Les réseaux russes de l’Élysée.

Alexandre Benalla a menti sous serment devant la commission d’enquête du Sénat. Il a prouvé qu’il est capable de mener un double jeu. Celui, qui fut chargé à l’Élysée de la sécurité présidentielle, a été recruté en sous-main par des agents russes. Cela ne semble pas intéresser nos services de contre-espionnage. On s’étonne !

Les sous-marins d’attaque de la 5e économie mondiale sont aux aguets sur le fond des océans, mais sur terre personne ne semble s’inquiéter qu’une taupe de la puissance nucléaire russe se soit infiltrée dans le sanctuaire présidentiel, au cœur des secrets de Défense nationale. La Garde républicaine ne serait-elle capable que de défiler à cheval en fanfare et de n’assurer, sabre au clair, que des missions de prestige et d’honneur ? Cette débauche d’apparats camoufle une effrayante réalité : l’Élysée est un moulin à vent.

Pourtant, nos services de renseignements connaissent très bien leurs homologues russes. Ils savent comment ils travaillent. Ils les ont affrontés lors de la guerre froide. Leurs méthodes ne pourraient nous surprendre. L’institut Andropov, rebaptisé Académie de renseignement extérieur, professe toujours à Moscou avec les mêmes manuels pour former les cadres du service du renseignement extérieur de la Fédération de Russie (lisez d’espionnage). La tâche de ces agents : recruter dans les pays de résidence un réseau d’informateurs. L’espionnage soviétique en Europe a excellé en la matière. Cela reste une gloire nationale en Russie. On se souvient des « Cinq de Cambridge » qui seraient en réalité 17. Il s’agit de diplomates et de fonctionnaires du MI5 et MI6. Tapis au plus haut des services de sécurité britanniques, ils ont transmis des informations de la plus haute importance aux Soviétiques. Le citoyen nord-américain Aldrich Hazen Ames, taupe des services de renseignements soviétiques puis Russes aux États-Unis a balancé 25 espions américains au KGB. Dix d’entre eux ont été exécutés. Cette dernière information permet de comprendre le danger que représente pour notre sécurité la présence au cœur de la présidence française de la taupe russe, Alexandre Benalla.

Les instructions des agents russes envoyés à l’étranger sont claires. « Pour obtenir des informations, nous avons besoin de personnes recrutées chez l’adversaire, surtout dans les sphères les plus élevées :

  1. Niveau supérieur : des personnes participant à des décisions importantes.
  2. Niveau moyen : des personnes ayant accès à des informations orales ou documentées.
  3. Niveau inférieur : des personnes visitant des lieux sensibles ou ayant des contacts avec des personnes habilitées à consulter des documentations.
  4. Niveau auxiliaire : personne n’ayant accès à aucune structure, mais capable de fournir une certaine assistance.

Les possibilités des informateurs sont d’autant plus importantes que leur position est haute. Dans ce cas, il représente un grand intérêt pour vous (l’agent). Ils peuvent être utilisé pour :

  • Obtenir de l’information
  • Orienter ou mettre l’accent sur une activité qui nous est nécessaire
  • Assister dans la réalisation d’actions définies ciblées : orienter, discréditer, provoquer des erreurs intentionnelles, un désarroi partiel ou complet du groupe, établir des dispositifs d’écoute, d’extraction des documents, etc. ».

Depuis la fin de l’époque soviétique, il y a beaucoup moins de monde qui accepte par idéologie de travailler pour les services secrets russes. On débauche beaucoup plus facilement avec de l’argent. Les oligarques Iskander Makhmudov et Fakhad Akhmedon en disposent. Les sommes considérables (2,2 millions d’euros) qui ont servi à soudoyer le plus proche collaborateur et ami du président de la République française ne correspondent pas à des contrats de gardiennage invoqués. Ils sont une avance sur des services de l’obligé, Alexandre Benalla. Ce dernier est à l’oreille du président et au cœur du secret défense. Ces contrats sont une compromission qui lie Benalla avec ses commanditaires proches du président russe Vladimir Poutine.

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