Brésil: soja d'Amazonie, le dos à dos pathétique de Macron et Bolsonaro

Emmanuel Macron a déclaré le 12/1 que «continuer à dépendre du soja brésilien serait être de connivence avec la déforestation de l'Amazonie». Auquel Bolsonaro a répondu le 15/1: «Monsieur Macron ne connaît rien à la production de soja au Brésil (..) La production agricole en Amazonie est infime». Les deux présidents, pathétiques, sont renvoyés dos à dos par le renommé scientifique Raoni Rajão.
  1. La production nationale de soja du Brésil en 2019 a été de 114 millions de tonnes. Dont 28 millions issues du biome de l'Amazonie. Et 40 millions de tonnes si l'on se réfère à l'ensemble nommé "Amazonie légale" (5,2 millions km2, soit 61 % du pays), qui inclut le cerrado (savane) des trois Etats du Tocantins, du Maranhão et du Mato Grosso. Soit un maximum de 35 % de la production totale de soja issue de l'Amazonie, dans sa géographie la plus étendue.

Raoni Rajão est professeur (PhD) de gestion environnementale à l'Université fédérale du Minas Gerais (UFMG). Avec des années de recherche sur la déforestation et l'agro-industrie au Brésil et en Europe, M. Rajão est l'un des auteurs de l'étude « Les pommes pourries de l'agro-industrie brésilienne » (PDF, 73 pages) publiée en juillet 2020 dans la revue Science.
L'étude souligne qu'un cinquième des exportations de soja de l'Amazonie et du cerrado vers l'Union européenne ont été attribuées à des zones de déforestation illégale, dont beaucoup ont été déboisées avant la plantation. Mais il réitère que ce type de situation provient d'une minorité : seuls 2 % des exploitations sont responsables de plus de 60 % de la déforestation illégale.
Au total, les ventes de produits agricoles brésiliens au bloc européen ont totalisé 16 milliards de dollars américains en 2019.
 
 
Traduction manuelle d'un entretien du professeur Raoni Rajão publié le 15 janvier 2021 sur le site (pour abonnés) de l'hebdomadaire conservateur Exame (lire le texte original ci-après)


EXAME : Cette semaine, Macron a déclaré que l'achat de soja brésilien était compatible avec la déforestation en Amazonie. Les producteurs et le gouvernement brésilien, en revanche, soutiennent qu'il s'agit, plus que d'une stratégie environnementale, d'un choix protectionniste. Qui a raison ?
Nous devons d'abord réfléchir d'où vient Emmanuel Macron. Il y a une raison très spécifique pour laquelle l'accord de l'Union européenne avec le Mercosur a été clôturé en 2019, après plus de deux décennies bloqué. L'Allemagne a toujours voulu cet accord, car elle fait d'énormes investissements dans l'industrie en Amérique latine. La France a toujours été le plus gros obstacle, en raison de la pression de l'agro-industrie locale. Mais Macron n'était pas contre l'accord : il a été élu avec un agenda plus progressiste que celui d'alors et qui plaisait à une partie de la gauche, mais aussi à la droite avec des réformes, y compris dans le libre-échange. Macron était le petit coup de pouce qui manquait, si bien que l'accord avec le Mercosur a été rédigé.
Mais il devient de plus en plus toxique de défendre un programme commercial international avec le Brésil. La chancelière allemande Merkel elle-même, qui a défendu l'accord, a dû changer de position à la fin, sinon elle allait perdre les élections.
Imaginez le consommateur européen, mangeant son poulet, sa viande brésilienne pour le dîner et regardant des images de l'Amazonie en feu à la télévision ? C'est très impopulaire. Il y a eu aussi une série d'offenses diplomatiques, un diplomate français non reçu, l'un traitant la femme de l'autre de "laide". Tout cela a rendu Macron plus agressif envers le Brésil.

Un argument du gouvernement brésilien est que des pays comme la France ont déjà détruit leurs forêts et n'ont donc pas le droit de critiquer le Brésil sur le front environnemental.
Le Brésil critique souvent d'autres pays avec des informations factuellement incorrectes. La France a doublé sa superficie forestière, elle compte aujourd'hui plus de forêts que l'État de São Paulo. Ils connaissent leur histoire, ils savent que la gestion environnementale était un problème, mais qu'elle a commencé à être prise plus au sérieux depuis Napoléon, quand ils ont réalisé que le bois manquait.
Même chose en Angleterre, en Allemagne. Aux États-Unis, lorsque les Européens sont arrivés là-bas, il y avait 40 % de forêt. Aujourd'hui il y en a 30 %, 35 %. Ainsi, en pourcentage, les États-Unis d'Amérique ont encore plus de forêt originale que le Brésil, puisque 80 % de notre forêt atlantique a déjà été dévastée. Nous sommes dans un jeu d'accusations insensées qui n'aident pas pour le commerce international.

