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Billet de blog 9 juin 2023

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«Les Amérindiens dépossédés de leur terre par le soja gaveur de cochons européens»

Dans un dialogue avec le philosophe Baptiste Morizot (1983), spécialiste des pensées du vivant, publié par un quotidien français du soir, le 9 juin, l'ethnologue Philippe Descola (1949) perçoit une «chaîne criminelle» et, en face, des «"géoclasses" pour ces solidarités embryonnaires ou à construire entre humains et autres qu’humains, soumis à un même régime de domination». Extrait du propos de PD.

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Philippe Descola : Il me semble qu’une véritable cosmopolitique pourrait commencer par le tissage de solidarités entre des agents humains et autres qu’humains soumis à un même régime de domination. Le cas des motifs et des conséquences de la déforestation de l’Amazonie est, à cet égard, exemplaire. Rappelons d’abord que cette forêt est, en grande partie, anthropogénique, c’est-à-dire que sa composition floristique est le produit des façons culturales et des techniques d’agroforesterie que les Amérindiens ont développées au cours des millénaires. Sa destruction par l’agrobusiness pour y substituer des cultures de soja est donc un crime à la fois contre les populations autochtones, contre l’humanité et contre les milieux de vie.
La chaîne criminelle peut toutefois être mieux particularisée : elle lie comme victimes les Amérindiens du Brésil dépossédés de leur terre au profit de la culture intensive du soja dont on gave les cochons européens, élevés dans des conditions indignes, avec les milieux de vie détruits à la fois par cette monoculture et par l’élevage industriel. On peut parler de « géoclasses » pour ces solidarités embryonnaires ou à construire entre humains et autres qu’humains qui unissent en réseaux les employés des élevages porcins et des abattoirs, les Amérindiens spoliés, les ouvriers agricoles de l’agrobusiness brésilien, les cochons et les tourbières de Bretagne, les écosystèmes amazoniens détruits par le défrichement, les espèces affectées par l’usage massif des herbicides et des intrants dans la culture du soja, ainsi que les organismes perturbés par la prolifération des algues vertes sur le littoral.
 
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https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/06/09/philippe-descola-et-baptiste-morizot-face-aux-bouleversements-ecologiques-il-est-temps-de-bifurquer-et-d-amenager-le-monde-pour-la-vie_6176849_3232.html
 

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