Paris: Miguel Rio Branco, ferveur chromatique

Le plasticien Miguel Rio Branco expose, jusqu'au 6 décembre au « Bal » dans le XVIIIe, une centaine de photographies prises de 1968 à 1992, ravies aux lumières singulières du Mexique, du Nordeste brésilien... Je republie le récit de deux rencontres, chez lui à Araras en 2011 au pied des montagnes de la serra fluminense, puis à Salvador de Bahia...

"Smoking eyes" Photographie de Miguel Rio Branco © Miguel Rio Branco "Smoking eyes" Photographie de Miguel Rio Branco © Miguel Rio Branco

Tout avait commencé comme l’un des plus célèbres films de « Hitch », comme disent les cinéphiles. Sous une forte chaleur, la recommandation, au bout du téléphone qui grésillait, était de prendre un déterminé autobus public, de descendre à un point nommé indiqué par le chauffeur, sur une piste asphaltée à double voie, au milieu de nulle part, de la traverser en courant, puis, là, en contrebas, la consigne était d’attendre… Pas d’avion en vue, heureusement… Une petite voiture, d’un clair azul qui se confondait avec le ciel, silencieuse au milieu de ces majestueuses montagnes du sublime arrière-pays de Petrópolis, dans l’Etat de Rio de Janeiro, venait déjà de surgir. Miguel Rio Branco, l’un des plus grands artistes d’Amérique Latine, en jeans bleu, en ce premier jour de juin, nous ouvrait la porte avant...

« Je me suis remis à peindre, moi qui suis installé ici depuis dix ans », premiers mots de Miguel, à entrer dans l’immense atelier vitré, de la grande maison en bois, aux pieds de vertigineux flancs montagneux boisés. « J’avais commencé à peindre dès quatorze ans, jusqu’à dix-huit, et le dessin m’a sauvé, d’une certaine manière, isolé que j’étais dans deux internats en Suisse ». Là, autour de nous, sur des tables, ou bien suspendus, épars, mais d’un fatras très savemment organisé, ce sont les traces et les éléments de plus de trente ans de créations qui chatouillent immédiatement notre mémoire visuelle: rouges gants de boxe, projecteurs d’un temps passé, maquettes en cartoline d’espaces à vivre, lanterne de vitraux comme sortie d’un conte de Jules Verne, une moviola, un berimbau, des dessins, des centaines de petits pots de teintes et de poudres de minerais juchés sur des étagères, sculpture hélicoïdale d’un ami, des collages, des colliers de toutes sortes, des masques africains, quelques petites photos en noir et blanc et d’autres plus grandes, encadrées et posées à même le sol, des calebasses, des haltères, une chambre photographique en bois repliée, des dizaines de photos en couleur, gigantesques, imprimées sur des étendards carnavalesques… Au centre, comme un ring, mais suspendu au faîte par deux cordes simples: un chassis, vierge. À son aplomb, sur le sol, comme pour marquer l’espace frontalier de création du peintre, un rectangle peint. Comme un halo, dans une salle de boxe. Rouge carmin.

Au "Bal" (Paris), du 16/9 au 6/12/20 © DR Au "Bal" (Paris), du 16/9 au 6/12/20 © DR
« Tu vois, je vis dorénavant ici car dans les villes, rien ne m’enthousiasme. Et les gens des villes qui n’ont pas de rapport avec l’art ne sont pas très intéressants. Et je déteste les foules, alors… » Miguel s’anime pour parler du musée d’Inhotim, près d’Ouro Preto. « Bernardo Paz, que je connais depuis sept ans, et qui a construit un bâtiment1 avec mes œuvres, est un collectionneur qui cherche, qui est un peu obsédé dans le bon sens, qui a connu Burle Marx, et son musée, ce sont des idées à lui. Bien qu’il exporte du fer, comme industriel, il vit sur le site du musée. Cinq cents personnes travaillent là-bas, il est engagé vraiment dans cette aventure artistique ». Et Miguel en profite pour dévoiler un projet similaire pour un futur proche, qui pourrait s’apparenter à celui de B. Paz, mais, ici, près de Petrópolis : « Ce serait une façon de penser, expérimenter, apprendre pour repenser la société. Je cherche actuellement des financiers, privés, pour éviter toute depéndance avec l’État du Brésil. Plein de jeunes plasticiens brésiliens ont des œuvres en devenir. Il faudrait les montrer. Les associer à des œuvres et à des fonds que je détiens, comme le mien et celui de mon grand-père, le dessinateur José Carlos de Brito e Cunha2. Il y a tant à faire. Les universités, en dehors des villes, par exemple, pourquoi ne pas en créer ? ».

