Brésil: Cour suprême et Tribunal suprême, fossoyeurs du procès Flávio Bolsonaro ?

Gilmar Mendes, de la Cour suprême (STF), rapporteur du dossier Flávio Bolsonaro, a annoncé qu'il n'avait fixé de date pour l'analyse du procès du fils Bolsonaro. Tandis que Felix Fischer, du Tribunal suprême (STJ) - dont le président Humberto Martins, vu comme non-opposant à Jair Bolsonaro, a prêté serment le 27/8 - a ôté le 15/9 de l'ordre du jour l'appel demandé par la défense du sénateur.

Flávio Bolsonaro, sénateur élu en 2018 avec 4,3 millions de votes. © DR Flávio Bolsonaro, sénateur élu en 2018 avec 4,3 millions de votes. © DR
Depuis plus de deux ans, Flávio Bolsonaro, fils aîné du président Bolsonaro et sénateur, fait l'objet d'une tentaculaire enquête policière, puis judiciaire, pour être soupçonné de diriger une organisation criminelle qui détournait grande part des salaires de son personnel de bureau - des dizaines d'assistants parlementaires - lorsqu'il était député, de 2003 à 2018, à l'Assemblée législative de Rio de Janeiro. Une pratique connue sous le nom de « rachadinha ». Son homme de main et ex-assistant parlementaire Fabrício Queiroz, ex-policier militaire et ami de Jair Bolsonaro depuis quarante ans ou presque, est écroué depuis plusieurs mois.
La suspicion est que l'architecture criminalo-financière montée par Flávio Bolsonaro avait comme triple finalité le blanchiment en achetant de l'immobilier pour lui, dont les enregistrements des prix étaient sous-évalués, puis du foncier dans des zones contrôlées par la milice - dont Fabrício Queiroz était le go-betweenet des mouvements de retraits d'espèces via la comptabilité d'un magasin de chocolats dans un centre commercial huppé de Rio de Janeiro.
Depuis 2019, én tant que sénateur, Flávio Bolsonaro répond, par sa nouvelle fonction, seulement devant la Cour Suprême. Alors que les délits dont il est soupçonné relèvent de la compétence du tribunal de seconde instance de l'Etat de Rio de Janeiro.
L'instance spéciale (« foro especial »concédée au sénateur Flávio Bolsonaro, que le tribunal de Rio de Janeiro (TJ-RJ) a lui-même reconnu comme « sans précédent », dure depuis quatre-vingt jours, sans s'être terminée par un jugement de la Cour suprême (STF).
Choisi le 30 juin 2020 comme rapporteur du procès, le ministre Gilmar Mendes a fait savoir à ses interlocuteurs, durant la deuxième semaine de septembre 2020, qu'il adressera cette discussion au deuxième collège de la Cour suprême (STF), mais n'a pas encore fixé de date pour l'analyse de cette affaire.
Pendant ce temps, la défense du sénateur s'efforce de convaincre les membres du STF de revoir la jurisprudence de la restriction de l'instance spéciale , et le président Jair Bolsonaro entretient de bonnes relations et évite toute dispute avec le ministre Gilmar Mendes.
En privé, une partie des onze ministres du STF montre de la sympathie pour la thèse qui peut profiter à Flávio Bolsonaro et rappelle que le tribunal a déjà pris une décision similaire à la demande du parlementaire.

Par ailleurs, le « bolsonarista » João Otávio de Noronha, ex-président (29-8-18/27-8-20) du Tribunal suprême (STJ), qui vient à peine de quitter son poste, va reprendre le poste du ministre Jorge Mussi, nouveau vice-président du STJ, et sera chargé de juger les affaires pénales, y compris celles liées à ... Flávio Bolsonaro.

Une immense nasse montée par le néofasciste Jair Bolsonaro, enserre désormais d'une main de fer toutes les instances judiciaires et constitutionnelles du pays.

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https://g1.globo.com/politica/noticia/2020/09/15/stj-adia-julgamento-de-recurso-de-flavio-bolsonaro-para-paralisar-investigacao-de-rachadinhas.ghtml


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