Un 25 mai 2019 entre croyants, policiers, artistes et gilets jaunes

Comme chaque samedi les gilets jaunes étaient dans la rue pour la 28 ème semaine consécutive. La situation s’était tendue sur la place de la république en ce milieu d’après midi. La marche annuelle pour Jésus suivait son chemin.

Comme chaque samedi les gilets jaunes étaient dans la rue pour la 28 ème semaine consécutive. La situation s’était tendue sur la place de la république en ce milieu d’après midi. 

Paris le 25/05/2019. © Pierre Thomas/IPR Paris le 25/05/2019. © Pierre Thomas/IPR

Paris le 25/05/2019. © Pierre Thomas/IPR Paris le 25/05/2019. © Pierre Thomas/IPR

La marche annuelle pour Jésus suivait son chemin. 

Paris le 25/05/2019. © Pierre Thomas/IPR Paris le 25/05/2019. © Pierre Thomas/IPR

Paris le 25/05/2019. © Pierre Thomas/IPR Paris le 25/05/2019. © Pierre Thomas/IPR

Le camion et les prieurs se sont alors arrêtés. Ce qui a fortement déplu à l’unité de police en charge de la garde d’une rue adjacente. Il est malheureusement impossible de spécifier l’unité par l’absence de matricules et d’insignes.

Paris le 25/05/2019. © Pierre Thomas/IPR Paris le 25/05/2019. © Pierre Thomas/IPR

 

L'absence de signes distinctifs étant de plus en plus courant chez les forces de l’ordre depuis 6 mois

Paris le 16/03/2019. © Pierre Thomas/IPR Paris le 16/03/2019. © Pierre Thomas/IPR

Paris le 16/03/2019. © Pierre Thomas/IPR Paris le 16/03/2019. © Pierre Thomas/IPR

Paris le 20/04/2019. © Pierre Thomas/IPR Paris le 20/04/2019. © Pierre Thomas/IPR

Paris le 20/04/2019. © Pierre Thomas/IPR Paris le 20/04/2019. © Pierre Thomas/IPR

Paris le 20/04/2019. © Pierre Thomas/IPR Paris le 20/04/2019. © Pierre Thomas/IPR

Paris le 20/04/2019. © Pierre Thomas/IPR Paris le 20/04/2019. © Pierre Thomas/IPR

 

Les policiers ont alors tiré plusieurs grenades lacrymogènes qui n’ont pas manquées d’être relancées au plus vite à l’envoyeur par les manifestants.

Paris le 25/05/2019. © Pierre Thomas/IPR Paris le 25/05/2019. © Pierre Thomas/IPR

Paris le 25/05/2019. © Pierre Thomas/IPR Paris le 25/05/2019. © Pierre Thomas/IPR

Le mal était fait et ces marcheurs se retrouvaient alors sous les gaz cs. Une unité de streets medics a pris en charge la situation afin de prodiguer les premiers soins aux croyants.

Paris le 25/05/2019. © Pierre Thomas/IPR Paris le 25/05/2019. © Pierre Thomas/IPR

Ce qui est étonnant est que ces faits deviennent monnaies courantes, pas une ligne dans un journal français, sur toutes les caméras présentes à cet endroit aucune n’en a fait mention.

Paris le 25/05/2019. © Pierre Thomas/IPR Paris le 25/05/2019. © Pierre Thomas/IPR

Voice une vidéo de cet évènement, on notera la présence de l'abbé Francis Michel qui s’est récemment fait connaitre : 

 

Paris le 25/05/2019. © Pierre Thomas/IPR

 

Une banalisation de la violence policière en France et des artistes mobilisés

Depuis 6 mois de manifestation, la violence policière est devenue commune. Ainsi ne passe t on pas un samedi sans voir des personnes blessées, gazées, mutilées par des LBD 40 (Lanceur type flashball tirant des cartouches de caoutchouc à 300 mètres secondes) ou des grenades explosives de type GL1F4, grenade comportant 20 grammes de tnt et dont la France est le seul pays européen à les utiliser sur ses manifestants.

Toulouse, le 02/02/2019. Manifestante touchée par un flashball de type Penn arms. © Pierre Thomas/IPR Toulouse, le 02/02/2019. Manifestante touchée par un flashball de type Penn arms. © Pierre Thomas/IPR

Paris le 05/01/2019. Journaliste blessé par un flashball LBD 40 © Pierre Thomas/IPR Paris le 05/01/2019. Journaliste blessé par un flashball LBD 40 © Pierre Thomas/IPR

Paris le 12/01/2019. Manifestant touchée au niveau des yeux par un LBD 40 © Pierre Thomas/IPR Paris le 12/01/2019. Manifestant touchée au niveau des yeux par un LBD 40 © Pierre Thomas/IPR

Il en de même par la couverture médiatique de ces évènements qui aujourd’hui pose question, elle parait très orientée dans le sens du pouvoir, pouvoir qui préfère criminaliser les manifestants plutot que poser la question de l’usage excessif de la force. On notera l’intervention de Yves Lefèbvre syndicaliste de la police syndicat SGP° qui avait annoncé après qu’un manifestant ait eu la main arrachée par une grenade « c’est bien fait pour sa gueule ».

