Ami, entends-tu le vol noir des vautours sur nos plaines

Une affaire stupéfiante, révélée par Médiapart dans un article intitulé "Macron rattrapé par son mensonge" : lorsqu'un fonds d'investissement chinois est devenu récemment le principal actionnaire (49,9% des parts) de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, on a pu légitimement se demander s'il ne s'agissait pas d'une privatisation. Théoriquement non, puisque ce fonds était minoritaire, en face d'investisseurs divers, dont l'état, qui a gardé 10% des parts. Et promis-juré, disait Emmanuel Macron en 2014 : il ne s'agit en aucun cas d'une privatisation.

Or voici que le chinois menace de vampiriser la trésorerie de l'entreprise au profit de ses actionnaires, soit 50 millions d'euro. L'aéroport avait été, jusqu'à maintenant, l'objet d'une gestion "en père de famille", puisqu'au fil des années a été amassé un fonds de réserve de 67 millions d'euro qui doit servir à la mdernisation et aux investissements. Même si le vautour a ramené ses prétentions à 20 millions d'euro, cela fait grincer des dents les autres détenteurs de parts, car - observent-ils - ces réserves que le fonds chinois veut s'approprier sont le résultat d'une histoire qui s'est écrite sans lui !

Il faut mentionner que l'aéroport est bénéficiaire à hauteur de 5 millions d'euro par an. C'est donc au départ 10 ans de bénéfices, ramené ensuite à quatre ans, que le fonds chinois veut s'approprier. On ne peut mieux avouer que la prise de participation avait pour but de faire main basse sur les finances de l'aéroport. Le chinois n'est donc pas un investisseur de long terme comme il s'y était engagé, mais un vautour qui ne cherche qu'à se goinfrer !

Médiapart a déjà dénoncé ce genre d'hérésie financière de la part de fonds d'investissement devenus majoritaires dans des PME, mais là, on change d'échelle ! C'est un équipement public qui est menacé. Mais une question demeure : comment le fonds d'investissement chinois peut-il arriver à ses fins alors qu'il détient moins de 50% du capital ?

D'abord parce que les autres détenteurs de part sont en ordre dispersé, mais surtout parce que l'état, qui détient encore 10% du capital, pourrait se ranger du côté du principal actionnaire et, ainsi, lui donner une majorité.

Pourquoi ferait-il cela ? Et c'est là qu'intervient Emmanuel Macron, qui a signé, au nom de l'état, un "pacte d'actionnaire secret" l'engageant à voter toutes les résolutions présentées par le chinois. Et voici comment un actionnaire minoritaire devient, de fait, majoritaire. Et voici comment on vent les bijoux de famille à un investisseur chinois comme la Grèce a vendu le port du Pirée, mais cette fois en toute opacité, pour que l'Opinion Publique n'y trouve rien à redire. Et voici comment on peut parler de trahison contre l'intérêt public

Mais les autres investisseurs ne l'entendent pas de cette oreille et ont bien l'intention de s'opposer à cette mainmise. Ils ne pourront le faire que s'ils obtiennent que les statuts leur donnent une minorité de blocage. 

Une chose est sure : Macron ment comme il respire et si, à cause de lui, le chinois arrive à ses fins, son portrait méritera de figurer dans la galerie des traitres à côté de celui de Judas, de Ganelon et de François Hollande. Les journalistes feraient - pour une fois - leur travail en informant sur cette affaire qui est gravissime. Mais on n'ose y croire, tant les média, détenus en totalité (à l'exception notable de Médiapart)  par le grand capital et ses suppots, pratiquent en permanence la désinformation.

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