Chez nos voisins - À Morlaix, un fauteuil de maire très disputé

Ici à Roscoff, c'est le silence "radio". On regarde ce qui se passe chez les voisins. Six listes. Deux à gauche, une à droite, une à l’extrême-droite, comme en 2014. Et, nouveauté 2020, deux au centre. Les municipales à Morlaix (Finistère) s’annoncent particulièrement agitées. Et incertaines !

 - Ouest-France 4 novembre 2019 

La mairie de Morlaix est dirigée par Agnès Le Brun (ex-LR) depuis 2008.

La mairie de Morlaix est dirigée par Agnès Le Brun (ex-LR) depuis 2008. | OUEST-FRANCE

Ouest-France Delphine VAN HAUWAERT. Publié le 04/11/2019 

Repartira ? Repartira pas ? En ce milieu d’automne, la maire en poste à Morlaix (Finistère) depuis 2008, Agnès Le Brun, fait durer le suspense quant à une troisième candidature. En septembre 2018, l’élue confiait avoir « encore de l’énergie et l’envie de servir ». Des

propos pouvant, à l’époque, s’appliquer autant à un mandat de députée européenne, visé, que de maire.

Un an plus tard, celle qui a claqué la porte des Républicains avant les élections européennes, devrait logiquement retourner au combat, sur une liste sans étiquette. En attendant de mener campagne, Agnès Le Brun doit suivre avec un certain intérêt les premiers coups assénés entre candidats déclarés.

« Une ville de gauche »

À gauche, d’abord. D’un côté, il y a le PS, le PCF et le Génération. s qui, depuis un an, travaillent ensemble pour proposer « une alternative dans cette ville de gauche (N.D.L.R. : administrée par le PS de 1971 à 2008, avec une parenthèse UDF de 1989 à 1995) dirigée par la droite dure depuis 2008 », selon des propos d’Ismaël Dupont (PCF) en 2018. De l’autre, une alliance citoyenne soutenue par les Verts et les Insoumis.

Les deux camps, qui ont bien compris l’intérêt d’une candidature unique à gauche, ont multiplié les tentatives de discussions. Mais les différences auront été insurmontables. L’alliance citoyenne souhaitait notamment que toutes les décisions (programme et liste) soient prises lors d’une assemblée selon le principe « une personne, une voix », et interdire le cumul des mandats (maire et président d’Agglo).

Le 21 octobre, elle invitait « celles et ceux qui veulent mettre en application la démocratie participative à nous rejoindre ». Au même moment, Jean-Paul Vermot, déjà adversaire d’Agnès le Brun au second tour en 2014, se déclarait chef de file de « Morlaix Ensemble, pour une ville sociale, écologique et solidaire ».

Le Modem et les « Marcheurs déçus »

Quelques jours plus tard, la seconde scission est venue du centre. La commission d’investiture a tranché : c’est Jean-Philippe Bapceres qui mènera une liste LREM à Morlaix. Le commerçant est loin d’être un inconnu en ville, puisqu’il a siégé de 2008 à 2014 puis de 2016 à 2018 dans l’opposition municipale, après avoir été candidat sur une liste menée par un écologiste, puis par un socialiste (le même Jean-Paul Vermot). « Mais c’est la première fois que je suis membre d’un parti », précise celui qui a sa carte depuis quelques mois.

Ils étaient deux en lice pour l’investiture. Emmanuel Métivier, directeur de campagne de la députée LREM Sandrine Le Feur, semblait bien placé. Désigné chef de file des municipales à Morlaix pour le Modem, il pouvait symboliser l’alliance des deux partis dans le département. Mais à l’annonce de l’investiture de Jean-Philippe Bapceres, le centriste n’était que « perplexité et tristesse ». Dénonçant la position « hégémonique » du parti présidentiel, Emmanuel Métivier annonçait alors porter, lui aussi, une liste, soutenue notamment « par des Marcheurs déçus ».

Enfin, comme en 2014, l’extrême-droite sera également présente. La liste du rassemblement national (ex FN) pourrait être conduite Tony Bihouée, responsable RN dans la circonscription.

Un boulevard pour Agnès Le Brun ?

L’éclatement des voix à gauche, encore accentué par un candidat LREM qui a siégé avec cette même gauche municipale, bénéficiera-t-il à Agnès Le Brun ? À moins que cette troisième candidature de la maire ne soit celle de trop. Dans ce cas, une gauche réunie au second tour pourrait tirer son épingle du jeu. Sauf si la vague En marche déferle une nouvelle fois sur la ville… Réponse en mars prochain !

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