Deux petits chiens passent dans la pièce. Manteaux pour les bassets, hiver carioca oblige. Manteaux rouges. Rouge carmin.

Et le marché de l’art, Miguel, comment se présente-t-il ? « Pour moi, actuellement c’est un certain marasme, bien que j’ai signé une grande exposition – Maldicidade – Marco Zero – à São Paulo3, en 2010. L’idée de base, avec l’éditeur Charles Cosac (Cosac & Naify), ici au Brésil, c’était un peu un voyage dans les villes avec des images plus douces, plus sensuelles. Nous allons d’ailleurs publier un livre à partir de ce travail, en 2012. » Mais les ventes ? « Le marché de l’art, c’est bizarre, c’est compliqué. Lors de mon avant-dernière exposition individuelle, en 1999, à New York, à la galerie D’Amelio Terras, j’ai bien vendu, mais les acheteurs étaient des spéculateurs boursiers, ou bien encore souhaitaient impressionner leurs petites chéries. C’est assez déprimant. » Et la France ? « J’ai eu une bonne année 2004/2005 avec cinq expositions individuelles, là-bas, dans des lieux prestigieux comme la MEP dans le Marais et aussi à Arles, d’une certaine manière ce fut bon, il y a eu des remous autour de mon nom. Mais je n’ai rien vendu. Les Français ne sont pas branchés, très conservateurs. Ils n’arrivent pas à comprendre ce que je fais, pas du tout. Ils mettent chaque artiste dans un tiroir en particulier, et moi il m’en faut plusieurs » conclue-t-il en riant… jaune. Certains critiques ou commissaires m’ont dit « Vos photos ne sont pas abouties » ou ce genre de choses… »

Devant tant de culot à peine croyable, de cette dureté arrogante et infertile des Français, le salut pourrait venir d’où, Miguel ? « J’ai plusieurs marchands. De New York, peut-être, mais il faudrait qu’il y ait une galerie qui sache ce que vaut mon travail. Je n’y suis pas retourné depuis 2003, pour mon exposition à la Aperture’s Burden Gallery. Et aussi de… Belgique où de très bons galeristes se montrent réceptifs. Nous discutons actuellement. Mais je suis lucide : la création est complètement liée, en 2011, au commerce. Et d’ailleurs les marchands n’ont même plus le temps d’aller chez les artistes, leur parler. Avec l’internet, ils ne se déplacent pratiquement plus… »

Chez Miguel Rio Branco, à Araras (RJ), en 2011 © Bahiaflâneur Chez Miguel Rio Branco, à Araras (RJ), en 2011 © Bahiaflâneur
Extérieur jour. Nous voilà à l’air pur, à peine sortis du sas climatisé, gigantesque, qui a pour usage l’archivage des centaines de milliers de diapositives, tirages, films, mais aussi laboratoire et atelier de Miguel, aidé par deux jeunes assistants. Nous prenons quelques photos. Miguel sort avec délicatesse ce qui semble être l’unique exemplaire qu’il détient encore de son tout premier livre, dorénavant très rare, édité au Mexique4 par son ami Pablo Ortiz Monasterio. Puis celui5 fait avec Louis Calaferte, grâçe, entre autres, à l’amitié du photographe français Jean-Yves Cousseau. Joyaux. Mais ce serait faire injure à l’artiste que de délimiter ses espaces de travail. Tout est vie et travail, ici en même temps. Partout. Jours et nuits mêlés. Des milliers de livres débordent des étagères dans toutes les pièces, tandis que le lieu de repos est lui aussi entièrement encerclé de centaines d’objets, de photos, de reproductions, d’albums de peintres. « Regarde », me dit-il. Comme ce volume sur Caravage, par exemple… Extérieur, jardin tropical, donc. « Oui, ce labyrinthe, ce petit espace fait de douze plaques de granit, ce projet de labyrinthe que je suis en train de reprendre, ces méandres, venir ici m’aide en ce moment où je peins nouvellement ». Le labyrinthe, une idée qui fut chère à son ami Hélio Oiticica, qu’il cotoya longuement, comme Carlos Vergara, aussi, à New York : « Oui, bien sûr, mais c’est loin et à ce moment là je venais à peine de voir toutes les cendres de mes photos et films, brûlés accidentellement lorsque... Hélio est mort ».

