Journée Internationale contre la violence faite aux femmes: Et les Africaines?

C'est presque dans l'indifférence -la pandémie du coronavirus préoccupant qu'autre chose -, qu'est célébrée aujourd'hui, la Journée Internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Et pourtant, elles ont été les souffre-douleurs de leurs mari et conjoint durant ces périodes de confinement. Qu'en est-il donc du sort des femmes africaines qui mobilise peu?

Tout d’abord, un bref rappel.

C’est le 17 décembre 1999, que l’Assemblée Générale des Nations Unies avait, par sa résolution 54/134, décidé de proclamer le 25 Novembre Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, en invitant par la même occasion les gouvernements respectifs ainsi que les organisations impliquées dans le combat en faveur des droits des femmes, à sensibiliser l’opinion mondiale. Le choix de cette date était loin d’être anodin: il rappelle le sort de trois militantes, les sœurs Mirabal, sauvagement assassinées le 25 novembre 1960 par les hommes du président dictateur de la République Dominicaine, Rafael Trujillo.

 Un peu plus de vingt ans, jour pour jour après la proclamation onusienne, l’opinion internationale semble ne pas suffisamment adhérer à son appel; c’est pourquoi, mesurant la gravité du problème, la France n’a pas hésité à décréter le 9 juillet 2010, «Grande Cause nationale contre les violences faites aux femmes», avec l’élaboration d’un Plan triennal, afin de s’attaquer à l’ensemble des violences que subissent les femmes. La campagne du gouvernement français s’appuie sur quelques chiffres qui font froid dans le dos: en France, tous les trois jours, une femme est tuée par son conjoint et en 2019, 176 femmes sont mortes entre, suite à des violences conjugales; soit 84% pour 27 hommes, et 75% des décès ont lieu au domicile des couples Dans le même temps,  clitoridectomie65 000 fillettes sont mutilées ou menacées de l’être, et 130 000 femmes ont été victimes de viol… (Voir site http://www.stop-violences-femmes.go et le dossier «Lutte contre les violences sur le site du Service des droits de femmes et de l’égalité»).

Cependant, la position de la France, si innovante qu’elle soit, ne doit pas faire oublier les sévices faites aux femmes dans d’autres parties du monde. D’ailleurs, d’après le rapport du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) de 2010, «au moins une femme sur trois dans le monde a été maltraitée, battue ou contrainte à des rapports sexuels dans sa vie… Deux millions de filles âgées de 5 à 15 ans se retrouvent sur le marché du sexe chaque année».

Qu’en est-il des sévices à l’égard des femmes en Afrique?

A l’instar d’autres continents, le continent africain n’échappe dans aux violences morale, psychologiques, physiques et autres, faites aux femmes. Mais, lorsqu’on aborde cette problématique en Afrique, surtout sub-saharienne, les cas les plus fréquemment évoqués se concentrent sur les sévices corporelles, et plus particulièrement, ceux liés à la clitoridectomie (excision) et à l’infibulation. Dans ce domaine, l’Afrique sub-saharienne partage ce triste privilège et honteux avec le Proche-Orient et l’Asie du Sud-Est: rite ancestral provoquant chaque année entre 3 et 4 millions de victimes par an, si l’on en croit les chiffres de l’Organisation Mondiale de la Santé ( OMS).qui observe par ailleurs que l’Afrique est la plus touchée par les mutilations génitales féminines (MGF) sur 130 millions de femmes excisées dans le monde bien que la clitoridectomie soit pratiquée dans 28 pays dans le monde et toucherait 75 millions de femmes.

Il faudra toutefois préciser que l’excision ne touche pas toutes les ethnies africaines. L’exemple sénégalais, de ce point de vue, est assez révélateur: les Wolofs et les Sérères, les deux groupes ethniques dominants du Sénégal, ne s’adonnent pas à cette pratique qui demeure toutefois l’apanage des minorités telles que les Peuls, les Dioulas, les Toucouleurs et les Mandé. Quant à «l’infibulation pharaonique», forme la plus douloureuse des MGF, elle concerne surtout la quasi-totalité de la Corne de l’Afrique (Somalie, Ethiopie, Erythrée, Djibouti, Soudan). Il faut signaler que la clitoridectomie n’est pas une pratique typiquement africaine : la médecine européenne l’utilisait aux 18 -ème et 19 -ème siècles pour soigner les cas d’hystérie et d’épilepsie.

