L'imposture d'Alain Boulanger

On n'aurait pas cru possible d'oser se présenter comme vice-président d'une association qu'on a quittée depuis plusieurs années en claquant la porte. C'est pourtant ce qu'a fait Alain Boulanger, ex-coprésident du CPTG, au cours d'une émission de "la terre au carré".

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Il est très "ex", ce monsieur : ex-membre d'une majorité municipale de gauche, à laquelle il n'a pas arrêté de glisser des peaux  de banane, ex-membre d'un syndicat de tri des déchets dont il a été viré, ex-porte-parole de l'association Europadutout, ex-coprésident du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG).  On pourrait le décrire comme un personnage ne supportant pas la contradiction et incapable d'une collaboration à long terme avec qui que ce soit, d'où ce nomadisme politique et associatif qui est son image de marque. C'est la raison pour laquelle personne ne le regrette au CPTG, à qui il reproche de vouloir maintenir le triangle en zone agricole alors que, selon lui, il faut donner la priorité absolue aux projets créateurs d'emploi, si nécessaire aux dépens de toute considération écologique. A toutes ces "qualités", il ajoute maintenant celle d'usurpateur.

Car Alain Boulanger s'est fait récemment passer pour le vice-président du CPTG pour répondre à la journaliste qui l'interrogeait sur sa réaction à l'abandon d'EuropaCity (à partir de 11 minutes 23 de l'enregistrement en lien). C'est tout à fait son droit d'exprimer une opinion, mais pas au nom d'une association qu'il a quittée depuis plusieurs années. En français, cela porte un nom : Alain Boulanger est un imposteur qui a propagé, au nom du CPTG, des prises de position qui ne sont pas celles de l'association et la journaliste de "la terre au carré" qui l'a présenté comme porte-parole de l'association a indiscutablement commis une faute professionnelle.

S'il a vraiment cru que cela passerait inaperçu, c'est qu'en plus, il fait partie de la catégorie définie par Michel Audiard comme ceux "qui osent tout et c'est même à ça qu'on les reconnait". Bien entendu, Bernard Loup, président du CPTG, et Jean-Yves Souben, vice-président (le vrai) ont cosigné immédiatement le message suivant à l'animateur de l'émission : "Concernant le reportage relatif à l'abandon d'EuropaCity, votre journaliste a présenté à deux reprises Alain Boulanger comme vice président du CPTG, ce qu'il n'a pas démenti. Je tiens à vous préciser qu'Alain Boulanger n'est plus vice président du CPTG  depuis 2017. Depuis cette date il a démissionné du CPTG pour fonder l'association "Europadutout" dont il a démissionné en juillet 2019. Aujourd'hui il ne représente que lui même. Le CPTG qui apprécie votre émission espère que vous aurez à cœur de corriger cette erreur en donnant la parole aux responsables du CPTG".

Donc, affaire à suivre...

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