Tant d’artistes rencontrés longuement ou croisés rapidement, tardivement, comme Manuel Alvarez Bravo, déjà vieux, mais le ton pris pour évoquer ce moment ne laisse pas douter de son admiration. Tandis qu’il en faudrait de peu pour qu’il abatte une autre « statue », celle de l’oeuvre d’Henri Cartier-Bresson, en qui il reconnaît « d’abord la grandeur et le génie pendant les années trente. Après, il se répète et la virginité n’était plus là, malgré l’immense talent ». Nous acquiescons. « La virginité, voilà ce qui m’est nécessaire, c’est difficile, mais il faut la retrouver sans cesse pour créer mes objets trouvés », me répète-t-il, avant de poursuivre, d’une voix un peu lasse: « Mon nom est connu, mon travail pas assez ». Antienne vraie des vrais créateurs, tous et toujours solitaires. Savoir voir, monter et montrer, en une musique qui n’appartient qu’à soi, voilà sans doute quelles seraient les vertus cardinales d’un artiste digne de ce nom, et telle est la marque évidente des oeuvres de Miguel Rio Branco. Alors, patience, Miguel. Le rythme de vos montages, dans une poésie tantôt flamboyante, tantôt obsédante, ou les deux à la fois, nous emporte, nous enserre en des contrées du seul imaginaire fécond.

Vient le temps de déjeuner, face à l’immensité boisée. Hors du temps. Au mur opposé, dans un coin, seuls deux petits tableaux de Miguel, presque blottis l’un contre l’autre, peints à New York, dans les années soixante, auxquels il semble particulièrement tenir. Ce mur, sur toute sa longueur, est rouge. Rouge carmin.

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(1) Comme l’immense « Caci », montage photographique suspendu. La Galeria Miguel Rio Branco (numéro 13) est située au nord-est du vaste Inhotim.
(2) Dont le trait n’est pas sans rappeler celui de Saul Steinberg, dont une grande rétrospective a été récemment proposée par l’Instituto Moreira Salles, à Rio de Janeiro.
(3) Au Museu da Imagem e do Som (MIS). 1er septembre 2010/31 octobre 2010.
(4) Dulce sudor amargo. Avec le texte de Jean-Pierre Nouhaud, « Carta a un amigo de Bahía », París, el 18 de abril de 1985, in Miguel Río Blanco, trad. Felipe Garrido, FCE, México, 1985.
(5) Nakta. (avec le texte de Louis Calaferte, « Noite Fechada » (« Nuit close »). Fundação Cultural, Curitiba, Brasil, 1996.

Nakta (1996), de Miguel Rio Branco © DR Nakta (1996), de Miguel Rio Branco © DR


 

 

 

 

 

  

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Miguel Rio Branco (1946) photographie, filme, peint, monte, vit, voyage.... Trente ans, c’est exactement la durée qu’il lui a fallu attendre pour être invité à Bahia, après les deux mostras qu’il proposa en 1979 dans le Teatro Castro Alves – « Si l’on ne m’invite pas, je ne viens pas ». Heureusement, le galeriste bahianais Paulo Darzé veillait… Car celui qui a habité chez Hélio Oiticica à New York dans les années soixante-dix, photographié à El Salvador, la ville de Paris et ses scènes insolites, le Pelourinho à Salvador de Bahia sous toutes ses coutures1, les boxeurs et les salles de boxe à Rio de Janeiro, qui fut invité de dernière minute au Japon sur le tournage du long métrage Babel, qui est éternellement ce « frère » du photographe Mario Cravo Neto, qui n’oublia pas, aussi, de cotoyer longuement des tribus indiennes au Brésil, de photographier aux Canaries – où il est né – et dans d’innombrables autres pays, de fixer dans l’argentique les marges familiales du monde de la prostitution, a un regard d’une douceur extrême, derrière ses lunettes rondes, face à moi ce matin du mercredi 19 mai, vers onze heures, dans la galerie d’art Paulo Darzé, à Salvador de Bahia.
Et ce jeune sexagénaire, qui vénère le sculpteur Alberto Giacomettti – oh ! grâçe! – et dont la grand-mère était française, s’exprime dans un français cristallin et me fixe, dans un détachement et dans un flottement qui n’appartiennent qu’aux artistes pleinement libres.