Si l'image du Brésil nuit à l'économie, pourquoi pensez-vous que ce type de rhétorique continue? Quels sont les avantages, d'autre part ?
Ce qui rend difficile une position plus forte, c'est que l'agronégoce brésilien n'a jamais autant gagné d'argent. Ainsi, vous pouvez avoir cette vision déformée de qui regarde aujourd'hui, maintenant, cette récolte. La vision à court terme est la suivante: il y a des plaintes, mais les ventes ont augmenté, cela signifie donc que Macron, Merkel, les acheteurs internationaux, n'ont aucun effet, que le monde a besoin du Brésil ou bien il mourra de faim. Mais c'est une très mauvaise lecture. Ce qui a augmenté les exportations brésiliennes ces dernières années était avant tout dû au contexte.


Pourquoi la lecture est-elle erronée ? Alors que le Brésil était en récession en 2020, le PIB de l'agro-industrie brésilienne a progressé. Ne serait-ce pas une tentative d'autres pays d'arrêter la croissance du Brésil ?
Premièrement, il y avait la grippe porcine en Chine, 40 % de leurs troupeaux de porcs abattus, et pour le remplacer, ils ont dû acheter des produits brésiliens. Deuxièmement, la guerre commerciale sino-américaine : pour répondre à Donal Trump, la Chine a relevé le tarif douanier sur le type de soja produit aux USA, ce qui a profité au Brésil. Et nous avons eu la crise alimentaire gérée par la Covid-19, qui a amené les pays à anticiper de nombreux achats en 2020. Enfin, les producteurs ont acheté avec un dollar bas et vendu avec un dollar élevé l'année dernière. Mais en 2021, ce ne sera plus si facile.
La récolte qui sera cueillie en février, mars 2021, est déjà achetée avec un dollar plus élevé, et les bénéfices seront donc inférieurs. Et si les États-Unis et la Chine concluent un accord sur le soja ? Le Brésil aura plus que jamais besoin du marché européen. Considérer que l'un des principaux partenaires commerciaux n'est pas nécessaire est une vision à court terme. Dans la guerre commerciale avec la Chine, les Etats-Unis d'Amérique ont donné des dizaines de milliards de dollars à leur secteur agroindustriel pour se maintenir. Le Brésil va faire pareil ? Donner 16 milliards de dollars aux agroindustriels brésiliens ?


Expliquez un peu votre étude. Comment les chercheurs ont-ils atteint le pourcentage des exportations de soja provenant de la déforestation illégale ?
La question de savoir si le soja est lié à la déforestation est devenue plus courante, mais personne n'avait encore présenté de réponse raisonnable : d'une part, ils suggèrent que la production brésilienne est entièrement liée à la déforestation et de l'autre, les réponses disent qu'il n'y a pas du tout de déforestation. Ni l'un ni l'autre n'est vrai.
Dans notre étude, nous sommes partis du cadastre environnemental rural [Cadastro Ambiental Rural] de l'Amazonie et du cerrado, puis nous avons analysé un million de propriétés individuellement. Et dans chacun d'eux nous appliquons la règle du code forestier. Si cette propriété a été déboisée d'une manière potentiellement illégale, le soja produit est également potentiellement illégal - ce qui est une compréhension du ministère public. Ainsi, lors du croisement avec les données d'exportation vers l'Union européenne, nous avons constaté que 20 % de la production de soja dans le cerrado et en Amazonie exportée vers le bloc provenait de la déforestation illégale.


Un argument utilisé par certains politiciens après le commentaire du président Macron était que le soja n'est pas planté en Amazonie. L'étude soutient-elle cette théorie ?
Dans ces propriétés de l'étude, nous avons 400.000 hectares déboisés au cours des dix dernières années. Rien qu'en 2020, 1 million d'hectares ont été déboisés. En d'autres termes, les producteurs de soja ne sont pas les principaux responsables de la déforestation, qui comprend d'autres facteurs. Mais cela ne signifie pas qu'il n'y a pas de relation avec le soja. Vous voyez, le soja a commencé dans la Pampa [Etat du Rio Grande do Sul, principalement], mais aujourd'hui, plus de soja est produit en Amazonie que dans la Pampa. Quand un leadership politique dit que la production de soja en Amazonie est infime, alors 15 % est-il un pourcentage infime ?


