Conditions minimales pour une décolonisation de l’espace public

La décolonisation de l’espace public est en cours et elle n’a attendu, à Bruxelles, les initiatives institutionnelles actuelles. Elle s'appuie, de longues dates, sur les actions d'activistes et d'artistes. Ce sont ces interventions qu'il s'agit de soutenir et prolonger. Par: collectif de signataires (académiques, artistes, activistes).

Intervention sur la statue du roi Baudouin -Bruxelles juin 2020 Intervention sur la statue du roi Baudouin -Bruxelles juin 2020
La décolonisation de l’espace public est en cours et elle n’a attendu, à Bruxelles, ni l’adoption d’un plan régional ni la décision d’une commission d’experts pour transformer les monuments, changer les noms de rue, renommer les boulevards, écrire l’histoire des résistances anti-coloniales, produire tags, graffitis, songs, musiques, installations, visites guidées décoloniales, etc. Depuis la manifestation Black Lives Matter qui a rassemblé à Bruxelles plus de 15.000 personnes contre la négrophobie endémique le 7 juin dernier dans le contexte d’un soulèvement anti-raciste mondial, le patrimoine colonial qui trône et impose sa version criminelle de l’histoire dans l’espace public fait l’objet de multiples actions d’interventions décoloniales : pétitions, textes, déboulonnages, tags, colorations, détournements, happenings, émissions radio, etc. De Minneapolis à Bruxelles en passant par Bristol et Paris “nous assistons à un intense moment d'iconoclasme décolonial” (Norman Ajari[1]), à un refus d’avoir à faire face encore à des criminels coloniaux qui s’en sortiraient indemnes.

Si dans l’espace public, dans la ville vécue, ce mouvement de transformation décolonial multiforme est perceptible, compris, prolongé, photographié, discuté, dans l’espace médiatique et politique il semble coincé dans une alternative infernale anesthésiante : soit remplacement immédiat (par exemple celui de la statue de Storms square de Meeûs ou, selon la proposition de Raoul Hedebouw, porte-parole du Parti du travail de Belgique, celui de la statue de Léopold II par la statue de Patrice Lumumba), soit maintien en l’état avec cartel explicatif. Aucune de ces propositions n’est à la hauteur de l’événement mondial.

Au vu de ce que représente la colonisation belge au Congo dans l’histoire de la colonisation du continent africain, le maintien tel quel des monumentalités colonialistes, entourées de panneaux explicatifs illisibles, entretient de fait la négation de l’existence et de la mémoire des Africains de Belgique, qu’ils aient des origines congolaises, rwandaises, burundaises, ou d’autres pays d’Afrique. Ces statues n’ont rien de neutre tant elles fonctionnent comme autant d’apologies du crime contre l’humanité, du pillage, de la violence, de l’appropriation, de la suprématie. “Monde compartimenté, manichéiste, immobile, monde de statues : la statue du général qui a fait la conquête, la statue de l'ingénieur qui a construit le pont. Monde sûr de lui, écrasant de ses pierres les échines écorchées par le fouet. Voilà le monde colonial” dit Fanon[2]. Le remplacement immédiat et généralisé, outre le risque d’une réaction de type trumpiste (“ne touchez pas à notre patrimoine national”), réduit les problèmes de décolonisation de l’espace public à de simples décisions logistiques sans enjeu sur le plan de la pensée. Ne parlons pas de l’absence d’imagination historique dans les énoncés du type “ma statue - mon histoire” ; d’autres imaginations existent déjà. L’urgence politique nous semble devoir être dans le soutien et l’intensification d’un processus de démantèlement multiforme. Ce processus serait une contribution des espaces publics et de ce qui s’y passe à des formes de réparations touchant à de nombreux autres ordres et organisations sociales: restitutions des biens spoliés et inversion des géopolitiques postcoloniales, négrophobies et racismes systémiques, violences policières et frontières meurtrières de l’Europe, actions proactives de lutte contre les discriminations et  enseignement de l’histoire des luttes décoloniales, démantèlement des folklores racistes et fin du blackface[3], etc.

