La barre de fer

Tolis Kazandzis Tolis Kazandzis
de Tolis Kazandzis (1938-1991)

Pendant l’Occupation et après, j’avais peur à la nuit tombante pour les miens. J’étais dans les premiers à regagner la maison et si tousn’arrivaient pas, je n’étais pas tranquille.À cette époque, quand ils arrivaient, nous fermions la porte d’entrée et nous la verrouillions avec une barre de fer. Mais jusqu’à ce moment j’étais aux aguets, rongé d’inquiétude et constamment j’interrogeais les autres sur ceux qui manquaient, du bout des lèvres car les autres me malmenaient pour cette lubie que j’avais. Et donc, dès que quelqu’un tardait trop, je me postais dans un coin, je tendais l’oreille à chaque bruit jusqu’à ce que finalement, désespéré, je sorte pour attendre sur le pas de la porte. Souvent les larmes me venaient aux yeux.
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