recherche ÉCOLOGIE - triste DÉBAT autour du nucléaire, qui pourrait faire école...

Triste DÉBAT qui ressemblait plus à un combat de coqs qu'à une recherche collective... Je fais ici écho à un article publié sur GoodPlanet - "Peut-on être écologiste et pro-nucléaire ?" Construire ensemble - Il est temps pour l'écologie de revenir à ses racines.

L'ÉCOLOGIE s'est égarée - triste DÉBAT autour du nucléaire, qui pourrait faire école...


Triste DÉBAT qui ressemblait plus à un combat de coqs qu'à une recherche collective...
Portrait grandeur nature de ce qu'est devenu l'écologie en Europe???

(je fais ici écho à un article publié sur GoodPlanet, qui confrontait différentes opinions - "Peut-on être écologiste et pro-nucléaire ?" https://www.goodplanet.info/2020/05/25/peut-on-etre-ecologiste-et-pro-nucleaire/?utm_source=mailpoet&utm_medium=email&utm_campaign=selection-hebdomadaire-goodplanet-mag_9)

 

Il est temps pour l'écologie de revenir à ses racines.

"Faire partie du problème ou faire partie de la solution?" Cette phrase si anodine en apparence aurait au moins l'avantage de fragiliser nos egos. Il y a dans ces échanges comme dans une grande partie de ce que nous pouvons lire dans la presse, une liste interminable de comportements mesquins, toxiques, infantiles... Le défi de la qualité du débat n'est bien sûr pas le propre du mouvement écologiste, cependant dans le cas de l'écologie l'impact direct des conclusions qui en ressortent sur nos vies est considérable et les premiers touchés seront encore et encore les "laisser pour compte", les communautés indigènes d'Amérique latine et d'Afrique ou tous ceux qui vivent reclus dans les bas-quartieres (le taux d'urbanisation frôle en argentine les 95%).

Il est ainsi que ce mouvement si humain dans ses débuts, se voit divisé, fragmenté à l'infini, perverti dans ses fondements. Vu les dérèglements de notre planète, nous nous devons de revoir constamment nos stratégies trop souvent marquées par l'individualisme, le pragmatisme, le professionnalisme, la spéculation, l'autoritarisme - et retrouver l'humain, ce qui paraît simple mais... mais nous perdons de vue les défis, nous stagnons au stade de la dénonciation, des grandes révélations: la révolte des noirs soulignent l'importance de "découvrir" de quoi sera construit cet après.

 

Retrouver les valeurs essentielles, les valeurs ancestrales - Ailton Krenak, ambientaliste, chaman, líder del pueblo Yanomami de l'Amazonie nous dit, avec d'autres mots:

"il s'est installé un mythe inacceptable chez les Blancs: celui de penser que devenir blanc pour les peuples pré-existents, pour les migrants serait une solution. Je déclare que le jour où les blancs sauront être indiens, sauront penser le monde comme nous,
ce jour-là seulement nous évaluerons s'il vaut la peine de faire partie du cirque blanc."

 

Revenir à l'essentiel récupérer l'éthique et la dimension humaine de l'écologie: sur une cinquantaine de commentaires, je ne récupère que DEUX commentaires, DEUX gestes constructifs et symboliques:

- une seule personne mentionne le génocide perpétré par l'extraction à ciel ouvert de l'uranium et autres minerais.
Pour ne mentionner qu'une seule scène je ne parlerai que des images insupportables des Touaregs, que l'on croyait protégés du monde civilisé jusque dans les années 70 et maintenant décimés par le cancer que sème à tout vent l'extraction du minerai à ciel ouvert. Ce qui m'a le plus touché, ce n'est pas seulement ces corps qui souffrent mais le langage des industriels français, de jeunes techniciens, agents de presse... - des gens comme nous quoi, mais de véritables "mercenaires", la plupart de l'âge de mes enfants - qui nous disaient que tout était fait par Avira et le gouvernement français pour protéger les populations locales. C'était l'hécatombe et les mesures prises, les hôpitaux construits étaient misérables... À l'image du colonialisme le plus pervers. Aucun génocide n'est acceptable!!! Vous retrouverez la même scène dans le documentaire sur le Congo produit par Brad Pitt.

