Brésil: à l'Assemblée, un éhonté candidat commun gauches-droites contre Bolsonaro

Pour l'élection le 1/2/21 à Brasilia du futur président de l'Assemblée nationale, les gauches (PT, PCdoB) et le centre-gauche (PSB, PDT, Rede) forment une liste commune avec les partis de droite (DEM, PSDB, MDB, Cidadania, PV) et d'extrême droite (PSL) pour présenter un seul candidat, au nom de 281 députés, face à celui soutenu par Bolsonaro. Seul le PSOL ne s'associe à cette ignominie.

Le 18/12, formation d'un Bloc contre le candidat indiqué par Bolsonaro. (2e feuillet) Le 18/12, formation d'un Bloc contre le candidat indiqué par Bolsonaro. (2e feuillet)
Le PSL, parti sous l'étiquette duquel Jair Bolsonaro a été élu président de la république en 2018 aura le même candidat que le PT pour postuler à la présidence de l'assemblée nationale du pays, en février 2021.

Le PSDB, le DEM, le MDB, tous ces partis de droite conservatrice et girouettes des plus offrantes depuis des décennies, qui ont hurlé leur haine du PT dans l'enceinte législative de Brasilia lors de leur massif vote pour la destitution de l'ex-présidente Dilma Rousseff et voté amplement pour Bolsonaro en 2018, ont également signé le document qui les associe aux partis de gauche, centre-gauche et centre-droit pour la désignation d'un seul et même candidat au perchoir, pour un mandat de deux ans, à partir du 1er février 2021.

L'actuel président de la Câmara, résidence forte de 513 députés fédéraux, Rodrigo Maia, qui a toujours voté et soutenu Bolsonaro, et refusé de présenter au procureur général les dizaines de demande d'impeachment de Bolsonaro qu'il recevait et était seul en droit de transmettre, ainsi, a annoncé ce vendredi 18 décembre 2020 la formation d'un bloc de onze partis, pour s'opposer au candidat indiqué par Bolsonaro, le député fédéral Arthur Lira.

Le candidat commun n'a pas encore été défini. Le MDB a proposé Baleia Rossi*. Quant au PT, il a choisi son député fédéral Paulo Pimenta, soldat lulista assumé.

Comment ne pas voir l'ombre tentaculaire du sournois ex-président Lula, 75 ans depuis octobre - qui doit, contre vents et marées, comme la présidente nationale du PT l'a annoncé en novembre, être candidat présidentiel en 2022 - derrière une telle alliance et le choix d'une telle personne ?

L'auto-critique et une ligne claire, au PT, jamais. Corriger ses erreurs, jamais.

Gémir d'autosatisfaction, attribuer la responsabilité des échecs aux autres, telle a été l'atitude du PT, depuis la prison de Lula le 7 avril 2018. Le parti n'a depuis lors jamais cessé de vendre l'illusion d'un lendemain faussement brillant et qui ne vient jamais.

Et choisit en décembre 2020 de s'allier avec ses bourreaux et les monstres en tous genres, qui sont apparus depuis 2016, pour espérer rester, quoi qu'il en coûte, dans la course au pouvoir.

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Premier feuillet de la déclaration commune de ce 18/12, ci-dessous :

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(*) Ajout du samedi 19/12 à 21h41:
Selon le journaliste Joaquim de Carvalho (à partir de la 9e mn, dans la video ci-dessous), du site et canal DCM, " Baleia Rossi est une figure du MDB qui s'est détachée pendant le coup d'Etat constitutionnel contre Dilma Rousseff en 2016. Dès le début, il était avec Michel Temer, car il était le leader à l'assemblée nationale du parti MDB, pour renverser la présidente Rousseff. Baleia Rossi participait de toutes les conspirations, tout en faisant semblant que non. "

Joaquim de Carvalho, le 19/12/20. © DCM

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