitation. Tous sont en attente fébrile surtout les enfants qui s' impatientent.


Nazif qui nous a accompagnés toute l'après midi,  nous dit que c'est comme un temps de pause avant que la chasse à l' homme ne reprenne.  Mais le soir tombe et le froid s 'installe à nouveau, gagne, se fait plus mordant, plus douloureux.  Il neige sur le parvis.


Après notre départ je ne sais pas ce qu' ils pensent vraiment de nous, de nous qui sommes de l' autre côté, celui des ayant droits.


Leur sort dépend aussi de cette vigilance à faire respecter leurs droits et de la constance dans la lutte qui est rude, et,  qui est loin, très loin d'être finie tant que la volonté politique ira contre,
que la volonté politique se fera adverse, et, qu'horreur,  les citoyens la cautionneront.

On peut compter sur la détermination et la mobilisation de ceux qui sont sur place. Ils ont commencé, 
ce vendredi 22 novembre, cette grève de la faim.


La solidarité est impressionnante ainsi que la dignité des afghans mais tout aussi frappante est le peu d' intérêt que suscite leur sort,  alors que chaque citoyen qui reste étranger à leur cause cautionne, ainsi, leur expulsion, et, ne respecte pas les droits de l' homme ...

« Je suis profondément émue par cette preuve de solidarité, surtout que ces deux jeunes ont aussi des familles et des problèmes personnels contre lesquels se battre. Cependant, je ne peux pas les soutenir car je ne souhaite pas qu’ils tombent malades pour nous » insiste Manmert,  l’une des Afghanes.


«  Nous sommes prêts à mettre nos vies en péril afin que les Afghans cessent d’être traités de manière inhumaine par l’État belge. Le comité de soutien des Afghans a tenté en vain plusieurs méthodes pour se faire entendre. Si les autorités ne réagissent pas, elles devront assumer les conséquences. Nous irons jusqu’au bout »   a affirmé Anissa Aliji, l’une des grévistes de la faim.

 

La jeune femme a précisé qu’en cas de non-prise en considération de leurs revendications après une semaine, d’autres grévistes belges se joindraient à l’action jusqu’à ce que leurs requêtes soient prises en compte et mises en application.


« Nous savons que cette grève de la faim peut avoir des conséquences lourdes sur notre santé, mais il ne nous reste pas d’autre alternative. Nous avons épuisé toutes les voies pour nous faire entendre »  assure Clément, le deuxième gréviste.


« Ce (vendredi) matin encore, le directeur de l’Office des Étrangers Freddy Roosemont s’est rendu à l’église du Béguinage et a distribué aux Afghans des cartes d’information sur le retour volontaire »  a-t-elle rappelé. 


« Vous voulez rentrer dans votre pays ? Nous pouvons vous aider »   pouvait-on lire sur les cartes, qui renseignaient des numéros de contact facilitant les démarches pour le retour volontaire des demandeurs d’asile. 

 

  « Retourner volontairement en Afghanistan et mourir » ... Tel Aref ou le droit d'asile,  dans le pays qui héberge en sa capitale, commissions et  séances plénières du Parlement Européen.

 

Les demandeurs d’asile qui séjournent à l’église du Béguinage réitéraient aujourd’hui leur gratitude envers les Belges du Comité de soutien.

Pourtant, ils ont tenu à marquer leur désaccord avec cette action, qu’ils jugent trop risquée pour les deux jeunes et pour ceux qui suivront le mouvement dans le cas d’une absence de réponse de la part du gouvernement belge.

« J’aurais voulu mener cette grève de la faim moi-même, mais je dois allaiter ma petite fille. Ils sont très gentils, je les remercie de tout mon cœur » ajoute Khurana, demandeuse d’asile en Belgique depuis près de quatre ans.

Les comités étudiants de soutien aux sans-papiers prévoient une mobilisation le 28 novembre prochain au Mont des Arts.

Catherine Raffait

 

 

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          Retourner volontairement ... en Afghanistan ... et mourir

le mot xénophobie, du gr. ancien, xénos « étranger » et,  phobos  « rejet, peur » est issu d'un néologisme apparu sous la plume d'Anatole France en relation avec l'affaire Dreyfus.

 « Au sens littéral, la xénophobie est la peur irraisonnée, maladive de ce qui est étranger. Dans le sens courant, le terme "xénophobie" est plutôt utilisé pour caractériser un sentiment envers d'autres êtres humains. »

 « Un autre trait du caractère que prend le patriotisme chez le clerc moderne:  la xénophobie. La haine de l'homme pour l' « homme du dehors » (...), sa proscription, son mépris pour ce qui n'est pas « de chez lui ».   Julien Benda

« Préjugé défavorable ...  étrangers... stéréotypes ... généralisations sans fondement ...rumeurs,incompréhensions ... mœurs différentes.

 

Depuis le mot a fait, à défaut de merveille, florès. Tel ce genre littéraire disparu un temps, avant que, dans un contexte autre, calque pourtant, en quelque sorte, du dit-disparu.

 "  L’élimination des juifs entraîna la disparition d’un genre littéraire qui avait fait florès au Moyen Âge : la polémique anti-juive.  Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937 ".

Ne sommes-nous, donc, pas à l'aube d'un nouveau moyen-âge des polémiques de l'abomination monstrueuse et de l'intolérance assassine, à moins que nous n'y soyons, sinon à  l'insu de tous, du moins du plus grand nombre, que nous n' y soyons, bel et bien, et non point à l'aube, mais de plein pied. Au beau milieu ...

Ceux et ceusses, xénophobes,  qui peuvent s’enorgueillir, comme ils le font, d'entre être qualifiés, parce qu'en nos temps, très ouverts à toutes les ignominies, ils le font, s'enorgueillir du pire, fleurent bon  l'épouvantable langue crapaude, immonde, pustuleuse et grisâtre (HUGO, Mis., t. 2, 1862, p. 193)  et, depuis le haut-pavé de leur infamie jusque dans les bas-fonds du pire terreau, pullulent, pullulent maintenant, et, partout, dans les propos, dans les médias et certaine presse-qui-les-supportent et les instiguent,  par meutes entières,  tels les rats qui abandonnaient le navire et envahissaient nuitamment et en silence, les quais, puis les rues avant les  faubourgs de cette ville du Nord de l'Europe dans le Nosferatu de Murnau.

 

 Xénophobie, exemple,  lu dans un commentaire du " Soir " " Si nous accueillons ces Afghans, quelle raison aurons-nous pour refuser les suivants?  Aucune.   Il faudra bien un moment s'interroger sur notre capacité à recevoir tous ceux dont le pays est en guerre.  En plus de ceux qui arrivent légalement (mariages...) ... qui sont homosexuels, malades, persécutés, menacés, etc...  ou qui cherchent à s'installer ici pour de simples raisons économiques.  Nous sommes totalement débordés." 



L'église du Béguinage


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Photo de Salim Hellalet


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avec Catherine Raffait ...


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  Photos de Salim Hellalet

 

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       L'église du Béguinage             Photos de Salim Hellalet


 


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