Brésil : Milicien, le policier militaire oncle de Michelle Bolsonaro ?

Les citoyens dignes de ce nom qui vivent sur le territoire brésilien depuis 2019 perçoivent nettement que le gouvernement est militaire et en rien civil. Par ailleurs, de possibles pratiques suspectées d'être miliciennes semblent voisiner avec un certain cercle privé proche du pouvoir exécutif. L'atmosphère devient irrespirable.

Le 12 avril 2021, sept officiers de la police militaire du Distrito Federal (DF) - un des 27 Etats - ont été condamnés pour le crime d'organisation criminelle, prévu par la loi 12.850/2013, par la juge de la Chambre d'audit militaire du DF. Jorge Alves dos Santos, Agnaldo Figueiredo de Assis, Francisco Carlos da Silva Cardoso, José Deli Pereira da Gama, Paulo Henrique da Silva, Jair Dias Pereira et João Batista Firmo Ferreira.  Ce dernier, premier-sergent de la police militaire, est le frère de la mère  - Maria Aparecida Firmo Ferreira - de Michelle Bolsonaro, épouse du président de la République Jair Bolsonaro.

Selon le procès intenté par le ministère public du DF et territoires (MPDFT), entre mai et août 2015 les accusés ont été associés dans le but d'obtenir des avantages par la pratique d'infractions pénales, notamment les crimes de subdivision ou de démembrement de sol qualifié, d'extorsion, d'homicide, toujours liés à la fraude au cadastre, dans la région de la favela Sol Nascente, sur la municipalité de Ceilândia (DF).

Pour la défense, les avocats ont invoqué l'insuffisance de preuves pour la condamnation.

En examinant l'affaire, la magistrate a souligné que la matérialité et la paternité des faits sont solidement prouvées dans le dossier, comme les preuves apportées par le département de la répression du crime organisé (DECO) de la police civile du DF (PCDF), ainsi que par les écoutes téléphoniques autorisées par la justice, par un accord de délation récompensée et par des preuves orales recueillies. " Malgré les dénégations des accusés devant le tribunal, les autres preuves recueillies dans l'instruction de la procédure sont solides et cohérentes et les placent dans une situation de protagonistes d'un comportement criminel", a déclaré la juge.

La décision de justice a aussi relevé que les policiers militaires accusés n'ont absolument pas été en mesure de prouver l'origine des montants crédités sur leurs comptes bancaires, pas plus que les transferts d'argent effectués entre eux.

Donc, il a été démontré l'existence d'une organisation criminelle structurée et caractérisée par la répartition des tâches, dans le but d'obtenir des avantages financiers illicites par la pratique de la fraude au cadastre pour s'accaparer de terrains, entre autres choses, a conclu la juge, en disant que les policiers militaires ont agi ensemble pendant des années dans le DF, en plus de viser l'élimination de criminels concurrents, ce qui caractérise l'intention de maintenir durablement leur organisation criminelle.

La peine prévue pour tous les accusés a été de dix ans et huit mois de prison ferme, initialement. S'ils ne sont pas écroués pour un autre motif, tous ces accusés peuvent faire appel, en liberté.

A été décrétée, également, la perte de leurs postes de travail et l'interdiction de l'exercice de leur poste ou de fonctionnaire, durant huit ans, après l'accomplissement de la peine.

Tous les accusés peuvent aussi faire appel de cette décision.



Les policiers militaires avaient été écroués en mai 2019 dans le cadre de l'opération Horus, menée par la police civile du DF (PCDF). Ces policiers avaient enquête sur les fraudes au cadastre (" grilagem ").

Le 8 avril 2020, João Batista Firmo Ferreira avait été remis en liberté. L'habeas corpus (HC) déposé devant la Cour supérieure de justice (STJ) par ses défenseurs avait été accepté par une des ministres du STJ, madame Laurita Vaz.

En concédant cet habeas corpus, Laurita Vaz a imposé des mesures strictes, comme la comparution régulière devant un juge, l'interdiction d'être en contact avec les autres suspects et la suspension de l'exercice de la profession de policier militaire. Les autres suspects ont également bénéficié du HC.

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Note : Le plus jeune frère de la mère de Michelle Bolsonaro, qui était en fuite après avoir été condamné en 2018 à 14 ans, 4 mois et 24 jours de prison ferme pour viol d'une de ses deux nièces - qui l'avaient précédemment dénoncé - a été capturé et écroué le 11 juillet 2020.
En 2015, le grand-père maternel de Michelle Bolsonaro a été assassiné, officiellement suite à une tentative de vol. Dans les années quatre-vingt dix, la grand-mère maternelle de Michelle B avait été écrouée pour trafic de drogue.

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