Nous prenons acte du passage en force du secrétaire d’Etat bruxellois en charge du Patrimoine, Pascal Smet qui met en place une commission pour prendre en charge la décolonisation de l’espace public afin d’organiser un débat ouvert avec des experts, des personnes d’origine congolaise, rwandaise et burundaise et décider s’il faut ou non enlever les statues coloniales. En Belgique, il existe malheureusement une longue tradition d’ « encommissionnement » des problèmes politiques en vue de produire des consensus majoritaires et/ou de les démembrer : on peut penser au groupe de travail qui devait se mettre en place à l’issue de la table ronde économique en 1960 pour traiter de la question des artefacts pillés durant la colonisation, lequel ne s’est jamais réuni ou, plus proche de nous, la négociation sur la scénographie de la nouvelle exposition de référence à Tervuren durant laquelle les controverses engagées par les experts issus des diasporas africaines ont été systématiquement disqualifiées.  Encommissionnements aux résultats faibles voire inexistants, dont l'archivage des discussions montrent à quel point les réflexes coloniaux y sont légion  (musée, suites des tables-rondes, etc.).

En tant qu’activistes, en tant qu’artivistes, en tant que chercheurs, en tant qu’artistes qui suivons et participons depuis des années à la décolonisation de l’espace public nous avons cru nécessaire de rendre public un certain nombre de conditions pour que les débats de cette commission aient une chance d’aboutir à un résultat, lequel s’inscrira nécessairement dans la durée (les interventions sur l’espace public ont des effets dans la longue durée), qui puisse être en mesure de transformer de façon significative l’espace public colonial. 

  • La décolonisation de l’espace public est un appel décolonial à la réparation

S’il s’agit d’un processus, c’est bien parce que démanteler ne se réduit pas à la simple démolition-disparition et à la reconstruction instantanée. Remplacer du jour au lendemain la statue trônante de Léopold II par celle de Patrice Lumumba en un geste “fort” et “immédiat” risque de laisser croire que le problème serait “réglé”, une fois pour toutes. Laissant dans l’ombre les enjeux éminemment politiques d’histoire du colonialisme, de qualification des crimes contre l’humanité et de réparations mais aussi les continuités post-coloniales de la colonialité du pouvoir (discriminations à l’embauche, au logement, dans l’espace public, racisme institutionnel, racisme d’Etat, racisme scolaire et environnemental, racisme épistémologique, violences et crimes policiers, profilage racial, ségrégation ethno-spatiale, criminalisation et incarcération, etc.). Au vu de l’importance des enjeux posés par le soulèvement anti-raciste mondial en cours, le strict remplacement ou déplacement aurait pour effet de refermer la crise et d’effacer le trouble décolonial au nom de la peur de “troubles à l’ordre public” (raison avancée pour ne pas inaugurer une place Lumumba à Ixelles).    

Il s’agirait au contraire de prendre au sérieux les dynamiques activistes à l’œuvre qui, lieu par lieu, situation par situation, proposent des interventions différentes, précises, situées : faire tomber Léopold II à Auderghem, peindre Baudouin, négocier avec les institutions, filmer et enregistrer des statements (notamment la dénonciation du statu quo institutionnel) exiger, tagger, etc. Il s’agit de “faire vivre un problème et ses ramifications multiples”, de maintenir expressive la question coloniale et décoloniale en Belgique.

L’intervention PeoPL[4] de l’artiste Laura Nsengiyumva qui a mis en acte la fonte d’une sculpture de glace, réplique de la statue équestre de Léopold II place du Trône, a déjà posé de solides bases expérientielles pour une décolonisation de l’espace public colonial : le démantèlement des statues colonialistes est un processus qui possède une durée propre, c’est une question de pouvoir et de matière qu’il faut prendre au sérieux. A travers le démantèlement et le réagencement des lettres du nom “Leopold II”, PeoPL pose également la question du sujet qui fait la décolonisation, de la puissance destituante. Depuis PeoPL nous savons que la décolonisation est une métamorphose radicale des matériaux et de l’espace colonial lui-même.  

La perspective de la fonte et donc la matérialité des statues (faites pour beaucoup à partir de cuivre et d’étain provenant du Congo) ouvre une porte qui dépasse l’argument selon lequel la question des monuments serait une question purement symbolique. Comme nous invitent à le penser différentes théories de l’espace public, le jeu sur la matérialité de la ville contribue à produire des effets et des questionnements qui sont aussi politiques. Il s’agirait ici de donner une chance à des branchements innovants entre interventions urbanistiques et processus de restitution en cours, mais aussi par là, d’accompagner la mise à l’agenda des “réparations” comme l’intervention sur la statue de Baudouin nous y engage.