Paris le 05/01/2019. Manifestant blessé par un flashball LBD 40 au niveau des yeux © Pierre Thomas/IPR Paris le 05/01/2019. Manifestant blessé par un flashball LBD 40 au niveau des yeux © Pierre Thomas/IPR

 

Face à cette violence quelques rares courageux journalistes en ont parlé dont David Dufresne qui fait un recensement de ces violences

Source Mediapart © David Dufresne/Mediapart Source Mediapart © David Dufresne/Mediapart

https://www.mediapart.fr/journal/france/170519/six-mois-d-allo-place-beauvau-chronique-des-violences-d-etat

 

Ces faits ont d’ailleurs été rappelés et mis en lumière par 1400 artistes et techniciens dont Juliette Binoche, Emmanuelle Béart, Jeanne Balibar, Swann Arlaud, Xavier Mussel... Avec  l’appel « nous ne sommes pas dupes » http://www.nousnesommespasdupes.fr

Le comité des Sous-marins jaunes à l'origine de la lettre était là ce samedi, arborant un sous-marin jaune en bois ne passant pas inaperçu au milieu de la place de la République.

Le sous-marin jaune, mascotte du comité du même nom. Paris 25/05/2019 © Pierre Thomas/IPR Le sous-marin jaune, mascotte du comité du même nom. Paris 25/05/2019 © Pierre Thomas/IPR
La scénariste Emmanuel Leduc, membre actif du comité des sous-marins jaunes. Paris le 25/05/2019 © Pierre Thomas/IPR La scénariste Emmanuel Leduc, membre actif du comité des sous-marins jaunes. Paris le 25/05/2019 © Pierre Thomas/IPR
Le réalisateur de documentaire Vincent Glenn. Paris le 25/05/2019 © Pierre Thomas/IPR Le réalisateur de documentaire Vincent Glenn. Paris le 25/05/2019 © Pierre Thomas/IPR
Le sous-marin rentre à la base. Paris. 25/05/2019. © Pierre Thomas/IPR Le sous-marin rentre à la base. Paris. 25/05/2019. © Pierre Thomas/IPR

 

Voici une vidéo de l’appel du monde du spectacle publiée il y a quelques semaines :

EN ACCEPTANT D'ÊTRE GOUTTE D'EAU, TU DEVIENS OCÉAN. L'APPEL DES ARTISTES "NOUS NE SOMMES PAS DUPES" © PIERRE THOMAS

 

Le GAZ CS, un gaz lacrymogène qui pose question 

Les gendarmes se retrouvent victimes de leurs propres tirs de gaz CS. Paris le 25/05/2019 © Pierre Thomas/IPR Les gendarmes se retrouvent victimes de leurs propres tirs de gaz CS. Paris le 25/05/2019 © Pierre Thomas/IPR

Le gaz cs utilisé depuis décembre dans les manifestations de gilets jaunes posent question, en effet une équipe de chercheurs composé d’un biologiste et de médecins posent la question de la nocivité de ce gaz qui en contact avec l’organisme créerait du cyanure. Après plusieurs tests sanguins effectués en manifestation via un kit de test d’intoxication (cyanoguard) au cyanure se révélant positif à des doses allant entre 0,5 et 1 mg par litre dans les 15 minutes après avoir été exposé au gaz cs, les recherches ayant été stoppées à ce jour par le fait que cette équipe de chercheurs s’est vue diffamer et menacer par des internautes ayant mal compris les intentions de cette équipe :

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/pierre-valquiri/blog/170519/la-reponse-de-lequipe-effectuant-les-recherches-sur-le-cyanure

 

Les symptomes relevés chez les manifestants pouvant être assimilés à des intoxications au cyanure :

 

vertiges, pertes de mémoire, désorientation, perte de connaissance : ( https://www.semanticscholar.org/paper/A-review-of-acute-cyanide-poisoning-with-a-update.-Hamel/6f946274306c87c0ac2342a4436526044fc0c329, https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27450775 ).

Les jours suivants : diarrhéees ( https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27450775), fatigue extrème(https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18375373), règles abondantes et irrégularités ( https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29362355) et problèmes oculaires (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/3979467).

 

Les atteintes des voies respiratoires sont violentes, pouvant atteindre nausées et vomissements et même la peau subit les agressions de ces gaz.

 

De plus un article de der Spiegel de 1986 pointait du doigt ce même gaz commençant leur articles avec un titre évocateur « Celui qui déploie du CS est conscient qu’il peut tuer »

 

Et dont voici les premières lignes :

 

« Des disputes au sein du ministère de l’intérieur à propos du gaz de combat CS utilisé par la police : on en tire vers Brokdorf et Wackersdorf, des régions régies par la CDU-CSU, où des opposants au nucléaire ont subi une exposition à ce « super gaz lacrymogène » CS, et des médecins préviennent d’une méconnaissance de sa toxicité mettant la vie des manifestants en danger. 

Les manifestants ont subi des oedèmes du poumon, des chocs respiratoires et ont eu besoin de soins pour la peau. Les Länder dirigés par la SPD n’utilisent pas ce « gaz du diable », alors que le ministère de l’intérieur CSU/CDU prétend que le gaz n’est pas si dangereux et serait « médicalement inoffensif ». »

 

A l’époque ce scandale sanitaire a valu l’interdiction de l’utilisation du gaz CS en Allemagne

 

L’article complet en allemand : https://www.spiegel.de/spiegel/print/d-13521387.html

 

 Pour finir différentes ligues des droits de l’hommes en France ou encore le syndicat de police Vigimi enquêtent actuellement sur le gaz CS

Paris le 16/03/2019. © Pierre Thomas/IPR Paris le 16/03/2019. © Pierre Thomas/IPR
 

 

 

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