Outre le gouvernement, que pourraient faire les entreprises du secteur agricole pour atténuer la mauvaise image du Brésil ?
Historiquement, la plupart des services de gestion environnementale des entreprises sont soit dans le domaine du marketing, soit dans le domaine juridique. La gestion environnementale est rare à proximité du cœur de métier, mais elle doit être prise au sérieux, car les impacts sont à long terme. Inutile de dire qu'il est contre la déforestation et, par la suite, les principales associations du secteur achètent une annonce pleine page dans le quotidien Estado de São Paulo en soutien à Ricardo Salles [ministre de l'Environnement]. Le double jeu ne fonctionne pas.
Nous ne parlons pas seulement de l’environnement lui-même, mais de la perte de compétitivité du Brésil à long terme. Nous parlons du fait que le Brésil ne peut pas avoir deux récoltes par an en raison de la déforestation. Si votre avantage n'est que le faible coût, mais que votre produit nuit à la réputation des acheteurs, ils chercheront une alternative. De plus en plus, la qualité signifie avoir une chaîne transparente.


La transparence, que vous avez mentionnée, est-elle l'un des fronts qui devrait être le plus amélioré par le secteur ?
Les attitudes ne sont pas adoptées aussi vite qu'elles devraient l'être. Qui dans l'industrie aujourd'hui a, de fait, rendu sa chaîne transparente ? Le problème principal est que nous avons une minorité de producteurs qui déboisent : seulement 2 % des exploitations sont responsables de plus de 60 % de la déforestation illégale. Ce sont les « pommes pourries ». Mais il y a le silence complaisant des bons producteurs, qui n'ont pas déboisé, qui n'ont pas de questions en suspens, mais qui, à cause d'une rhétorique facile - que nous sommes déjà les meilleurs au monde -, n'agissent pas.
Quiconque déforeste en Amazonie veut faire de la production agricole à très faible rentabilité. Ce n'est pas ce qui augmente le PIB agricole. Cela augmente la disponibilité des terres, qui jusque-là étaient publiques, mais uniquement. Ils ne devraient pas être antagonistes : le moment où la déforestation a le plus baissé en Amazonie a également été l'un des moments où le PIB brésilien a le plus augmenté.



 

 

EXAME – Nesta semana, Macron disse que comprar soja brasileira é compactuar com o desmatamento da Amazônia. Já os produtores e o governo brasileiro argumentam que essa é, mais do que ambiental, uma estratégia protecionista. Quem está certo?
Precisamos primeiro pensar de onde o Macron veio. Existe um motivo muito específico pelo qual o acordo da União Europeia com o Mercosul foi fechado em 2019, após mais de duas décadas sem andar. A Alemanha sempre quis o acordo, porque faz vultuosos investimentos em indústria na América Latina. A França historicamente é o maior obstáculo, pela pressão do agronegócio local. Mas o Macron não era contra o acordo: foi eleito com uma agenda mais progressista nos costumes que agradou parte da esquerda, mas também agradou a direita com reformas, inclusive de livre comércio. O Macron era o empurrãozinho que faltava, tanto que o acordo com o Mercosul saiu do papel.
Mas está se tornando cada vez mais tóxico defender uma agenda de comércio internacional com o Brasil. A própria Merkel [chanceler da Alemanha], que defendeu o acordo, no fim teve de mudar de posição, ou ia perder as eleições.
Imagine o consumidor europeu, comendo seu frango, sua carne brasileira no jantar, e vendo na televisão imagens da Amazônia em chamas? É muito impopular. Houve ainda uma série de ofensas diplomáticas, diplomata francês não recebido, um chamando a mulher do outro de feia. Isso tudo fez com que o Macron se tornasse mais agressivo com relação ao Brasil.

Um argumento do governo brasileiro é que países como a França já destruíram suas florestas e, portanto, não têm direito de criticar o Brasil na frente ambiental.
Muitas vezes o Brasil critica outros países com informações factualmente erradas. A França dobrou sua área de floresta, hoje tem mais floresta do que o estado de São Paulo. Eles sabem a história deles, sabem que a gestão ambiental foi um problema, mas que começou a ser levada mais a sério desde Napoleão, quando perceberam que estavam faltando madeira. Mesma coisa na Inglaterra, na Alemanha. Nos EUA, quando os europeus chegaram lá, tinha 40% de floresta, hoje tem 30%, 35%. Então, percentualmente, os EUA têm até mais floresta original do que o Brasil, já que 80% da nossa Mata Atlântica já foi devastada. Ficamos em um jogo de acusações sem sentido que não ajuda no comércio internacional.

Se a imagem do Brasil prejudica a economia, por que o senhor avalia que esse tipo de retórica continua? Quais são as vantagens, por outro lado ?
O que dificulta uma posição mais forte é que nunca o agro brasileiro ganhou tanto. Então, pode-se ter essa visão distorcida de quem está olhando o hoje, o agora, esta safra. A visão de curto prazo é: tem reclamação, mas as vendas aumentaram, então quer dizer que o Macron, a Merkel, os compradores internacionais, não surtem efeito, que o mundo precisa do Brasil ou vai morrer de fome. Mas isso é uma leitura muito errada. O que fez aumentar as exportações brasileiras nos últimos anos foi, além de tudo, um cenário muito contextual.

