Se relever

Il n'y a pas de mots. Aucune phrase ne convient pour commenter l'horreur qu'a vécu Paris dans la nuit de vendredi à samedi. Tout un pays est abasourdi, plongé dans l'effroi et l'incompréhension. Nous sommes en état de guerre si l'on en croit la classe politique quasiment unanime. Une guerre contre l'organisation terroriste Daech et contre ses monstres.

[Extrait de mon blog externe monsieurpierro.com, article datant du 15.11.2016] 

Il n’y a pas de mots. Aucune phrase ne convient pour commenter l’horreur qu’a vécu Paris dans la nuit de vendredi à samedi. Tout un pays est abasourdi, plongé dans l’effroi et l’incompréhension. Nous sommes en état de guerre si l’on en croit la classe politique quasiment unanime. Une guerre contre l’organisation terroriste Daech et contre ses monstres. « Il ne faut pas avoir peur », qu’ils disent. Ne pas avoir peur. Difficile quand ces rues où sont tombées ces centaines de corps sont aussi les nôtres. Difficile quand on apprend que certains de ces tueurs proviennent de nos villes, ont grandi dans nos écoles, et ne sont pas moins français que nous. Qu’ils peuvent être là, n’importe où, n’importe quand. Pourtant, il va falloir relever la tête, leur montrer que nous sommes debout. Que nous continuerons à vivre, à sourire, à rire, à partager, à se mélanger, à s’aimer. Cela en va pour la survie de notre pays et de nos valeurs que nous chérissons tous. Celles de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, puisqu’il semble aujourd’hui plus que jamais nécessaire de les rappeler. 

 

La solidarité, toujours debout

Ces dernières heures, Paris, la ville lumière, semblait bien sombre. Pourtant, une lueur resplendissait dans le ciel de la capitale: celle de la solidarité. Déjà présente après les attentats de janvier, elle est réapparue spontanément et majestueusement à peine quelques minutes après les premières attaques. Jamais autant de donneurs de sang ne s’étaient présentés en France. Des personnes se sont proposées pour accueillir celles et ceux qui n’avaient pas eu la possibilité de rentrer chez eux. Les réseaux sociaux se sont transformés en zone d’union et de solidarité nationale. La Marseillaise a été reprise aux quatre coins du monde… Dans cette barbarie, nous nous sommes finalement rendus compte que l’humanité était toujours présente. Qu’elle était partout, dans chaque coeur brisé par l’horreur qui venait de se produire. Sûrement la seule belle chose à retenir de ces longues et interminables heures de détresse et de chagrins.

 

Et maintenant ? 

Encore complètement sonné et abattu, il faudra tout de même difficilement penser à l’avenir. Pour l’instant, cet après 13 novembre 2015 est encore bien flou. Beaucoup de questions se posent. Premièrement, comment sécuriser le pays ? Ou déjà, existe-t-il réellement un moyen de le faire ? Fermer les frontières comme l’a souhaité François Hollande, au même moment qu’il décrétait l’état d’urgence du pays, est-il la solution ? Et si oui, remet-on alors en cause l’espace Schengen et donc plus étroitement l’Union Européenne ? Et puis, quid de la Syrie. Que devons nous faire de ce berceau de djihadistes qui ne vit que par la haine et la violence ? Attaquer n’est-il pas un risque de voir de nouveaux attentats sanglants en France ? Ne rien faire serait-il nous rendre complices indirects des crimes qu’ils parviennent à commettre partout sur la planète ? 

 

A nous, les jeunes

Ces risques d’attentats sont aujourd’hui bien réels, et ne sont, malheureusement, peut-être que le début d’une longue série. C’est pourquoi, c’est à nous, les jeunes, de réfléchir à un modèle d’avenir. Notre modèle d’avenir. A nous de comprendre le monde dans lequel nous vivons. A nous de créer un système dans lequel des jeunes qui se laisseraient tenter par des extrémistes radicaux tiendrait de la science fiction. Il y a beaucoup de choses à revoir, à retravailler, à réinventer. Mais nous y arriverons, car nous sommes la génération Charlie, la génération du 11 janvier, la génération qui a connu ce 13 novembre 2015. Nous avons connu l’horreur, et nous savons ô combien nous ne souhaitons plus revivre cela. Que cela soit pour nous ou bien même pour nos futurs enfants. Soyons ensemble, soyons unis. Ne laissons pas la place aux amalgames, contrôlons nos émotions et nos colères. Soutenons nous, cultivons nous, parlons nous, et surtout, avant toutes choses, aimons nous.

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