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Billet de blog 3 déc. 2021

Brésil : alerte sur la « torture » subie par l'auteur de l'attentat contre Bolsonaro

Un expert d'une entité parapublique lié à la prévention et au combat contre la torture a rencontré récemment Adélio Bispo dos Santos, celui qui avait tenté de poignarder le candidat Bolsonaro en 2018. Selon le visiteur José de Ribamar de Araújo e Silva, l'auteur du vrai-faux attentat, sans visite depuis plus de trois ans, est en conditions analogues à la torture.

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Le 9/11/21, l'expert José de Ribamar de Araújo e Silva interviewé par le militant des droits de l'homme et professeur Marconi Burum. © TV247 / TV Resistência Contemporânea / YouTube

José de Ribamar de Araújo e Silva, licencié en philosophie, expert dans le combat et la prévention de la torture, mandaté par l'entité Mecanismo Nacional de Prevenção e Combate à Tortura (MNPCT), fondée en 2013 en vertu du droit international, s'est rendu avec d'autres experts dans la prison fédérale, de haute sécurité, de la ville de Campo Grande, dans l'Etat du Mato Grosso do Sul.
Selon Ribamar de Araújo (à partir de 3' dans la vidéo ci-dessus), qui visite les prisons brésiliennes depuis 1984, Adélio Bispo, rencontré parmi d'autres prisonniers, avec la présence permanente de policiers armés, était porteur ce jour-là d'un "visible trouble mental" mais Ribamar ne peut en aucun cas affirmer si c'était le cas précédemment. Les conditions d'incarcération, dans une cellule individuelle, enfermé 22 heures par jour, ajoutées à " la faillite multiple des organismes internes au système pénitentiaire fédéral " observée par Ribamar de Araújo permettent tout de même d'imaginer le pire.

En août 2021, la 2e Chambre de la Cour suprême (STF), après un passage par le tribunal régional fédéral de la 1re Région, puis du Tribunal supérieur de justice (STJ) a confirmé la décision du ministre du STF Kássio Nunes, qui a autorisé la permanence de Adélio Bispo dans la prison de haute sécurité.
Il faut rappeler qu'en novembre 2020 le Défenseur public (DPU) avait demandé à ce qu'Adélio Bispo soit transféré dans un hôpital psychiatrique, car il recevait des brimades, souffrait de contraintes, des pressions et des agressions verbales des agents pénitentiaires. Le DPU avait reçu une lettre, en octobre 2019, de Adélio Bispo qui se plaignait de l'attitude de son avocat Zanone Manuel De Oliveira Júnior. Et le juge de première instance, à Campo Grande (MS) avait ordonné ce transfert.
Mais la justice fédérale de Juiz de Fora - qui prend ses ordres à Brasilia - s'était alors positionnée contre ce changement.

Kassio Nunes Marques a été nommé à son poste, quasiment perpétuel, à la Cour suprême (STF), le 5 novembre 2020, par ... Jair Bolsonaro.

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