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Billet de blog 15 juin 2016

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Loi El Khomri : opposition majoritaire des syndicats représentatifs

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Dans un précédent billet (à boulets rouges sur la CGT), nous relevions que le soutien à la loi El Khomri était minoritaire tant dans l'opinion qu'au parlement (d'où l'usage du 49-3). Depuis quelques jours, elle est également minoritaire à l'aune de la représentativité syndicale. 

En effet, la CGC vient de prendre position contre la loi travail, ou plus précisément, l'article 2 de celle-ci, instituant une inversion de la hiérarchie des normes. Il a rencontré la ministre du travail et expose les raisons de ce rejet. Mais, en même temps, il demande le renvoi de la loi travail à la négociation, avec engagement de la part du gouvernement à en accepter le résultat.

Cette prise de position est un rejet de la façon dont cette tentative de réforme a été conduite, en contradiction avec la loi Larcher, qui stipule qu'aucun changement important ne peut être effectué sans une négociation avec les partenaires sociaux. Mais surtout, c'est aujourd'hui trois syndicats sur cinq, pesant à eux seuls près de 60% de la représentativité, qui demandent que la négociation soit ouverte. Alors, en continuant à proclamer qu'il ne cédera pas, Manuel Valls s'apprête à violer une deuxième loi, celle sur la représentativité des syndicats.

Le bétisier des déclarations de Valls ne cesse de s'alourdir : d'abord, la CGT était "isolée", il suffisait de voir, dans la dernière manifestation, l'imbrication des ballons et drapeaux de la CGT, de FO, de la FSU et de solidaires pour comprendre que c'est seulement dans ses rêves. Puis la CGT est "minoritaire". Les évènements démontrent le contraire, tant du point de vue du parlement, de l'opinion et maintenant de la représentativité syndicale. Enfin, la dernière ineptie en date quand il demande à la CGT d'arrêter les manifestations, sous prétexte qu'elle n'est pas capable d'arrêter des casseurs qui ne font pas partie de ses effectifs. Mais, monsieur Valls, c'est le procès de la police que vous faites là, car c'est son role d'empêcher les dégradations et non celui d'un service d'ordre qui n'est pas armé ! Tout le reste, y compris l'accusation "d'ambiguité" du service d'ordre de la CGT relève de la propagande sordide dont vous êtes coutumier.

Médiapart nous parle, à propos de la manifestation d'hier, de "la plus grande des manifs". Si Valls pense que le mouvement est en train de s'essoufler, c'est c'est qu'il prend ses désirs pour des réalités. Les demandes d'arrêt du mouvement sont aussi illégitimes que sa loi. Et, après avoir répondu à l'opposition de la CGT par des insultes et des menaces, Manuel Valls accepte enfin de recevoir Philippe Martinez. Mais peut-être aurait-il du commencer par là. 

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