« D’une certaine manière c’est à Itaparica, à Bahia, que le déclic photographique s’est produit pour moi, tu sais » me dit-il de suite. « Le chef opérateur Affonso Beato2, qui fut mon professeur et m’avait repéré, m’invita, entre mai et juillet 1970 à être le photographe de plateau du film Pindorama3. Ce film se tourna dans la ville d’Itaparica, dans l’île du même nom, et je ne vins même pas à Salvador. Je n’ai jamais traversé, alors, la Baie de tous les saints. Je suis resté dans la ville trois mois durant, bien que les rushes du film étaient projetés à Salvador. J’ai compris la photographie, là. Tout. Toute cette lumière, tous ces contrastes, dans ce lieu alors absolument féérique, dans cette époque post-Beatles et post Coupe du monde de football 1970, ont été fondateurs pour moi. Ce fut un moment totalement magique. L’équipe du film était parfaite, soudée, et… nous participions également, chaque semaine, à des  assemblées de spiritisme ! En effet l’ingénieur du son 4, avec sa femme, étaient médiums de la religion umbanda, tandis que le maquilleur 5 était médium kardéciste. »

Miguel Rio Branco continuerait ainsi des heures à raconter ses voyages, son « amour fou » des femmes, sa déception avec Bahia dans les années qui ont suivi – « la vie était difficile ici et je n’avais pas d’amis, à part ma femme Kadi Cravo, son frère Mario Cravo Neto et sa famille » – s’il ne fallait revenir sur la forme de l’exposition en cours, « Teoria da cor » (Théorie de la couleur). Le photographe souhaite éclairer son abandon, au long des années, mais plus précisément après un long moment comme correspondant de l'agence Magnum Photos, de ce qu’il nomme la photographie « documental ». Car celui qui avait « vécu la photo comme un événement poétique en 1970 à New York », n’avait pour culture, à l’époque, que celle émanant de ses lectures, longtemps avant, de Playboy, de Life. Bien loin des photos qu’on pouvait rarement trouver dans les musées. Et les commandes qu’il reçut de l’agence parisienne, ou bien encore des publications de son travail dans la presse « internationale » comme National Geographic l’ont dégoûté à jamais de cette dépendance de l’édition et des intérêts des magazines à l’époque.
C’est à São Paulo, lors de la Biennale de 1983, après un très long séjour qu’il effectua chez les indiens Kayapo Gorotire, qu’il put mettre ses désirs en application. Cinq projections simultanées composaient en effet ces « Dialogues with Amaú ». Ce moment fut décisif pour lui, et sans retour. Car celui qui a tourné des dizaines de courts-métrages – perdus pour une bonne part – et dirigé la photographie de plusieurs longs-métrages, et ne cesse de revendiquer « une certaine schizophrénie dans la construction » de ses photos insiste sur le « manque d’intériorité » des photographies de ces dernières décennies. « Les photographes ne comprennent pas qu’en montrant que ce qui est dehors ils ne montrent rien de ce qui est dedans ». Et Miguel de me confier qu’il puise son inspiration d’abord dans la musique, plus particulièrement celle de Bob Dylan.

Louis Calaferte, une rencontre avec un texte
Une heure est presque passée et au détour de son admiration affichée pour les peintres comme Soutine et Goya, sans oublier Pollock et Rothko, Miguel revient sur les conditions d’édition de l’un de ses livres, « Nakta». Un texte de l’écrivain français Louis Calaferte y accompagne ses photos. C’est sur les conseils de son ami français Jean-Yves Cousseau, qu’au revenir d’une de ses expositions, l’association avec le texte, précédemment édité, lui parut évidente : « Mes photos, qui venaient d’être montrées à Rotterdam à La Biennale de la Photo de Rotterdam en 1991 sous le titre Small reflexion on a certain bestiality, avaient trouvé leur alter-ego. Je fus conquis d’emblée, car je suis toujours conquis par le texte. » Citons ici quelques mots de Louis C. qui décidèrent Miguel à donner le titre à l’exposition à Paris et à l’ouvrage : « Nakta, nom sanscrit de la nuit, dérive de la racine nac, indique donc la nuit en tant qu’élément destructeur et de malheur. » Malheureusement, l’écrivain déjà malade ne put s’entretenir qu’au téléphone avec Miguel. Et le livre, que seule la veuve de Louis C. découvrit, est désormais l’une des fiertés du photographe brésilien.

