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Billet de blog 10 août 2022

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Brésil : Vladimir Safatle lance sa candidature à député fédéral

" L'une des pires conséquences du fascisme est d'atrophier notre imagination politique. Le résultat est de nous faire ne plus croire que nous pouvons créer une autre société ". C'est par ces mots que le philosophe a lancé sa campagne électorale, le 9 juillet à São Paulo, dans un lieu symbolique, un immeuble vide occupé par une centaine de familles depuis cinq ans.

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L'ancien bâtiment de l'Institut national de la sécurité sociale (INSS), d'où s'est exprimé le candidat du parti PSOL, est situé sur l'avenue du 9 juillet, dans le quartier de Bela Vista. Il abrite désormais 124 familles, réparties sur 14 étages. L'espace où vivent, en août 2022, environ 500 personnes comprend un magasin, une menuiserie, une cuisine collective et une cafétéria, un salon, une bibliothèque et une ludothèque, une galerie d'art, une cour, un jardin communautaire et un parking. Pendant plus de vingt ans, il est resté vide et dégradé jusqu'à ce qu'il soit occupé en 1997. Après des procédures de reprise et des expulsions, il a été de nouveau occupé en 2016 par le Mouvement des sans-abri du Centre (MSTC, fondé en 2001) et a été baptisé " Ocupação 9 de Julho ".

Vladimir Safatle : " Notre type de lutte est une lutte où nous allons dire très clairement ce que nous voulons et ce que nous ne voulons plus. Nous allons rappeler que dans le monde entier il y a des batailles, aujourd'hui, pour des transformations structurelles de la société, de l'État, de la culture, de l'économie, et il n'y aura aucune raison que ces batailles ne soient disputées aussi, ici, au Brésil. Nos voisins sont en train de discuter de l'État paritaire, par exemple, c'est-à-dire un État où toutes les instances décisionnaires sont organisées de forme paritaire : parlement, Cour suprême, organisme de décisions de justice, conseils délibératifs d'organismes publics. Pourquoi ? Pour que nous puissions vraiment changer l'exercice du pouvoir. Nos voisins sont en train de discuter le dépassement de l'État-nation, un État marqué par l'oppression coloniale, par la répétition de la violence, dont nous savons bien qu'elle est insupportable dans notre quotidien. Un État-prédateur pour une parcelle significative de la population : un État de extermination, de disparition et de mort. (...) Nous avons passé treize ans avec un gouvernement qui était constitué basiquement par des syndicalistes et jusqu'à aujourd'hui, août 2022, nous avons 44 heures de travail hebdomadaire pour la population. Quelque chose d'insupportable, d'intolérable. Il y a des pays qui ont des semaines de 35 heures sans réduction de salaire. Pourquoi nous ne discutons pas de cela en ce moment ? (...) Je pourrai continuer ainsi longtemps la liste de tous les sujets qui ont été expulsés de notre débat, à gauche. (...) Nous, au PSOL, nous voulons entrer dans cette bataille pour que nous puissions obliger les gens à discuter tout ce qu'ils ont tenté, de toutes leurs forces, à retirer de notre horizon. C'est notre objectif. (...) Il n'a jamais existé de démocratie au Brésil. Ou plutôt a existé, oui, mais une démocratie géographiquement organisée. Si vous allez à dix minutes du quartier d'ici, des bons quartiers tels Pinheiros, Perdizes, Higienópolis, personne n'a jamais entendu parler de démocratie. A 10 kilomètres d'ici, personne ne te garantit que vous n'allez pas avoir une police qui va entrer chez vous sans mandat, qui peut opérer de la manière qu'elle souhaite, qui peut utiliser la violence qu'elle trouve qu'elle peut utiliser, créant une situation d'extrême vulnérabilité, qui est absolument le contraire de n'importe quelle garantie minimale d'intégrité, qui est un processus qu'une société démocratique espère. Si cette structure démocratique existait, Bolsonaro n'existerait pas. Si elle avait existé, cette société démocratique, elle aurait fonctionné pour éviter qu'une personne tente de la transformer en société milicienne. Aujourd'hui 30 % de la population est aux côtés de Bolsonaro et ne va pas cesser d'y être. Ce que ces gens veulent, c'est une société basée sur la préservation et la perpétuation des structures de ségrégation qui constituent l'histoire du Brésil. (...) Nous avons besoin d'une refondation de l'État brésilien. Au PSOL, dans cette campagne électorale 2022, nous avons rédigé un Manifeste avec des axes de combat avec l'idée que la fonction du mandat de député est de "combat", de "changer les limites du possible. (...) Donnons à ce pays Brésil le visage d'une société égalitaire, juste, d'une société qui soit capable de ne pas détruire les personnes qui font partie d'elle. "

https://www.youtube.com/watch?v=G22h8wzLe0A&t=6s

Vladimir, le 9/8/22 lors de son allocution d'une quinzaine de minutes. © Vladimir Safatle - Candidato - Deputado Federal

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