Réponse en sept points à un twitt du GIFAS

"Seulement" 2,5% des émissions carbonées mondiales produites par l'aviation, nous dit le GIFAS. Mais faut-il exempter pour autant le secteur aérien des mesures pour réduire l'empreinte carbone ?

REPONSE EN SEPT POINTS A UN TWITT DU GIFAS

1 - Le CO2 n'est pas le seul gaz à effet de serre, même si c'est celui qui persiste le plus longtemps dans l'atmosphère (effet cumulatif sur 100 ans). Si l'on considère l'ensemble des GES, le bilan climatique de l'aviation civile correspond à celui d'un pays comme l'Allemagne, ce qui n’est pas négligeable !

2 - Ce qui est inquiétant, c'est moins le bilan actuel que son évolution. Si les extensions d'aéroports continuent au même rythme, cela suffira à réduire à néant les efforts faits par ailleurs pour rester dans les clous des accords de Paris et cela est d'autant plus inacceptable que ce n'est qu'une très petite partie de la population mondiale qui a recours à l'avion.

3- On ne peut pas continuer à accorder des avantages fiscaux exorbitants à la consommation de kérosène, qui suscitent une concurrence déloyale envers d'autres moyens de transport plus sobres en empreinte carbone.

4 - les solutions proposées par l'industrie aéronautique pour améliorer les performances énergétiques de l'avion sont soit des solutions à long terme qui arriveront trop tard, soit des solutions complètement irréalistes ou ne touchant qu'une très petite partie des transports aériens (ex. la propulsion à hydrogène qui ne concerne pas les vols long courrier). Et l'urgence climatique est telle que l'on ne peut pas se permettre d'attendre que ces solutions soient opérationnelles. Sur le court ou le moyen terme, la seule solution est la diminution des vols.

5 - Le discours de l'aviation civile sur le sujet fait peu de cas des nuisances occasionnées par l'avion, bruit et pollution, auxquelles sont exposées les populations riveraines des aéroports. Or ce sont aussi ces nuisances qui motivent l'action des associations opposées au T4.

6- Il ne s'agit pas de diaboliser l'avion, mais seulement de ramener son utilisation à des limites plus raisonnables. A titre personnel, je me suis résolu à ne plus utiliser le transport aérien, au moins tant que la menace du T4 persistera, même si cela doit me priver de destinations que j'aurais bien aimé visiter.

7 - Un autre aspect de la question est l'impact social sur les travailleurs du transport aérien et de l'aéronautique. Il va falloir prévoir d'importants efforts de reconversion pour ces travailleurs qui risquent de se retrouver sur le carreau suite à la déconfiture du secteur. Et c'est cela qu'il faut privilégier, plus qu'un discours dans une logique de croissance à tout prix. Le collectif ICARE de Toulouse, entre autres, est en train de réfléchir à cette problématique. Eux, au moins ne pratiquent pas la politique de l'autruche.

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