Le monde animal sibérien brûlé vif.

L’image de ce lièvre sibérien a fait le tour des réseaux sociaux. Selon l’Organisation météorologique mondiale, les incendies de forêt en Sibérie ne sont plus un problème local, mais planétaire. À l’épicentre de cet enfer de flammes, des animaux uniques dont l’existence est menacée.

D’autres photos d’animaux carbonisés circulent, mais ce lièvre est devenu un symbole de la tragédie des forêts sibériennes. Selon le ministère russe des Situations d’urgence, trois millions d’hectares de taïga sont la proie des flammes en Sibérie et en Extrême-Orient. On a recensé environ 500 foyers d’incendie qui poursuivent leur propagation.

Des centaines d’oiseaux et d’animaux vivent sur chaque hectare de forêt. Les petits mammifères, lièvres, hérissons, écureuils, et les oiseaux nicheurs au sol loin des vallées fluviales périssent inexorablement, soit environ un milliard d’oiseaux, chauves-souris, rongeurs, zibelines.  Tous les poussins de tétras, perdrix et autres espèces qui n’ont pas encore développé leurs ailes meurent dans leurs nids. Les lièvres, rongeurs, écureuils, cygnes, canards et autres oiseaux protègent leur progéniture ou leurs œufs par instinct. Ils ne s’enfuient pas, plus particulièrement dès que leurs ailes ont commencé à brûler. Ils périssent sur place.

Les tigres de l’Amour, les grues de Sibérie que l’on avait tenté de protéger disparaissent dans cet enfer. Combien de grues de Sibérie seront sauvées après les incendies actuels, aucun spécialiste ne peut le prédire.  

Les animaux adultes, les cerfs, les gros oiseaux réussissent à s’échapper. Les mammifères, cerfs, cerfs musqués, loups et lièvres blancs qui auront survécu migrent. Ils courent paniqués tentant d’échapper à un incendie qui se propage à 70 km/heure à la cime des arbres. Dans la région de Krasnoyarsk, les ours, les loups abandonnent la forêt en flammes et se réfugient auprès des habitations. Ils deviennent une menace pour l’homme. La flore est la première victime de ses incendies. Elle est totalement anéantie. Il faudra de 30 à 100 ans selon les latitudes pour la reconstituer. La disparition de tous les insectes remet en cause la chaîne alimentaire et le repeuplement des animaux supérieurs.

 Après les animaux, ce seront les hommes qui vivent des ressources de la forêt qui quitteront ces régions désolées. La densité de la population en Sibérie est faible : 2,47 habitants/km2 en Transbaïkalie; 3,09 habitants/m2 dans la région d’Irkoutsk; 1,21 habitant/km2 sur le territoire de Krasnoïarsk. Il y aura encore moins d’habitants après cette catastrophe.

La forêt est considérée comme une richesse nationale en Russie. Son exploitation a été abandonnée à la mafia du bois, selon les propres aveux de l’immuable premier ministre Medvedev.

Selon Mikhail Kreidlin, expert de Greenpeace, ces incendies auront inévitablement une influence sur le changement climatique en cours dans l’hémisphère nord. Il affectera la fonte des neiges dans l’Arctique. Les événements climatiques négatifs s’intensifieront. Après les animaux, les hommes sont les prochaines victimes de cette catastrophe.

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