Audrey Pulvar et l'écologie

Audrey Pulvar, tête de liste du parti socialiste aux régionales, se prononce en faveur de la gare du triangle de Gonesse. Une position en contradiction totale avec une déclaration qui sonne comme une profession de foi. Et quand on le lui fait remarquer, elle refuse la discussion !

"Audrey Pulvar, il est temps d'être vraiment écologiste". C'est le titre d'un article de Reporterre en date du 2 mars qui retrace le parcours d'une femme politique qui, un jour, trouve l'écologie sur son chemin de Damas : elle devient présidente de la fondation de Nicolas Hulot pour la nature et pour l'homme et s'affiche dans un tweet "anti-nucléaire, antiglyphosate, anti-OGM, anti-exonération du kérosène, anti-augmentation du réseau routier, anti-artificialisation des sols, anti-éradication de la biodive". Tout une profession de foi ! Mais, en même temps, la tête de liste du parti socialiste aux élections régionales se prononce en faveur de la gare du triangle de Gonesse, ce cheval de Troie d'une urbanisation rampante ! Cette prise de position, à l'opposé de celle de Nicolas Hulot qui a été jusqu'à signer le serment du triangle, contredit de façon inexplicable les deux derniers termes de son tweet, car cette artificialisation d'une partie du triangle menace aussi la biodiversité.

Je réponds à ce tweet en soulignant le fossé qui existe entre ses déclarations et la prise de position sur la gare, comme l'a d'ailleurs fait Reporterre dans son article. De façon pas très diplomatique, il faut croire, car le résultat est une fermeture immédiate : lorsque je veux retourner sur le compte Twitter d'Audrey Pulvar, je tombe sur le message : "vous êtes bloqué". Puisque j'ai pu y accéder un jour avant, je suis bien obligé d'y voir un effet de ma réponse !

J'en déduis que madame Pulvar ne veut pas engager de discussions sur ce sujet. Cette posture ne diffère en rien de celle du trio Pécresse, Cavecchi et Blazy, qui disposent de tous les arguments du CPTG et de CARMA, mais ont fermé la porte à tout débat sur le triangle de Gonesse.

L'article de Reporterre commente : "Il faut être cohérent. Ce qui dégoûte les gens de la politique, c’est l’incapacité de certains élus à respecter leurs engagements. Si l’on est contre l’artificialisation et pour l’agriculture de proximité, il y a un moment où cela doit se traduire dans les actes. C'est ce que je lui ai dit dans mon tweet, en plus condensé. Elle a promis au journaliste de Reporterre de revenir vers lui dans quelques jours au sujet de sa position sur la gare. Espérons qu'elle tiendra parole !

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