- une autre personne nous propose de revenir à l'essentiel, de nous reconnecter avec la vie dans le silence de notre potager. Je partage à 100 % cette proposition, mais je lui ajouterai le risque de nos communautés écologistes de tomber dans le panneau de l'isolement: ces débats sur le nucléaire, sur les énergies dites douces, sur l'extraction de minerai dans le monde, sur les OGM sont nécessaires et même essentiels. Comme le disait un philosophe la politique est trop importante pour laisser que s'en empare des Emmanuels nostalgiques de la monarchie et de l'Empire, Boy-scouts en costume et manières étriquées, entouré de leurs mercenaires, technocrates prêts à tout.

Assemblée ou combats de coqs / chacun défen son opinion? - dans un monde individualiste, anthropocène, machiste et colonialiste "avoir raison" est une question de vie ou de mort, une question d'identité pour avoir sa place "sur le marché". Que nous l'acceptions ou non, le monde est un fiel reflet de nos choix de vie: nous les blancs parlons tout le temps et ne nous parlons que très peu, passons notre temps à nous chamailler, à nous faire la guerre et vouloir diriger le monde. Et c'est bien le cas dans cet article où 3 personnes opinent, suivi d'une trentaine d'autres dans les commentaires, une véritable guerre de tranchées. Résultat final, aucune des questions essentielles n'est posée, c'est grave. Pourquoi et comment en sommes-nous arrivé là?

Dans un monde sans valeur tout est permis - l'in-culture blanche dans son essence, veut comprendre, veut organiser, veut des résultats, du profit. Ce sont les lois et les conséquences de la pensée anthropocène qui se sont installées en nous: Brice dit - la priorité "actuelle" c'est le changement climatique. J'écoute une théorie fondée sur la loi "du moindre mal", la même qu' utilise l'armée pour justifier "l'effort de guerre", la même qui permet aux agents de l'ONU, "missionnaires de la paix dans le monde", une fois arrivé sur le territoire de s'acheter pour 3 sous une femme ou une fillette à la journée, à la semaine, au mois. J'écoute aussi une personne qui avec toutes les bonnes intentions, se joint au débat sur la base d'idées "arrêtées" - quand les indigènes nous écoutent parler comme cela ils sont sidérés.

Nous devrions peut-être nous demander quels sont les effets pervers de la loi du moindre mal,
de ne pas rassembler toutes les opinions avant de prendre une décision?

Avoir raison une question de vie ou de mort - l'église, par exemple, a mis près de 1000 années "à faire le ménage", elle qui voulait répandre dans le monde les valeurs humaines, a délibérément caché des milliers de cas de pédophilie, les pensionnats de la honte au Québec, l'exportation clandestine d'orphelins bien "blancs" vers le Canada, les châtiments, les supplices et la torture. Cela ne veut pas dire que tout dans l'église soit corrompu, cela veut dire qu'il se répand "une sainte confusion" - un des sentiments les plus difficiles à vivre, la personne ne sais plus à quel saint se vouer, ne sais plus si son père est vraiment son père où cet homme qui abuse d'elle, ne peut comprendre pourquoi l'autre qu'il a séduit par de nombreux discours ne respecte pas ses promesses. Eh oui, malheureusement le blanc pour avoir raison devient ambiguë, manipulateur, comme le disait ce chef indien Raomi: " le blanc est un menteur!". Il a cependant passé des années à nous donner une chance, à chercher des alliés de confiance, tous y sont passés: Sting..., et puis finalement Macron. Qui a eu l'idée de le présenter à l'Élysée, pour que multiples présidents lui fasse des promesses, quand c'est la même France au nom du progrès qui est responsable du dernier traité de libre-échange qui associé au projet de 300 barrages va mettre fin à l'Amazonie et à ses peuples?

 

Ce qui est vraiment dommage dans cette guerre de tranchées, c'est que nous revenons en arrière: Le débat devient bipolaire, c'est comme dans Facebuk on aime ou on aime pas, c'est ridicule et dangereux... L'enjeu de notre société se résume entre nucléaire et éolien, photovoltaïque?! Heureusement que Michael Moore réapparaît sur scène pour démontrer la réalité des grands projets dits écologistes aux États-Unis et pas seulement aux États-Unis, comme on l'écoute parfois - même pour le racisme. la France a par exemple par coup de com' subventionné systématiquement l'utilisation de panneaux solaires et les municipalités en ont profité même dans les régions où le manque de solaire est flagrant, c'est honteux, c'est de la spéculation, de l'inconséquence, de l'arrivisme...

