Les soutiens à Europacity organisent un rassemblement devant la mairie de Gonesse

Au début de la marche vers Matignon, les militants du CPTG ont été "accueillis" par une cinquantaine de contre-manifestants en faveur du projet pharaonique, sur les marches de la mairie de Gonesse. Ce rassemblement démontre surtout l'indigence de la communication dans le camp des soutiens à EuropaCity.

D'abord, on peut exprimer un doute concernant le caractère significatif de cette contre-manifestation : à côté des élus arborant fièrement leur écharpe tricolore, il y avait un certain nombre d'anonymes, probablement des employés municipaux en ce vendredi où le commun des mortels est au travail. Et il n'est pas interdit de penser que beaucoup d'entre eux ont manifesté avec l'épée dans les reins !

Lorsque Clémentine Autain a pris la parole, elle a été accueillie par des cris "Autain, rentre chez toi". On le savait déjà, les soutiens politiques au projet EuropaCity n'ont jamais accepté ne serait-ce que l'ombre d'un débat pour argumenter les raisons de leur soutien et les confronter aux raisons de leurs opposants, contrairement - il faut le reconnaître même s'il n'a pas eu le dessus - à David Lebon, qui a débattu longuement avec Jean-Yves Souben sous l'égide de Médiapart, aucun sujet n'ayant été éludé. Par contre, le seul point qui revient en boucle dans le discours des gonessiens est la revendication exorbitante d'un pouvoir exclusif de décision exercé par la municipalité de Gonesse pour un projet dont les conséquences seront supportées par toute l'Ile de France : augmentation du trafic aérien, car sans les clients venus par avion, le projet EuropaCity n'est pas économiquement viable ; saturation probable du réseau routier d'Ile de France; perte de terres agricoles pourtant utiles à la sécurité alimentaire de la capitale ; bilan carbone catastrophique, évalué à celui d'une ville de 140000 habitants. Toujours, sur des sujets aussi cruciaux, ils ont refusé de se confronter à des débatteurs du calibre de Bernard Loup et de Jean-Yves Souben, car ils savent très bien qu'ils se feraient écraser. Alors c'est "courage, fuyons". Ils préfèrent faire la sourde oreille aux arguments qui leur sont défavorables et revendiquer le pouvoir de décision sur un projet dont les conséquences concernent pourtant toute l'Ile de France, et même au delà !

La seule justification de cette prétention était une pancarte affirmant que 81% des gonessiens soutiendraient le projet EuropaCity. Comme le démontre Jacqueline Lorthiois dans le neuvième volet de son bêtisier sur Europacity, cette affirmation s'appuie sur des "sondages" à la méthodologie douteuse. Car ce que leur pancarte ne dit pas, c'est que ce sondage était organisé sur 22 communes, avec seulement 44 gonessiens, dont 18 seulement connaissaient EuropaCity (un peu court pour constituer un échantillon représentatif !)  - principalement grâce à l'information fournie par les nombreux communiqués de presse du CPTG (merci à eux !). Les autres ont reçu une information - tardive et forcément partisane - des sondeurs et ont donné leur réponse sur cette seule information. En résumé, une simple opération de propagande et tout le contraire de la méthodologie d'un sondage !

Manipulation des hommes et des données, malhonnêteté et mépris sont les piliers du soutien politique à EuropaCity. Et cette contre-manifestation pitoyable en apporte l'illustration.

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