Les origines pharaoniques de l’excision et les arguments de sauvegarde des coutumes ancestrales africaines.

Excision, infibulation, désensibilisation, etc. Les mystères sont légion autour des origines précises et le sens profond de ces coutumes ancestrales considérées par leurs défenseurs comme relevant des rites de passage à sauvegarder coûte que coûte, au nom du respect de certaines valeurs culturelles.

Aussi, tout récemment, un projet de loi gouvernemental prévoyant l’interdiction de l’excision en Ouganda a été vigoureusement combattu par les tenants de la tradition qui y voyaient une certaine« violation de leurs droits traditionnels » en vigueur depuis la nuit des temps. Ils s’appuient sur quelques recherches faisant remonter ce rituel aux origines pharaoniques, il y a trois mille ans, à une époque où il était associé à la fertilité, et où les parties excisées des femmes étaient offertes au Nil sacré. Dans son excellent ouvrage, La face cachée d’Eve (Zed Press, Londres, 1980), l’anthropologue et historien Nawal El Saadawi observe que dès 700 av. J.C., Hérodote mentionnait déjà l’excision pharaonique. Quant aux mythes cosmologiques des pays de la Corne de l’Afrique, ils rapportent que «l’infibulation pharaonique» était pratiquée sur les femmes pour éviter qu’elles ne soient violées par les arabes, lors des razzias. Les anthropologues qui tentent encore de nos jours d’élucider la diffusion de l’excision des bords du Nil en Afrique sub-saharienne, avancent de plus en plus l’hypothèse de l’héritage des Ethiopiens ayant séjourné longtemps en Egypte. Par ailleurs, il est aujourd’hui attesté que ce phénomène est loin d’être originellement lié à l’Islam comme certains ont pu le penser pendant longtemps, se fondant, à tort ou à raison, sur ces paroles assez ambigües du prophète Mahomet s’adressant à l’exciseuse Um Atiya «[…] N’opère pas de façon radicale […], c’est préférable pour la femme ». Cependant, l’imputation des origines de l’excision à l’Islam est démentie par de nombreuses études, et parmi les ethnies qui s’y adonnent, on trouve aussi bien des musulmans, des chrétiens et des animistes. Les autorités religieuses n’affirment-elles pas elles-mêmes que ce rite va à l’encontre des préceptes du Coran et de la Bible? L’Imam sénégalais des Oulémas, N’diaye, cherchant à rétablir la vérité sur cette tradition, précisait :«le Prophète a dit que s’il fallait exciser les filles, il faut faire attention. Mais lui-même n’a jamais fait exciser ses filles. Il n’y a rien dans le Coran qui impose l’excision ». Dès lors, c’est vers les mythes cosmologiques, communs à la plupart des ethnies africaines, que l’on pourrait se tourner pour expliquer l’origine de l’excision. En effet, d’après un mythe partagé par les Bena Lulua (Congo), les Bambara (Mali) les Peuls (Guinée), les Ejagam et les Eboki (Cameroun et Tchad), les Bandas (Centrafrique), le clitoris figurerait à la fois le sexe féminin et masculin. Aussi, pratiquer l’excision reviendrait à supprimer l’élément masculin du clitoris associé à un dard qui pourrait blesser le sexe de l’homme durant les relations sexuelles, voire causer la mort de ce dernier. Ce mythe est connu dans presque toute l’Afrique de l’Ouest sous le nom de «mythe des vagins dentés» qui pose que: «le clitoris serait la dernière dent à supprimer ».