 

Ce qui est vraiment dommage dans cette pensée bipolaire, c'est d'avoir perdu cette fraîcheur, cet enthousiasme des années 70 dans la recherche d'alternatives vraiment nouvelles, respectueuses de l'environnement. C'était un mouvement de libération, la naissance de millions d'initiatives, d'esprit curieux, inventifs - quand tout cela a été récupéré par les institutions, par les industriels c'est devenu une catastrophe.
Merci Michael Moore, de nouveau, de nous le montrer, il est peut-être encore temps de récupérer cet esprit critique, de nous retrouver de nouveau dans les ateliers, sur le terrain et chercher. Parce que finalement l'écologie c'est une recherche constante, une recherche d'authenticité. Comme le disait si bien Daniel Auteuil dans Jean de Florette: "Qu'est-ce que c'est? Et bien c'est de l'authentique!". Dans cette fable ou les entourloupettes coûtent des vies.

On parle de plus en plus de changement de paradigme "profond" - le Pachakutic des peuples des Andes et d'autres cosmovisions c'est le réveil des peuples après 500 ans d'opression, de génocides "dissimulés et lamentablement justifiés" / beaucoup durant le confinement ont déclaré ne pas vouloir "revenir à l'anormal". On pourrait donc se demander en quoi consiste ce défi que nous lance un Indien tombé du ciel? Qu'y a-t-il de si repoussant, inquiétant, pervers, inutile dans nos manières d'être et d'habiter la terre que nous puissions comprendre rapidement, maintenant même, pour redéfinir les bases de nos rencontres?

 

La proposition que nous font les peuples est une proposition radicale et très profonde, radicale dans sa forme de penser le monde. Ils disent par exemple que: La terre est un être vivant - la nature n'est pas un objet dont on profite, que l'on exploite, que l'on "prend" en photo, que l'on admire comme une œuvre d'art; ce n'est pas non plus, une ressource que l'on épuise, avec laquelle on spécule. NON c'est un être vivant, la Terre c'est une mère qui nous a donné la vie, les montagnes sont nos aïeux qui nous observent et nous accompagnent. Tout devient relation, une relation dont on prend soin et qui nous permet d'apprendre à nous mettre d'accord, de redécouvrir le vrai sens de la vie.

Durant ce confinement j'ai souvent ressenti cette difficulté que nous avions à nous parler, à nous mettre d'accord sur le futur de nos sociétés. Ce n'était pas la bonne volonté qui manquait, il y avait un désir très sincère de comprendre, de répondre aux injustices et nous avons vu se multiplier dans le monde les salles de débat. En quelques mois seulement le niveau d'analyse, la sincérité a fait un grand pas en avant.

Nous avons besoin de repenser les bases, de remttre en question les "fondements" même de notre forme de penser. Je donnerai un exemple pour moi très clair, sur les abus de la police: Que pouvons nous attendre d'une police qui se contrôle elle même (contredisant les accords firmés entre les pays de la CEE)??? Le seul contrôle est un contrôle indépendant et libre, tant de la police que du gouvernement. Finalement dans les conférences de presse tout se résume à une seule question?! (Je viens de passer du nucléaire aux ébats policiers, parce que ce sont exactement les mêmes mécanismes, attitudes qui se reproduisent d'un thème à l'autre)

 

Mettre en avant les intérêts collectifs, revoir de "fond en comble" nos manières de pensée, renoncer à la langue de bois, aux promesses... serait le défi de nos sociétés, une vraie révolution pour un nouveau langage, une ré-existence / métamorphose - je pense que c'est en suivant l'exemple des peuples préexistants, des plus démunis que nous pourrons reconnaître nos erreurs et apprendrons á nous prononcer pour la vie. C'est seulement si nous acceptons d'abandonner nos privilèges, que nous pourrons répondre sincèrement aux besoins des laissés-pour-compte, aux besoins collectifs, pour défendre ou re-découvrir la VIE.

À très bientôt!

 

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