  • Non pas produire un anesthésiant consensus mémoriel mais activer les conflictualités décoloniales situées.

La commission ou le groupe de travail, dans sa composition même, devra d’emblée éviter le piège d’une polémique pour plateaux TV opposant des activistes noirs et leurs savoirs à des historiens blancs qui auraient à négocier “en leur nom” des solutions “acceptables par tous”. Historiens qualifiés d'experts que l’on appelle encore trop souvent en un geste quasi messianique pour clore le débat. Le point de départ sur lequel s’accorder devrait être que les statues coloniales racontent une histoire révisionniste qui écrase et réduit au silence les voix des colonisés et de leurs descendants. Le temps épais de leur fonte (de leur disparition) correspond à ce qu’il faut pour l’instauration d’une justice mémorielle à partir des voix de luttes et de résistances. Dans cette controverse mémorielle, pas plus que dans aucune autre, il n’y a d’épistémologie du point zéro. Il n’y a pas de “nous” a priori, allant de soi. Méthodologiquement parlant, la fabrication d’un “nous urbain” devra respecter l'existence d’agendas différés (Houria Bouteldja[5]) correspondant à des trajectoires et à des positions dans l’histoire qui sont conflictuelles.

Les propositions d’existences et de matérialisation dans l’espace public, la réappropriation des espaces du colonisateur (statues, noms de rues), elles, appartiennent, parallèlement, aux communautés afrodescendantes et non aux seuls groupes blancs quelles que soient leurs  intentions. Les visions décoloniales du monde proviennent d’une expérience qui est située. Elles émanent des tentatives afrodescendantes, situées dans l’expérience violente de la dépossession, de produire théoriquement les « soubassements d’un monde qui soutient » (Nadia Yala Kisukidi[6]). La responsabilité des Blancs consisterait plutôt, non pas à arbitrer le sens de l’espace public mais à contribuer au démantèlement de la ville coloniale en travaillant les nombreux  sites problématiques où, en tant que Blancs, ils agissent quotidiennement. Là, seraient leurs engagements : par rapport à des institutions en place à désarmer, travailler à l’ouverture de prises, saisir ce qui les constitue comme Blancs contemporains à partir des fils des archives économiques, politiques, culturelles et sociales. Agenda différé veut aussi dire ici responsabilités différenciées. Ces enjeux sont emmêlés et c’est pourquoi, si l’on s’en tient à cette proposition éthique, il s’agit, au cœur de cette commission ou de ce groupe de travail d’en instaurer la possibilité. 

 

  • Des attentions aux effets produits par les matérialités des monuments et à l'emprise de l'urbanisme colonial plutôt que des interventions symboliques déliées.

La première hypothèse de travail est donc de penser le démantèlement, le pliage des statues et noms de rues qui se “tiennent” et qui nous “tiennent” sur le mode de l’empoisonnement et de ses refoulements. Pour “déconstruire la fiction coloniale” (Paulin J. Hountondji[7]) que fabriquent et entretiennent ces agencements impériaux (statues, noms, artères, parcs, monuments, etc.) il s’agira d’intervenir de façon à défaire leur fonction de sidération. Pour cela, il sera sans doute préférable de penser les symboles coloniaux ensemble, plutôt qu’au cas par cas communal, de restituer entre eux les contiguïtés spatiales et temporelles. Les vestiges coloniaux actifs sont à saisir comme le labyrinthe-fétiche[8] d’une politique de la ville à dimension impérialiste (métropole coloniale).  Une vision d’ensemble permettra de penser des interventions locales faisant sens, outillant et faisant exister d’autres interventions locales. Il s’agit de multiplier les prises, de penser les destitutions et leurs processus en même temps que les institutions qui manquent.

Comme il ne s’agit pas de gommer le passé, mais au contraire de le densifier, de le rendre pertinent au présent, il y aura besoin de penser les matérialités, les plasticités, tout autant que de relier les histoires du passé ancien et récent, les histoires présentes à ce que tel ou tel nom de rue, statuaire, square, représente dans les luttes, pour certains quartiers, dans les âmes. 

