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Billet de blog 20 févr. 2022

Brésil: un parti marxiste ouvrier "pourrait agir de concert" avec des bolsonaristas

Le 18/2 dans le principal quotidien du pays est paru l'entretien du président d'un parti marxiste-léniniste, de la cause ouvrière (PCO). Après la célébration de la prise du pouvoir des Talibans, puis la défense de l'accès aux armes pour tous et de la liberté d'expression pour les nazis, Rui Costa Pimenta ne rejette d'éventuelles alliances politiques ponctuelles avec les... bolsonaristas. Extraits.

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© PCO Brasil

Ne doit-il pas y avoir une restriction aux discours de haine ou de désinformation ?
Rui Costa Pimenta : Non, car pour nous un élement essentiel est l'éducation politique du peuple. Il est meilleur d'éduquer, de combattre ouvertement. S'il y avait un parti nazi (*), nous le combattrions publiquement et nous montrerions ce qu'il est, ce qu'il pense.
 
Un autre droit que vous défendez est celui de la possession d'armes. Pourquoi ?
C'est un droit démocratique. Nous prêchons l'idée de révolution, qui serait par les armes.
 
C'est le même argument déjà utilisé par le président Bolsonaro.
Je ne crois pas qu'il défende cela de manière intégrale. Il ne défend pas l'idée que la population dans les favelas soit armée, il la défend seulement pour un secteur de la population. La droite utilise l'expression " citoyen du bien " ("cidadão de bem"), mais ce n'est pas pour tout le peuple.
 
Que pensez-vous des bolsonaristas qui font l'éloge du PCO sur les réseaux sociaux ?
Je pense que c'est naturel, c'est un point d'intersection qui existe. Tout comme il existe des secteurs de droite qui sont nationalistes. Nous le défendons aussi, nous sommes anti-impérialistes. Dans certains cas, nous pourrions agir de concert avec ces secteurs.
 

Il n'y aurait donc pas de problème, alors, sur des points précis ("determinados"), à travailler conjointement avec la droite ?
Il n'y aurait pas de problème, car nous considérons que l'implantation de l'un de ces points sera favorable au peuple brésilien.
 
Vous évoquez l'anti-impérialisme, et le PCO a récemment célébré la victoire des Talibans en Afghanistan. Pourquoi ?
Les USA sont le principal ennemi de la classe mondiale des travailleurs (...) Nous ne partageons pas l'idéologie des Talibans, c'est un groupe religieux, islamique, mais ils ont imposé une importante déroute au gouvernement Biden, qui s'est  presque effondré.
 
  
Les Talibans sont un groupe fondamentaliste, qui persécute les femmes. Cela fait-il sens de célébrer leur victoire ?

Je pense que si. L'Afghanistan connaît une crise humanitaire, 9 millions de personnes sont menacées de famine. Les États-Unis et d'autres pays encouragent un embargo, ils ont confisqué 7 milliards de dollars à l'Afghanistan. Qu'est-ce qui est le pire pour les femmes afghanes : les Talibans, qui ôtent des droits civils, ou bien l'impérialisme qui est prêt à laisser tout le monde mourir de faim ?

© PCO Brasil


 
Comment le PCO va-t-il se positionner dans l'élection présidentielle d'octobre 2022 ?
Nous avons pris la décision de soutenir la candidature de Lula. Nous ne participerons pas à la coalition, car cela impliquerait d'avoir un programme commun avec le PT. Notre soutien est inconditionnel, nous ne demandons rien.
 
Ce soutien se maintient-il même avec Geraldo Alckmin comme candidat à vice-président de la République ?
Nous avons critiqué cette doublure, mais indépendamment de cela, nous allons soutenir Lula. Nous avons trouvé que cette présence ne changera pas radicalement sa campagne électorale.
 

Vous critiquez beaucoup les autres partis de gauche, comme le PSOL, le PT, le PDT. Pourquoi ?
Notre contradiction avec une bonne partie de la gauche est très aiguë. C'est une gauche petite-bourgeoise. Des gens de la classe moyenne qui n'ont pas beaucoup de liens avec la population pauvre. Nous condamnons une politique qui a émergé plus récemment, qui s'appelle l'identitarisme, ou la politique " woke ". Ce n'est pas une politique propre à la population opprimée. Elle sert à diviser les gens.
 
 

(*) Le PCO a publié, le 8 février 2022, divers avis de soutien au blogueur extrêmiste de droite Bruno Aiun, dit "Monark" - une "victime de la persécution autoritaire contre les droits illimités pour tous" selon le PCO - qui avait défendu le droit d'existence d'un parti nazi au Brésil, sur le canal Youtube Flow (3,7 millions d'abonnés) - dont il était co-actionnaire - le 7 février 2022, lors d'une retransmission en direct d'une conversation avec le député fédéral d'extrême droite Kim Kataguiri (parti Podemos, de l'ex-juge Sergio Moro) et la députée fédérale de centre-droit Tabata Amaral (parti PSB). Le propos de Monark a été le suivant :
" La gauche radicale a beaucoup plus d'espace que la droite radicale, à mon sens. Les deux doivent avoir leur place, à mon sens. Je crois que le nazi devrait avoir un parti nazi reconnu par la loi. "
Le 8 février au soir, l'autre actionnaire du canal Flow a démis Bruno Aium de ses fonctions. Le PCO a également, dans un communiqué, rajouté : " Le présentateur Monark est en train d'être persécuté pour avoir présenté une semi-opinion. Le climat policier de censure et d'hystérie soutenu par la gauche identitaire ne libère aucune minorité opprimée. Il ne fait seulement qu'augmenter le pouvoir de répression de l'Etat bourgeois sur tous. "
 
 
 
Rui Costa Pimenta, 64 ans, journaliste, diplômé en journalisme par la faculté privée Cásper Líbero est président du parti de la cause ouvrière (PCO) depuis qu'il l'a co-fondé, en 1996. Il a été quatre fois candidat à une élection présidentielle, en 2002, 2006, 2010 et 2014.
En mai 2021, le parti déclarait avoir 4.210 membres. Aux élections présidentielles de 2014, Rui Costa Pimenta a obtenu 12.324 votes (0,01%).  Au scrutin présidentiel de 2018, le PCO n'avait présenté de candidat et avait choisi de soutenir de " manière critique " le PT.
 
 
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Sources : diverses publications sans paywall.

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