01/12/2018

Des policiers affublés de noir observant le spectacle. Dans leur dos la plus belle avenue du monde scintillante sous la pluie mais vide. J’étais là face à Martin qui pointait son argentique ver l’arc de triomphe.

Des policiers affublés de noir observant le spectacle. Dans leur dos la plus belle avenue du monde scintillante sous la pluie mais vide.

J’étais là face à martin qui pointait son argentique ver l’arc de triomphe.

Les champs élysées le 01/12/2018 © Pierre VALQUIRI Les champs élysées le 01/12/2018 © Pierre VALQUIRI

Le type en noir avec un sac à la main gauche c’est Alain. Alain est ambulancier, vit à Marne la vallée, travaille 65 heures par semaine et gagne 2000 euros, « Je me plains je devrais pas, je pourrais gagner moins mais à la fin quand j’enlève les impots, le loyer, les charges, le gaz il me reste 300 euros pour manger, économiser. 10 balles par jour ça fait pas grand chose ». Alain nous a raconté, la détresse de certains patients qui vivent avec des retraites minables ou ne gagnent pas assez en travaillant. En fait il avait juste besoin d’étre écouté. C’était le sentiment général, un boulanger, un étudiant, une vieille dame vétue d’une belle robe rouge et ayant enfilé un gilet jaune parlant à un ado qui répondait « oh ouais madame ».

En allumant mon poste on ne me parlait que de casseurs, de mise à mal des images de l'état. Ce que j'ai ressenti sur le terrain n'est autre qu'un grand sentiment de tristesse, de ras le bol, de fatigue. Des Lacrymos tombant ça et là au ralenti pendant que nous discutions. Une zone de liberté temporaire nécessaire au peuple pour expliquer leurs incompréhensions face à ce système qui ne fait que les broyer sans les comprendre. D'une réalité dure et de taxes payées depuis des années sans aucun retour de l'état providence. En rentrant j'ai pleuré, je m'attendais à ne rencontrer que des extrémistes et je n'ai rencontré que des gens extrêmement vrai. Casser pour certains est une façon de s'exprimer et attention on ne nous dit que ce ne sont que des racailles mais j'y ai vu des gens de tout âge et de tous horizons faire des barricades ou retourner une voiture. Ce qui est encore plus attristant c'est de voir que les réponses de notre gouvernement sont faites d'un discours sévère pour punir des casseurs mais aucunement pour écouter et s'intéresser à ces gens. Nous en sommes au point le plus important du mouvement, soit il se stoppe net soit il continue et ce rouleau compresseur ne se stoppera qu'avec une refonte profonde de notre système. Un moment d'histoire tout simplement. Parlez en autour de vous il ne vous restera qu'à passer une heure au rond point près de votre village vauclusien, place de la bastille samedi prochain ou encore au péage dans une vallée des vosges pour se faire une opinion, dialoguer avec ces gens qui ont les mêmes problèmes que vous et qui sont dans le désarroi. Encore une fois les médias et nos politiques oublient l'humain derrière cette révolte. A chaque jour de mobilisation je serai là, mieux équipé la prochaine fois pour faire le portait de ces citoyens défilant dans nos rues.

 © Pierre VALQUIRI © Pierre VALQUIRI

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 © Pierre VALQUIRI © Pierre VALQUIRI

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 Et pour des images animées :  LA LOI DE PIERRE VIMEO

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