Une ex-Pussy Riot arrêtée pour un internet libre.

Les services du Kremlin de contrôle d’internet bloquent la messagerie « Telegram » utilisée par 15 millions de Russes. Quelques dizaines de manifestants, jeunes pour la plupart, sont venus spontanément manifester devant l’immeuble du FSB à Lubyanka. Une douzaine a été arrêtée. Parmi eux, Maria Alekhina, ex-membre des Pussy Riot.

Arrestation de Maria Alekhina à Lubyanka. © Radio svoboda

Bon enfant, pour protester les manifestants ont lancé des avions en papier, logo de Telegram, sur l’immeuble massif du FSB (ex-KGB) qui trône sur la place de Lubyanka. Ils entendaient ainsi protester contre les exigences du FSB qui demandait à Pavel Durov, fondateur de « Telegram », de lui fournir les codes de déchiffrage afin de pouvoir lire les messages. Les manifestants considèrent que cette injonction est contraire à la Constitution qui garantit le secret de la correspondance. Pavel Durov est également cofondateur du réseau social « Vkontakte » plus particulièrement utilisé en Russe. En 2014 Pavel Durov a quitté la Russie. De son exil lointain, il refuse de se plier aux exigences du FSB.

Les services du Kremlin, Roskomnadzor, mettent en application la décision du 13 avril prononcée par un juge de Moscou. Ce blocage a entraîné également le verrouillage de prés de 2 millions d’adresses IP, dont 800 000 détenues par Amazon et 1 048 574 par Google.

Une douzaine de manifestants a été arrêtée par les forces de police à Lubyanka. Parmi eux Maria Alekhina, ancien membre de Pussy Riot. Ils passeront la nuit en détention. Un PV d’infraction a été dressé. Ils devraient être jugés. À l’heure où nous écrivons ces lignes, la police interdit à leur avocat de les rencontrer.

Le fondateur de Telegram, Pavel Durov a promis que l’application intégrera désormais les dispositifs nécessaires au contournement des verrous du Kremlin. Cela permettra aux internautes d’avoir à surmonter  ce blocage sans utiliser eux-mêmes des VPN ou proxy. Néanmoins, il ne garantit pas ce service à 100 %.

 

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