Néanmoins, si la mythologie tente de fournir des éléments explicatifs aux mutilations génitales en Afrique, les fonctions dévolues à ces pratiques varient selon les cultures et les ethnies. D’abord, en tant que rite de passage, la quasi-totalité des ethnies africaines pensent que l’excision, comme la circoncision chez les jeunes garçons, permet aux jeunes filles de changer de statut social et sexuel, passant de celui de «jeune fille » à l’enviable statut de «vraie femme», comme disent les Bambara qui suggèrent qu’ «asseoir une fille sur le couteau » (traduction littérale: exciser une fille), l’aidera plus tard à trouver un mari digne de ce nom. Aussi, un père n’encouragera pas outre mesure, son fils à prendre pour femme une fille non excisée, au risque de voir cette dernière continuellement hantée par l’esprit des ancêtres, comme chez les Massaï et les Kisii du Kenya. Quant aux Soninké du Mali, ils estiment que ce rite permet aux jeunes filles de rester vierges et aux femmes éloignées de leur mari, de contrôler, à l’instar de l’infibulation (fréquente chez les tribus guerrières), leurs velléités sexuelles, et de réfréner leurs sensations libidinales. En somme, pour ses pratiquants, l’excision et l’infibulation feraient partie intégrante d’un processus à la fois culturel et éducatif, reposant sur un savoir-faire exclusif transmis de générations en générations. On insiste également sur sa fonction aussi bien socialisante que thérapeutique: elle permettrait aux femmes de rester fidèles à leur mari, « en leur garantissant un avenir sans problèmes», et réduirait le nombre de fausses couches, d’après certaines exciseuses maliennes et guinéennes.

La pratique de l’excision en débat : des points de vue contrastés chez les Africains.

De plus en plus mises à l’index par les organisations des droits de la femme, les «spécialistes» de l’excision, pour leur défense, invoquent habilement l’argument d’un réel choc des cultures, sous la pression de certains mouvements féministes européens désireux de dénigrer les coutumes africaines jugées «barbares». Sensible à cet argument, voici ce que déclarait dans une interview en août 2000 un médecin- psychologue africain à propos de la lutte contre l’excision engagée par les autorités françaises :«Il est clair que l’excision a eu un sens à une époque donnée. Je vous fais cependant remarquer qu’on ne peut pas se permettre de juger une pratique de l’extérieur […]. Dans ma profession, j’ai rencontré des excisées traumatisées et d’autres qui ne la revendiquent tout en ne voulant pas l’imposer à leurs filles […]. La France attaque l’excision parce que c’est avant tout une pratique africaine. Elle a elle-même abrité au 19ème siècle, un éminent chirurgien, le professeur de Broca fondateur de l’école anthropologique française qui conseillait l’excision. J’attends un jour où les Africains pourront proscrire une pratique culturelle française sous prétexte de barbarisme».

 Nuançant quelque peu les propos de ce médecin, la responsable d’une ONG, l’Association Malienne pour le Suivi et l’Orientation des Pratiques Traditionnelles (AMSOPT) affirmait dans la même interview:« […]Je ne dis jamais que l’excision est une mauvaise chose. Seulement dans la culture africaine, il existe des aspects positifs et négatifs, malheureusement l’excision en fait partie. D’autant plus qu’elle a perdu sa valeur culturelle […]. C’est aujourd’hui, à mon avis, un problème économique. L’exciseuse dans le village est une femme reconnue qui reçoit des dons des villageois. La fin de l’excision mettrait fin à cet avantage économique non négligeable».

Concluons ces deux positions contrastées par le point de vue assez mesuré de la Sénégalaise, Khady Koï ta, fondatrice de l’Association «La Palabre» qui lutte contre les MGF dans son pays, citant le grand Sage africain Amadou Hampâté Bâ qui disait: «il y a des pratiques que nos ancêtres, eux-mêmes, s’ils revenaient à la vie, trouveraient caduques et dépassées ». Et la jeune militante sénégalaise d’ajouter: «C’est vrai que ce sont nos traditions. Mais il nous faut faire un travail de changement de mentalités, un travail de changement de comportement, dans le respect mutuel de nos cultures. Il faut extraire ce qui est négatif et néfaste et garder ce qui est positif ».

