Brèves au fil de l'actualité (11)

Macron, les gros mots et les petites phrases - Le nouvel effet d'annonce du Front National - La politique de la BCE se fait à la corbeille -

Macron, les gros mots et les petites phrases  : Macron récidive : après les "illettrés", les "fainéants", le "costard pour lequel il faut travailler", ce sont maintenant les ouvriers de GL&S qu'il accuse de "foutre le bordel".
Macron confirme qu'il n'est  qu'un de ces ENArques boursouflés de suffisance évoqués dans un autre billet, que nous avons régulièrement la bêtise de porter à la fonction suprême. De plus, il éructe sans savoir : en ajoutant que les grévistes feraient mieux de s'occuper de se faire recruter dans la ville d’à côté où il y aurait des emplois (tout de même distante de 150 kilomètres !!!), il  montre une méconnaissance totale de la géographie de l'endroit ou il se trouve, ainsi que du monde du travail et de ses problèmes.
Contrairement à ce qu'affirme son perroquet de service, il s'agit bien de paroles qui s'adressaient aux militants de GL&S. Et dire que ces insultes ont été sorties de leur contexte (c'est l'excuse favorite et peu originale du monde politique en cas de dérapage verbal) ne change rien à l'affaire.
Avoir fait l'ENA et n'être qu'un gamin immature et mal élevé, ce n'est pas incompatible.

Le nouvel effet d'annonce du Front National : Préférence nationale, souveraineté monétaire,  Frexit, c'était l'ADN du Front National. Mais comme le troisième s'est révélé désastreux en termes électoraux, on a d'abord trouvé un bouc émissaire, Florian Philippot, viré avec pertes et fracas du parti. Puis, on parle de l'Europe, qu'il n'est plus question de quitter. C'est un grand écart que révèle le discours du Front National à Poitiers : l'Europe oui, avec la mise en place d'un traité simplifié. Pas plus qu'elle ne nous expliquait, au cours de la campagne électorale, comment elle gérerait les conséquences négatives du Frexit (purement et simplement passées sous silence), elle ne nous dit maintenant comment rendre compatible l'euro et la souveraineté monétaire, la préférence nationale et la libre circulation des personnes. Elle ne nous dit pas davantage comment elle s'y prendra pour faire accepter son "traité simplifié" à une Europe paralysée par les tensions internes, vérolée par les lobbies et soumise à la règle imbécile de l'unanimité.
Il y avait déjà la référence Jeanne d'Arc et son histoire absurde sous tout rapport. Mais, en quête de références grotesques, le Front National n'est pas en reste.  Il y a maintenant Homère et Charlemagne : "Les pères fondateurs de l'Europe ne sont pas Jean Monnet et Robert Schumann, mais Homère et Charlemagne". Ce sont ces personnages d'une brûlante actualité dont l'exemple va tenir lieu de pensée politique : vont-ils nous élaborer leur prochain programme en vers grecs anciens ou aller "pacifier" l'Aragon, la Lombardie et la Saxe ?

La politique de la BCE se fait à la corbeille : pour définir sa politique économique, la Banque Centrale Européenne (BCE) s'appuie sut des groupes de réflexion appelés "groupes de contact". Ces organismes incluent 517 sièges dont 507 sont occupés par les représentants des banques, 7 par de grandes entreprises. Les associations de consommateurs n'en ont que deux.
On pourrait croire que c'est la BCE qui définit la politique financière et non l'inverse. Tout porte à penser, au contraire, que ce sont les représentants des banques, dont certaines impliquées dans le scandale des taux de change, qui font la loi monétaire et financière. 
La BCE se défend très maladroitement en prétendant que d'autres avis - informels ceux-là - sont pris "dans d'autres cénacles", dans les universités, au cours de forum de discussion et de conférences.
En toute transparence, naturellement !

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