La défense politique de François FILLON : un exercice de prestidigitation

Pour sa défense au plan politique, François FILLON applique la maxime chinoise selon laquelle « lorsque le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt ».

L’argumentation mise en œuvre pour la défense politique de François FILLON sur la question des emplois fictifs et surtout des conflits d’intérêts (honoraires de conseil et costumes offerts pendant l’exercice de ses fonctions d’élu), est une illustration de la maxime chinoise selon laquelle « lorsque le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt ».

En effet, les citoyens sont incités à regarder le doigt en s’intéressant à l’origine des informations parvenues à la presse plutôt qu’à tenter de voir la lune en analysant les questions soulevées par ces pratiques.

Pourtant, indépendamment de leur éventuelle qualification pénale, elles sont tout à fait critiquables et nuisibles à l’exercice de la démocratie.

Pourquoi être financièrement généreux avec un homme politique sinon parce qu’on en attend quelque chose ; et que peut-on espérer d’autre qu’un traitement de faveur, à un titre ou à un autre ? Indépendamment de la question des paiements en espèces, qui reste à établir, que faut-il penser du fait que 13.000 € aient été « offerts » en février 2017 à François FILLON ? Si ce n’est pas de la corruption, c’est du financement de la vie politique. Il est impératif de déterminer si cela été fait dans les règles applicables en la matière.

Ces faits démontrent aussi que ceux qui prétendent à des fonctions publiques électives doivent accepter de se soumettre à une transparence bien supérieure à celle qu’on exige du citoyen lambda et cesser de brandir le respect de leur vie privée pour dissimuler des actes relevant en réalité de leur vie publique.

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