Les législations étatiques contre les mutilations génitales féminines.

Si la lutte contre les MGF, en particulier l’excision, a toujours constitué un sujet tabou en Afrique, on ne peut passer sous silence certaines actions courageuses, sans tambours ni trompettes, de quelques médecins, infirmiers, infirmières, et sages-femmes, avant même les indépendances de la majorité des pays africains en 1960. Comment ne pas citer le cas de cette pionnière, la gynécologue Henriette Kouyaté, qui dès 1955, s’éleva contre certaines pratiques néfastes, prenant le risque d’aller à contre-courant des positions conservatrices de l’époque. Emboîtant le pas aux nombreuses ONG locales et étrangères, la plupart des États africains ont décidé, depuis une dizaine d’années, de donner un cadre légal à la lutte contre l’excision. Des initiatives régionales et interafricaines ont ainsi vu le jour, aux côtés des programmes nationaux, sans compter l’implication individuelle d’artistes et de personnalités célèbres du continent, ainsi que la mobilisation des associations chrétiennes et musulmanes pour la bonne cause.

En juin 2011, au 17ème sommet de l’Union Africaine à Malabo (Guinée Equatoriale), les chefs d’Etats africains se sont engagés à lutter contre les MGF, et ont adopté à l’unanimité un texte proposé par le Burkina Faso et l’Egypte soutenant un projet de résolution que devra voter l’Assemblée générale des Nations unies. A ce jour, 17 pays africains ont déjà voté des lois interdisant les mutilations génitales féminines, et plusieurs gouvernements ont ratifié le protocole sur les droits des femmes en Afrique (PDF), exigeant des signataires des mesures politiques et législatives aux fins d’éradication complète des sévices. S’agissant des dispositions pénales contre l’excision, on pourrait citer l’exemple du Burkina Faso, en avance sur les autres pays: votée en 1996, la loi prévoit une peine d’emprisonnement contre les exciseuses, mais aussi, contre «tous les complices, la famille et ceux qui tiennent la petite fille pendant l’opération ». La Mauritanie et le Niger connus pour leur radicalisme dans ce domaine, n’y sont pas en reste. Après quelques réticences, les Oulémas et érudits religieux mauritaniens ont délivré une fatwa bannissant les mutilations génitales féminines en janvier 2010. Quant au Niger, les articles 231 et 233 de son nouveau code pénal punissent rétroactivement les auteurs et complices de l’excision tout en recommandant la sensibilisation et le recyclage des exciseuses. Depuis 2003, de Dakar au Caire, des réunions se sont succédé, regroupant des parlementaires africains qui se sont engagés à harmoniser leurs législations afin de combattre toutes les formes de mutilation. Comment ne pas enfin verser au dossier de la lutte contre les MGF quelques initiatives médicales plus ou moins originales ? Ainsi, l’’exemple du gynécologue-obstétricien congolais, Sébastien Madzou, émule du médecin français Pierre Foldes, alias «docteur clitoris», mérite d’être signalé. A l’instar de ce dernier, le médecin congolais parcourt l’Afrique pour «réparer» ou recoudre les clitoris excisés. Il a formé une vingtaine de spécialistes au Burkina et ne compte pas en rester là.

Mais, le plus célèbre demeure sans contexte, son compatriote, le docteur gynécologue Denis Mukwege, militant des droits de l’Homme et prix Nobel de la Paix en 2018, qui, bravant les menaces de mort des groupes rebelles assassins et violeurs, procède à des opérations de chirurgie réparatrices sur des femmes violées dans le Sud -Kivu, en République Démocratique du Congo, depuis une vingtaine d’années.

