Le 27/12/2018.

Et comme le disait Baudelaire « Mes chers frères, n'oubliez jamais, quand vous entendrez vanter le progrès des lumières, que la plus belle des ruses du Diable est de vous persuader qu'il n'existe pas ! »

Gare tgv france le 27/12/2018 © Pierre VALQUIRI Gare tgv france le 27/12/2018 © Pierre VALQUIRI

De retour vers la capitale un album de royal canoë dans les oreilles. Le train me permet toujours de mettre à plat des idées.

C’est un joyeux constat que je fais depuis quelques semaines. La france se révolte, on me parle d’un mouvement agonisant, j’y vois des gens emplis d’un but. On me parle d’extrémistes mettant à mal la démocratie, j’y vois des gens de tous bords et de toutes origines se liguant contre le confort des monarques. Nous avons une histoire violente emplie de guerre et de révoltes, ainsi dois je saluer Macron et sa cour pour conserver la violence héréditaire des institutions françaises, en ça vous respectez le travail de vos prédécesseurs. Cette violence que nous ne voulons pas mais qu’ils nous font subir et font naître en nous. J’ai toujours été un garçon révolté, je n’acceptais pas l’ordre établi, me révoltant contre le jugement abusif d’un professeur comme une réforme mettant en péril mon avenir, ainsi j’ai cru que dans ces révoltes je serai toujours seul.

Aujourd’hui le « nous » l’emporte contre eux. Aujourd’hui j’ai l’espoir qu’un avenir meilleur arrivera non pas par la main d'un élu grassement payé grâce à nos impôts mais grâce aux forces vives qui enfilent un gilet réfléchissant et partent affronter les violences de l’exécutif ou encore décident de récupérer leurs biens en rendant le péage gratuit pour tous.

Se cachant derrière une image bien pensante nos politiques appelle à l’arrêt du mouvement, l’apaisement, mais pourquoi ? Pourquoi encore une fois devrions nous déposer le gilet, enlever nos protections et accepter de se faire tuer à petit feu ? Non non non cette fois je n’écouterai pas, je ne continuerai pas à courber l’échine, accepter de faire 70 heures par semaine pour un employeur payant ses taxes à l’étranger et pouvant négocier ses impôts au ministère de l’économie là où un gueux comme nous sommes se retrouverait évacué par la securité si il osait entrer dans Bercy.

Mais ce n’est pas que des taxes qui nous poussent dans la rue, c’est aussi une envie de vivre dignement, d’être écouté, respecté et savoir qu’une hospitalisation que l'on sera pris en charge aux urgences par exemple ;que ma mère ne mourra pas après avoir attendu 12 heures dans la salle d'attente (1). Dans ce fait divers nos institutions lance une chasse à la sorcière. Mais je n’ai rien contre l’infirmière surchargée mais plutôt contre un ministère qui ne lui donne plus les moyens de sauver des vies. Il en est de même pour le policier surmené qui laisse sortir ses nerfs sur les manifestants, défigurant des vieux et des gamins, qu’on lui paie ce qu’on lui doit et que l’on crée des postes. Même si le cas des violences policières et des comportements abusifs de certaines unités n’est pas chose nouvelle, allez discuter avec le banlieusard à la sortie de la ville il pourra vous en parler. Encore une fois les institutions censées nous protéger ont failli. Honte à vous messieurs nos représentants préférant vous taire, en participant à tout cela vous êtes les premiers coupables de la situation que nous vivons aujourd’hui. De plus Macron nous a montré à quel point un gamin inexpérimenté a du mal à garder les grands secrets de polichinelle. Ainsi la république a montré ce qu’elle cachait derrière les portes de l’Élysée, une autre france, celle que l’on voit au cinéma, celle à laquelle nous voulions longtemps ressembler. Je travaille avec ces gens là au quotidien, le plus drôle est qu’ils ont peur, ils ont peur pour le petit confort, leurs magouilles qui nous ruinent.

Continuez d’avoir peur, Nous nous n’avons plus rien à perdre ce n’est pas la peur qui nous guide mais l’envie de liberté et de vengeance.

Avec ou sans gilet jaune parlez en autour de vous, passez une heure au rond point, une demi heure dans une manif, allez voir le visage humain de ceux qu’on vous dit être le diable. Et comme le disait Baudelaire « Mes chers frères, n'oubliez jamais, quand vous entendrez vanter le progrès des lumières, que la plus belle des ruses du Diable est de vous persuader qu'il n'existe pas ! » . Policiers, pompiers, militaires, chômeur, fonctionnaire, grand bourgeois, étudiant, boulanger, Cuisinier, comédien, réalisateur, retraité, péagiste, agriculteur, cadre supérieur, mère au foyer, vendeur, français habille toi, Français révolte toi !

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