Por que a leitura é errada? Enquanto o Brasil esteve em recessão em 2020, o PIB do agronegócio brasileiro avançou. Não seria uma tentativa de outros países em parar o crescimento do Brasil ?
Primeiro, houve gripe suína na China, 40% do rebanho suíno deles abatido, e para substituir, tiveram de comprar produtos brasileiros. Segundo, a guerra comercial China-EUA: para responder ao Trump [presidente americano], a China aumentou a tarifa no tipo de soja produzida nos EUA, o que beneficiou o Brasil. E tivemos a própria crise alimentar gerada pela covid-19, que fez com que os países antecipassem muitas compras em 2020. Por fim, os produtores compraram com dólar baixo e venderam com dólar alto no ano passado. Mas em 2021, isso não será mais tão fácil. A safra que vai colher em fevereiro, março, já comprou com dólar mais alto, os lucros serão menores. E se EUA e China fizerem um acordo sobre a soja ? O Brasil precisará mais do que nunca do mercado europeu. Considerar que um dos maiores parceiros comerciais é desnecessário é uma visão de curto prazo.

Explique um pouco sobre o seu estudo. Como os pesquisadores conseguiram chegar ao percentual de exportações de soja que vêm de desmatamento ilegal ?
A pergunta sobre se a soja está ligada ao desmatamento tem se tornado mais comum, mas ninguém tinha apresentado ainda uma resposta razoável: de um lado, sugerem que a produção brasileira está toda ligada ao desmatamento; do outro, respostas dizem que não há desmatamento algum. Nenhuma das duas coisas é verdade.
No estudo partimos do Cadastro Ambiental Rural na Amazônia e no Cerrado, então analisamos 1 milhão de imóveis individualmente. E em cada um aplicamos a regra do Código Florestal. Se aquele imóvel desmatou de maneira potencialmente ilegal, a soja produzida também é potencialmente ilegal — o que é um entendimento do Ministério Público. Assim, ao cruzar com dados de exportação para a União Europeia, constatamos que 20% da produção de soja no Cerrado e na Amazônia exportados para o bloco tiveram origem em desmatamento ilegal.

Um argumento usado por alguns políticos após o comentário do presidente Macron foi que a soja não é plantada na Amazônia. O estudo corrobora essa teoria ?
Nesses imóveis do estudo, temos 400.000 hectares desmatados nos últimos dez anos. Só em 2020, foram desmatados 1 milhão de hectares. Ou seja, os sojicultores não são os principais responsáveis pelo desmatamento, que inclui outros fatores. Mas não significa que não há relação com a soja. Veja, a soja começou nos Pampas [no Sul], mas hoje já se produz mais soja na Amazônia do que nos Pampas. Quando uma liderança política diz que a produção de soja na Amazônia é ínfima, então 15% é ínfimo?

Para além do governo, o que as empresas do setor agropecuário poderiam fazer para amenizar a imagem ruim do Brasil ?
Historicamente, a maior parte dos departamentos de gestão ambiental nas empresas estão ou no marketing ou na parte jurídica. É raro gestão ambiental perto do core business, mas é preciso que isso seja levado a sério, porque os impactos são de longo prazo. Não adianta dizer que é contra o desmatamento e, depois, as principais associações do setor comprarem um anúncio de página inteira no Estado de S.Paulo em apoio ao Ricardo Salles [ministro do Meio Ambiente]. O jogo duplo não funciona.
Estamos aqui não falando só do meio-ambiente em si, mas de perda de competitividade do Brasil no longo prazo. Estamos falando de o Brasil não conseguir ter duas safras por ano por efeito do desmatamento. Se a sua vantagem é só o custo baixo, mas seu produto atrapalha a reputação dos compradores, eles vão procurar uma alternativa. Cada vez mais, qualidade é ter cadeia transparente.

A transparência, que o senhor mencionou, é uma das frentes que mais devem ser aprimoradas pelo setor?
As atitudes não estão sendo tomadas na velocidade com que deveriam. Quem hoje da indústria de fato tornou sua cadeia transparente? O principal problema é que temos uma minoria de produtores que desmatam: só 2% das fazendas são responsáveis por mais de 60% do desmatamento ilegal. São as “maçãs podres”. Mas há o silêncio complacente dos bons produtores, que não desmataram, que não têm pendências, mas que por causa de uma retórica fácil — de que já somos os melhores do mundo —, não tomam as atitudes.
Quem está desmatando na Amazônia quer fazer agropecuária de rentabilidade baixíssima. Não é isso que aumenta o PIB agrícola. Aumenta a disponibilidade de terra que até então era pública, mas só. Não deveriam ser coisas antagônicas: o momento em que o desmatamento mais caiu na Amazônia foi também um dos momentos em que o PIB brasileiro mais subiu.

 

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