À l’opposé des «réparateurs de vagins», comme on les surnomme, les méthodes du gynécologue d’origine somalienne exerçant en Italie sont critiquées par plusieurs associations de défense des droits des femmes. Répondant à la demande des africaines originaires de l’Est du continent, le docteur Abdul Kadir propose une alternative contre les MGF, tout en respectant la tradition africaine: la pratique de «la piqûre du clitoris»1 à titre symbolique, afin de faire reculer l’excision et l’infibulation. Mais face à ses détracteurs qui dénoncent sa méthode comme relevant d’une autre forme de mutilation, ce médecin se défend en alléguant de la validation de sa thérapie par la commission de bioéthique locale de la ville de Florence où il travaille.

Quelles que soient les difficultés que rencontre la majorité des pays africains à faire appliquer la législation visant à combattre les MGF (pratique de l’excision dans l’intimité familiale avec la complicité des parents, déplacement dans des pays limitrophes où la législation est moins sévère ou pratiquement inexistante…), leur volonté politique mérite d’être saluée et encouragée. Certes, l’excision a encore la vie dure à cause du poids des traditions et des croyances mythico-religieuses qui obèrent le travail entrepris depuis de nombreuses années par les associations de femmes et les ONG, européennes ou africaines.

Qu’il me soit permis de réitérer la position que j’ai longtemps défendue au sujet des mutilations génitales en Afrique. Position qui rejoint celle de l’africaniste Tobie Nathan2, professeur d’ethno psychiatrie à l’Université de Paris VIII et de Tel-Aviv, membre éminent de mon jury de Thèse d’État, il y a une vingtaine d’années. Une certaine communauté scientifique parisienne à pu faire d’injustes procès d’intention à Tobie Nathan, soupçonné de faire l’apologie de l’excision en Afrique. Cela traduit évidemment chez ces chercheurs, leur méconnaissance de cette pratique et de son fonctionnement au sein des civilisations africaines. En effet, les solutions visant à l’éradication des MGF, comme l’excision et l’infibulation, me semble-t-il, ne peuvent qu’être de nature endogène. Autrement dit, le problème étant essentiellement africain, la solution devra être africaine. Par ailleurs, on ne peut prétendre combattre efficacement les rituels de l’excision et de l’infibulation, sans au préalable tenter de comprendre les rôles sociaux, psychologiques, et aujourd’hui économiques qui ont depuis toujours, sous-tendu ces pratiques. Depuis que de nombreuses recherches anthropologiques et historiques ont été entreprises sur la question, un vaste champ d’investigations est désormais ouvert, permettant de ramener le problème à ses origines afin de mieux le circonscrire en aval.

Les législations souvent contournées ayant révélé leurs limites, il est évident que la répression seule ne peut résoudre le problème. Sans toutefois nier les résultats plus ou moins efficaces obtenus par diverses associations au travers des campagnes de sensibilisation sur le terrain, on devra parallèlement déployer un vaste arsenal éducatif en faveur des jeunes écolières. Ce n’est pas un hasard si les MGF sont plus élevées au sein des populations analphabètes qu’ailleurs. En d’autres termes, il s’agira de corréler la sensibilisation avec l’instruction. La reconversion économique des exciseuses est un autre impératif. Ce travail commence à produire des résultats au Burkina, au Niger, au Mali et au Sénégal, où toute une classe d’exciseuses s’est retrouvée sans rémunération avec la rigueur des législations. Aussi, la création d’activités de substitution génératrices de revenus pour ces femmes a-t-elle contribué à améliorer leur quotidien. On ne saurait prétendre éradiquer entièrement des pratiques vieilles de plusieurs millénaires qui résistent encore et toujours aux évolutions du temps. Toutefois, les préalables évoqués plus haut, conjugués ensemble, peuvent à tout le moins contribuer à réduire les effets néfastes des mutilations féminines en Afrique.[1]

Lawoetey-Pierre AJAVON.c

 

1-Cette méthode consiste, sans pratiquer l’excision, à proposer une anesthésie locale du clitoris dans lequel une aiguille serait enfoncée afin de recueillir quelques gouttes de sang.

2 Blandine Grosjean, «Excision: une polémique née d’un bidonnage… Tobie Nathan, père de l’ethnopsychiatrie accusé à tort de faire l’apologie de la mutilation», in Libération, 18 novembre 1999.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.