Terre de Gonesse, terre de non-droit

Tous les moyens sont bons, même illégaux, même les plus déloyaux, pour empêcher l'expression des opposants à EuropaCity. Ce cynisme du "pas vu pas pris" fait que l'on manque de preuves concernant les auteurs de ces manœuvres minables. Pourtant, certains indices permettent à chacun de s'en faire une idée.

Depuis l'année dernière, le Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG) organise des activités festives sur le Triangle de Gonesse. Il a remis en valeur une parcelle non-cultivée, qui a fourni les légumes nécessaires à la confection d'une soupe, distribuée en septembre sur la place de la République à Paris. Cette manifestation symbolique visait à mettre en valeur le projet CARMA, alternative à EuropaCity contre lequel le maire de Gonesse favorable au grand projet aussi inutile que pharaonique a mis son veto.

girafe

Le rassemblement festif de cette année, qui a eu lieu fin mai, a été agrémenté de "la girafe" construction en bois de 3,5 mètres de hauteur, que des militants du CPTG avaient assemblée en une semaine, dans un atelier de Montreuil. La "girafe" a été ensuite acheminée sur le triangle de Gonesse et remontée. Après la fête, les militants l'avaient laissée en place, pensant l'utiliser pour d'autres manifestations. Mais elle a été détruite dès le lundi suivant, par une équipe qui disposait d'un tractopelle dont nous avons retrouvé les traces et d'un camion pour emporter les 100 à 150 pancartes hostiles à EuropaCity, que le CPTG avait plantées aux alentours du lieu de la réunion.

Un groupe de DJ originaire de Gonesse avait, avec l'appui logistique du CPTG, organisé en date du 8 Septembre, un concert dans la nuit de samedi à dimanche. Les organisateurs ont trouvé, au moment où ils se rendaient sur les lieux pour monter le barnum, de gros blocs de pierre en travers du chemin communal qui conduisait au site de l'évènement. La volonté d'empêcher ce rassemblement était manifeste, mais les auteurs de cette basse manœuvre en ont été pour leurs frais : les organisateurs ont pu s'installer, avec la permission de l'agriculteur exploitant, sur une parcelle dont la récolte avait été déjà faite et la fête a eu lieu normalement.

blocbeton

Le nombre croissant d'articles publiés dans les journaux ainsi que la progression des participants aux enquêtes publiques montre que le CPTG est en train de gagner la bataille de l'information et c'est ce qui gène les institutions favorables au projet, qui cherchent par tous les moyens à empêcher les opposants  de s'exprimer. La destruction de la "girafe" était illégale en l'absence d'un jugement l'autorisant et les auteurs le savaient, car ils ont changé le cadenas de la barrière pour pouvoir opérer sans témoins. Quant au dépot de blocs barrant le chemin communal, effectué sans aucune considération pour les agriculteurs voulant accéder à leur parcelle, il aurait été fait soi-disant pour des raisons de sécurité, mais, dans ce cas, la simple correction aurait voulu que le CPTG en soit informé. le motif était donc un prétexte et l'opération un procédé minable pour empêcher la manifestation.

Les auteurs de ces manœuvres de cowboys ? Ils ont à leur disposition des tractopelles et des camions permettant de transporter des gros blocs de béton. A chacun de se faire son idée.

 

 

 

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