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Billet de blog 4 oct. 2021

Brésil: pour un scrutin 2022 à sa main, sans "troisième voie", le narcissisme de Lula

Dictée par la finance et ses médias monopolistiques, une narration plane: "ni Lula, ni Bolsonaro". Pour les confondre et lancer un candidat d'une "3e voie". En réplique, Lula décourage une vingtaine de partis de s'allier et les enjoint à lancer chacun un candidat. Après avoir muselé l'axe progressiste, n'accepte-t-il que Jair B. comme véritable adversaire ? Assimile-t-il la démocratie à un ring ?

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Le mercredi 29 septembre 2021, l'ex-PR Lula a donné un entretien à Andersen Navarro, de la Rádio Capital FM Cuiabá, sise dans l'Etat du Mato Grosso.
Extrait.

Le 29/9/21, depuis son domicile, l'ex-PR Lula répond aux journalistes et auditeurs, sur l'antenne de Rádio Capital FM Cuiabá, qui est dans l'Etat du Mato Grosso. © RÁDIO CAPITAL FM


(Rádio Capital FM) - Il y a la construction d'un récit de "ni Lula ni Bolsonaro", dans une tentative de les rendre similaires. En opposition à ce "ni, ni", quelle est la principale distinction que les Brésiliens doivent, selon vous, faire entre Lula et Bolsonaro ?

Lula - Tu sais ce qui se passe ? Il serait plus prudent que les partis politiques lancent des candidats à la présidence, présentent un programme pour le Brésil, un projet de politique de développement industriel, une proposition pour mettre fin à la faim, au chômage dans ce pays, au lieu de dire "ni untel ni untel". Toujours la même musique.
Ils ont essayé [l'animateur de télévision] Huck, maintenant ils essaient [le présentateur de programmes relatant les violences] Datena et c'est comme s'ils passaient un examen pour trouver un candidat...  Alors que tout pourrait être résolu de manière simple.
Toujours la même musique. Et qui défend cette musique ? La TV Globo défend cette musique, la TV Record, la TV SBT, la TV Bandeirantes, le quotidien O Estado de São Paulo, le quotidien Folha de São Paulo, l'hebdomadaire Veja. C'est-à-dire qu'il me semble que pour la première fois dans l'histoire du pays, la presse se cherche un candidat.
Évidemment, le peuple n'est pas obligé de vouloir Lula, Bolsonaro, Ciro Gomes ou qui que ce soit. Le peuple doit avoir le droit de choisir. Ensuite, c'est aux partis politiques de lancer des candidats. Laissons le peuple se rendre librement aux urnes et choisir qui sera le futur président du Brésil. C'est ainsi qu'il faut procéder, et ne pas rester à l'extérieur à se plaindre qu'ils ne jouent que les deux.
Quand le PT et le PSDB se battaient, vous vous souvenez ? Ils ont dit qu'ils devaient mettre fin à la polarisation, mais ils se sont retrouvés avec le PSDB, parce que le PT continue dans la polarisation parce que le PT est le parti politique le plus important dans ce pays. Pas étonnant que le PT ait été deuxième en 1989, deuxième en 1994, deuxième en 1998, 2002, premier en 2006, premier en 2010, premier en 2014 et deuxième en 2018 avec Lula en prison. Je pense que les gens doivent comprendre : renforcez vos partis, faites connaître vos partis. Faites des programmes pour le peuple de Cuiabá, pour le peuple du Mato Grosso, pour le Brésil et allons à la dispute électorale, pour que nous puissions consolider la politique, les partis et la démocratie.

Le pré-candidat du PDT, Ciro Gomes, a émis des critiques sévères à l'encontre du PT et de vous-même. Pensez-vous que ces attaques ont atteint le point où il ne peut y avoir d'accord futur ?

Lula - C'est une honte que Ciro se comporte de cette façon. Ciro était un ministre, [Carlos] Lupi était un ministre, le PDT était à l'intérieur du gouvernement, nous avons une relation de très grande amitié. Ciro a été candidat d'autres fois (2002 et 2018), c'est-à-dire avant aussi, et il n'a jamais porté d'accusations au PT. C'est un comportement qui conduit Ciro à l'isolement. Je ne sais pas à qui il essaie de faire plaisir en ce moment, s'il cherche les éventuels votes que Bolsonaro va perdre. Mais c'est son problème. En politique, on récolte ce que l'on plante.

Je pense que Ciro agit mal de mon point de vue, mais il pense qu'il doit " frapper " et c'est compréhensible pour la raison suivante : les opposants au " ni, ni " ont l'idée que Bolsonaro est mort, chose que je ne crois pas car qui est à la présidence n'est jamais mort en politique, il peut se relever car il a le stylo et peut faire beaucoup de choses. Ils partent donc du principe que si nous ne frappons que Bolsonaro, Lula pourrait gagner au premier tour, et qu'il faut donc frapper beaucoup Lula aussi. C'est la logique. Je suis donc préparé à cela.

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