Les fleurs des prés sont pesticides - L'invention du bio... et des pesticides bio !

La crainte des pesticides, imaginaire ou non, avait conduit le Grenelle de l’environnement (2007) à demander de réduire de moitié l'utilisation des pesticides en France d’ici à 2018. Hélas, la quantité de pesticides utilisés en France n'a pas été réduite de moitié comme le voulait le Grenelle de l'environnement, ni même un peu réduite... elle augmente.

La crainte des pesticides, imaginaire ou non, avait conduit le Grenelle de l’environnement (2007) à demander de réduire de moitié l'utilisation des pesticides en France d’ici à 2018.

Hélas, la quantité de pesticides utilisés en France n'a pas été réduite de moitié comme le voulait le Grenelle de l'environnement, ni même un peu réduite... elle augmente. Parce qu'il faudrait tout chambouler :

« Une réduction de moitié de l’utilisation des pesticides supposerait une nouvelle conception des systèmes de production, avec des effets significatifs sur le niveau de production et les marges ; elle supposerait également des modifications au niveau des filières et des marchés, et des changements profonds s’inscrivant dans la durée. Par exemple, en grandes cultures, cet objectif supposerait d'allonger les rotations et donc d'introduire de nouvelles cultures dans les assolements. » (INRA - Ecophyto R&D – Quelles voies pour réduire l'usage des pesticides ? 2010)

C'est-à-dire que c'est peut-être possible, mais l'Inra prévient, c'est difficile. Et ces nouvelles cultures qu'il faudrait introduire, lentilles, pois chiches, etc.... il faudra les écouler ; les consommateurs y prendront-ils goût ? Sinon, il n'est pas certain qu'il suffise de proposer plus souvent des lentilles dans les cantines scolaires, gaspillage de nourriture assuré.

Et surtout, il en résulterait une baisse de production. Ce n'est pas le meilleur moyen d'affronter le défi alimentaire sur la planète, de se préparer à nourrir neuf milliards de Terriens.

Les fleurs des prés sont des pesticides !

Pourtant, depuis longtemps déjà on avait inventé l'agriculture bio qui prétend ne pas utiliser de pesticides – c'est ce que les marchands de bio certifient et des consommateurs les croient. Pourtant, c'est une erreur, ou un mensonge ; l’agriculture bio utilise elle aussi des pesticides. Mais ce n'est pas la même chose !, jurent les marchands de bio ; nous, nous utilisons des pesticides naturels, ils sentent bon l'herbe les fleurs des prés, ils sont na-tu-rels ! ; nous n'utilisons aucun de ces pesticides de synthèse que les diables d'hommes mijotent dans leurs chaudrons infernaux.

Ils disent que les fleurs des prés seraient des pesticides ? !

Par exemple, l'agriculture bio utilise des extraits de fleurs du pyrèthre de Dalmatie vendues en tant que pesticide bio 1. L'un des pires pesticides, il tire sur tout ce qui bouge ou presque.

Les fleurs des prés sont vraiment des pesticides !

Ce n'est pas la même chose, ils sentent bon les fleurs des prés, disent-ils... 
Dans un dernier râle les bestioles empoisonnées marmottent que c'est la même chose.

Le lobby bio a commencé par marteler que les pesticides sont dangereux, que nous sommes tous condamnés. Nous sommes naïfs, nous l'avons cru, nous avons été terrorisés.
Puis le lobby bio a annoncé la bonne nouvelle : "réjouissons-nous frères fortunés des pays développés, nous sommes sauvés, il existe des aliments sans pesticides". Nous sommes naïfs, nous l'avons cru, nous avons exigé du bio dans les cantines scolaires (pour les adultes il est trop tard, mais on espère encore sauver quelques enfants).
La bonne nouvelle était une fausse bonne nouvelle. Le lobby bio avait oublié de dire que les cultures bio elles aussi sont traitées par des pesticides.
On a bio dire, nous sommes naïfs.

L’agriculture biologique utilise des pesticides !

 

Voir :
Pour une écologie réaliste
Pour vraiment nourrir toute l'humanité à venir
Pour vraiment sortir du réchauffement climatique
http://ecologie-illusion.fr/index.html

1 On dit que les Chinois avaient déjà remarqué, il y a deux mille ans, que ces fleurs étaient moins attaquées par les insectes, ce qui leur avait mis la puce à l’oreille.

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