Les études sur les troubles de l'apprentissage mentionnées dans la Tribune médicale du 9 décembre sur les nuisances sonores générées par le trafic aérien enfoncent quelque part des portes ouvertes. Car il n'y a pas besoin d'être un expert de haut vol pour concevoir que le bruit nuit à la concentration et, par conséquent, à l'apprentissage des élèves qui y sont soumis. Pourtant, ces notions de bon sens semblent complètement échapper à l'entendement de nos élus, comme l'a démontré précédemment le projet de cité scolaire exposée au concerto en sol mineur pour Boeing et Airbus, lancé par Jean Casteix et soutenu par des élus dont on peut légitimement se demander s'ils ont toute leur santé mentale.
Il y a aujourd'hui le projet du Boulevard du Parisis (BIP) : si on voulait délibérément saboter la scolarité des enfants, on ne s'y prendrait pas autrement : on a déjà vu des exemples de bretelles d'autoroute passant à proximité des écoles, mais, le BIP, ce sera à lui tout seul une circulation induite de 40000 à 60000 véhicules par jour - dont des milliers de camions qui traverseront nos villes coupées en deux. A lui tout seul, il battra tous les records de nuisance, en passant à moins de 100 mètres d'un grand nombre d'établissements scolaires dans les communes de Deuil-la-Barre, Sarcelles, Soisy et Groslay, gratifiant dix mille élèves d'écoles situées à moins de 500 mètres de la voie rapide du bruit et de la pollution générée par la circulation. Ce sera une circulation induite (c'est-à-dire provoquée par l'existence même de cette nouvelle liaison) de 40000 à 60000 véhicules par jour - dont des milliers de camions - qui traverseront nos villes coupées en deux, avec leur cortège de particules fines et de nuisances sonores . Et ce n'est sans doute pas un hasard si ce sont trois des communes susnommées qui ont manifesté la plus vive opposition au projet, allant, pour deux d'entre elles, jusqu'à voter une motion en conseil municipal.
Les deux exemples diffèrent par un point : dans le cas du triangle de Gonesse, il s'agit d'empêcher la création d'un établissement scolaire dans une zone exposée au bruit et à la pollution. Dans le cas du BIP, il s'agit d'établissements scolaires déjà existants qu'il faut protéger contre toute nouvelle agression sonore et chimique. Mais dans un cas comme dans l'autre, l'opposition vise à assurer aux enfants un rythme de vie scolaire et une qualité d'apprentissage qui leur sont refusés par ces deux projets. Dans le cas de la cité scolaire du triangle de Gonesse, l'emplacement d'une nouvelle prison à construire a été choisi après élimination des sites trop impactés par les avions de Roissy. Autrement dit, les autorités sont conscientes du problème, mais refusent aux enfants de ces écoles les conditions de bien-être auxquels tout être humain a droit, y compris quand il est en prison. Cela confirme qu'il s'agit bien d'un sabotage délibéré de la scolarité.
Seule une opposition massive et bien structurée contre le projet du BIP peut arrêter les bulldozers : Il est grand temps que nos élus se rendent enfin compte que nos territoires de l'est du Val d'Oise subissent déjà une sollicitation environnementale au delà du raisonnable; Puisque beaucoup d'entre eux ne comprennent que les considérations électoralistes, il s'agit de leur faire passer le message que s'ils s'obstinent à mettre à exécution ce projet monstrueux, il ne faut pas qu'ils comptent sur nos voix pour être réélus. Et pour cela, il faut que nous soyons nombreux à protester, en vertu d'un droit fondamental, inscrit dans le code de l'environnement : "tout citoyen a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé". Les prochaines élections régionales et départementales ont lieu en 2027. Si cette verrue s'impose un jour dans l'environnement de nos villes, les élus qui auront favorisé son implantation ne doivent pas compter sur l'oubli : le BIP sera comme une plaie béante pour nous rappeler, aux prochaines échéances électorales, que les ci-devant Pécresse, Cavecchi et Strehianno sont des nuisibles de la pire espèce.
Une pétition vient d'être mise en ligne. Soyons nombreux à la signer
https://agir.greenvoice.fr/petitions/non-au-projet-routier-du-bip-oui-a-la-preservation-des-espaces-naturels