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Le Club de Mediapart dim. 2 oct. 2016 2/10/2016 Dernière édition

DSK, Berlusconi, Sarkozy… et la morale

Pour les plus âgés d’entre nous, presque rien d’établi que nous avons cru permanent et vital n’a duré. Parmi les nombreuses choses que nous croyions « permanente et vital » au milieu du XXème siècle et qui n’ont pourtant pas duré, je voudrais aborder les problèmes moraux, c’est-à-dire les problèmes qui concernent la conduite individuelle et les quelques règles qui nous permettaient de savoir distinguer le juste de l’injuste. Ces règles étaient invoquées pour juger ou justifier d’un acte commis par soi-même ou un autre. Leur validité était considérée évidente. Nous pensions tous que les présupposés des différents commandements moraux resteraient incontestables et permanents.

Tout cela s’est effondré d’un coup. Pourquoi ? Que s’est-il produit ?

Le progrès illimité des savoirs et des échanges auraient dû aller de pair avec le développement moral de l’homme. Il n’en est rien.

L’échec est-il inscrit dans la démesure du rêve ?

Il me semble qu’une partie de la réponse pourrait être apportée par la perception que nous avons acquis du plaisir.

Le type de plaisir dont nous parlons ici appartient plus au monde des sens qu’au monde de l’intellect. Le monde des sens incite l’homme à céder à ses penchants naturels au lieu de suivre sa raison.

Par ailleurs, on entend ici et là, dire que le plaisir, c’est la vie. On peut donc en conclure que la lutte pour le plaisir est devenue une lutte pour la vie. Or, la vie de l’espèce humaine est un bien souverain devant lequel la morale cesse d’exister.

La perception moderne du plaisir conduit à un double résultat : céder aux tentations enracinées dans la nature humaine et ignorer la morale devant l’exigence supérieure de la vie.

Une autre partie de la réponse pourrait être apportée par l’absence de grands desseins : quand les marges de manœuvre se réduisent, le « cher moi » (expression Kantienne) reprend le dessus. On s’occupe alors de ses petites affaires, du carriérisme, du pouvoir et… de la corruption.

« La morale, disait Alain, n’est jamais pour le voisin ». C’est dire qu’elle n’est légitime qu’à la première personne. Pour les autres, le droit suffit. S’agissant des hommes politiques, le droit est l’exigence première.

À nous d’y veiller.

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Tous les commentaires

J'ai une petite théorie personnelle sur cette évolution.

Quand les "30 glorieuses" battaient leur plein, une des scies les plus populaires était "Satisfaction" '"I can get no/satisfaction".

L'Humain Occidental, en grande proportion, ne manquait de presque rien, et pourtant... et pourtant...

Et en fait, n'y aurait-il pas un sens et des causes à rechercher dans ce dévoiment des désirs, qui, une fois satisfaits, laissent toujours plus de vide à combler? "Ca penche, On voit le vide à travers les planches" chante Alain Souchon...

Vous me direz: "Quel rapport avec l'absence de règles?" Eh bien justement qu'une morale rigide a été mise en pièces, mais que rien n'a été mis à la place, parce que les Marchands et autres prédateurs se sont aussitôt engouffrés dans la faille. Alors peut-être faut-il un peu en baver avant de retrouver, comme dans "Les Loups", la chanson autrefois interprétée par Reggiani: "Jusqu'à ce que les Hommes aient retrouvé/ L'amour et la Fraternité".

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L'auteur

plank

Entrepreneur en réflexion
Grenoble - France

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