Midi. Il est temps d'accompagner, dans son déjeuner avec ses enfants venus l’accompagner depuis Rio de Janeiro, l’auteur de l’une des œuvres photographiques majeures de notre temps, dont la force primitive des couleurs – rouge, ocre, noir – n’a d’égale que la matière profonde en laquelle elle se fond et s’associe, par le montage et le biais lucide et magique du cadre de celui qui sait voir dans l’oeilleton.

Dulce Sudor Amargo (1985), de Miguel Rio Branco © DR Dulce Sudor Amargo (1985), de Miguel Rio Branco © DR





(1) Dont le court-métrage « Nada levarei quando morrer aqueles que mim deve cobrarei no inferno », qui sera re-montré pendant la Bienal de São Paulo en 2010. Ce film a été tourné en trois jours, en janvier 1980. Le travail photographique a été effectué entre juin et septembre 1979.


(2) À l’Escola Superior de Desenho Industrial à Rio de Janeiro (ESDI). Affonso Henriques Beato venait de signer, en 1968, l’extraordinaire photographie en « Tropicolor » du premier long métrage en couleurs de Glauber Rocha, « O Dragão da Maldade Contra o Santo Guerreiro » (« A expressão ‘Tropicolor’ é uma invenção baiana. O que é tropicolor? Isso remete à uma idéia de uma cinematografia, de uma expressão, de um conjunto de filmes como Macunaíma,  que fazem parte desse momento. Enfim, a busca de uma cor tropical em que o verde, os  amarelos, os vermelhos são tão fortes, no sentido que a nouvelle vague sempre foi assim, aquele azulzinho, entende? A coisa das latitudes de clima temperado, entende? Tudo muito suave e tudo. E nós fizemos uma coisa de alto contraste e alta densidade, alta saturação. Tropicolor é o expressionismo tropical. » (BEATO, Affonso. « Tropicolor: fotografando o sertão em cores ». Jornal A Hora do Dragão, material de distribuição para o relançamento do filme restaurado. Rio de Janeiro, 20 de maio de 2008.) Puis se succèdèrent dans le temps, dans plus de cent films, de nombreux longs métrages de Pedro Almodovar, de Jim Mc Bride, « The queen » de Stephen Frears, « Terra Prometida » de Miguel Littin, « Love in the time of cholera », de Mike Newell, « Dark water » de Walter Salles, « Orfeu » et « Deus é brasileiro » de Carlos Diegues…

(3) Mise en scène de Arnaldo Jabor. Pindorama, dans la langue tupi-guarani des indiens, était le nom donné au pays Brésil, en raison de la présence massive sur la quasi totalité du territoire d’alors d’un arbre que ces indiens appelaient également pindorama. Ce film fut la dernière production de la compagnie Vera Cruz. Deux acteurs de renom, bahianais, Mario Gusmão (décédé depuis) et Harildo Deda y avaient de petits rôles.

(4) Walter Goulart (décédé en 2015) a travaillé sur plus de cent films au Brésil « Os fuzis » de Ruy Guerra, « O dragão da maldade contra o santo guerreiro  »  de Glauber Rocha , « Guerra conjugal » de Joaquim Pedro de Andrade et « São Bernardo » de Leon Hirszman. Il fut aussi assistant au son de Juarez Dagoberto da Costa, sur l’inoubliable « Macunaíma » et collabora à « Dona Flor e seus dois maridos » (Bruno Barreto, 1976).

(5) Ronaldo de Abreu 
était un ami très cher de l'actrice Jeanne Moreau.


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Miguel Rio Branco
du 16 septembre 2020 au 6 décembre 2020
6, Impasse de la Défense 75018 Paris


Alexis Fabry (co-fondateur des éditions Toluca) et Diane Dufour sont commissaires de l’exposition.

Un livre accompagnera l’exposition (co-édité par Toluca Éditions, LE BAL et RM). La programmation du BAL reçoit le soutien de la Ville de Paris et de la Région Île-de-France.

https://www.le-bal.fr/2020/07/miguel-rio-branco-oeuvres-photographiques-1968-1992

et

https://www.le-bal.fr/biographies/miguel-rio-branco

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