Afin de définir l’existant, de faire advenir des interventions qui nous guideront, des appels à contribution et à idées, conceptuellement, artistiquement problématisés, pourraient sans tarder être lancés, depuis cette commission et ce groupe, sans tarder. Les interventions politiques et artistiques font en effet moteur d’enquête urbanistique autant que les “avis” et “arguments” ; c’est largement admis dans la pratique architecturale et a fait l’objet d’expérimentations à Bruxelles : espaces provisoires, happenings, réappropriations doivent pouvoir être soutenus par des budgets culturels d’étude. Il s’agit également d’y adjoindre des phases d’études sur les expériences de “démantèlement” qu’ont connues d’autres pays en prise avec ces questions (Europe de l’Est, par exemple, mais aussi bien entendu Afrique du Sud).

 

  • Articuler une formulation des problèmes (par les activistes, artistes et chercheurs afrodescendants) aux appels à projet

La commission ou le groupe de travail n’aura pas à penser la décolonisation de l’espace public ex nihilo mais bien à recenser, à exhumer et à prolonger les propositions multiples qui ont déjà été formulées et qui ne vont pas manquer de venir.

Pour que le démantèlement de l’espace public colonial puisse effectivement se produire comme un processus public, démocratique et politique et ainsi contribuer à une pensée collective, il s’agirait, tout d’abord, de ne plus effacer les tags, graffs et interventions de type décolonial : ce sont des archives au présent pour la commission ou le groupe de travail. Il s’agit donc dès aujourd’hui que Pascal Smet mette entre parenthèses, en tant que Secrétaire d’Etat bruxellois en charge du Patrimoine, les restaurations automatiques de “patrimoine”.[9] Cela fait des dizaines d’années qu’il y a des interventions sur ces statues, mais aujourd’hui, ces interventions se branchent à une histoire qu’il serait bon de ne pas nier. En parallèle, les événements et attaques de statues contemporains s’inscrivent dans une longue histoire de ce qui, depuis 1960, n’a jamais été réglé.

Pour le patrimoine dont la Région ou les communes sont dépositaires, il s’agit de ne pas qualifier ces actions d’intervention de “vandalisme”. En effet, ce sont des interventions porteuses d’énoncés de définition de l’espace. Nous le savons lorsqu’il s’agit de rénover les espaces publics ou les “chancres urbains” : dans de nombreuses villes, et ce fut aussi le cas à Bruxelles (Cité Administrative de l’Etat, par exemple), les interventions ponctuelles informent des possibilités d’interventions urbanistiques. Et certes les statues et noms de rue ressemblent bien à un chancre disséminé, avec ses réseaux et ses répliques. La topographie même de la ville est embarquée dans l'histoire coloniale (IEB[10]) alors que les quartiers noirs (Matonge, Clemenceau, etc.) ont une existence remise en cause par diverses opérations urbanistiques ou policières.

               Quoi qu’il advienne au lendemain du 30 juin 2020 nous continuerons à documenter et à intervenir sur le processus de décolonisation de l’espace public, à relayer les interventions et propositions populaires et artistiques à l’œuvre pour impacter positivement les travaux de cette commission ou de ce groupe de travail.   

Martin Vander Elst, anthropologue, UCLouvain

Véronique Clette-Gakuba, sociologue, ULB

David Jamar, sociologue, UMONS

Toma Muteba Luntumbue, artiste, curateur et historien de l’Art

Joachim Ben Yakoub, UGent

Monique Mbeka Phoba, cinéaste, scénariste et conférencière décoloniale 

Mireille Fanon Mendès-France, ancienne experte de l’ONU, ancienne présidente (2014-2016) du WGEPAD, Fondation Frantz Fanon

Françoise Vergès, politologue, militante féministe décoloniale

Norman Ajari, philosophe, Villanova University 

Olivier Marboeuf, auteur, conteur, commissaire d'exposition indépendant

Houria Bouteldja, Parti des Indigènes de la République 

Sorana Munsya, psychologue et curatrice

Rachida Aziz, écrivaine et artiviste décoloniale

Léonard Pongo, photographe

Gia Abrassart, journaliste

Olivier Mukuna, journaliste et essayiste 

Georgine Dibua Athapol, coordinatrice de l’ASBL Bakushinta  

Modi Ntambwe, spécialiste en droits humains, genre, Innovation et Développement

Isabelle Stengers, philosophe, ULB

Christian Lukenge, responsable Intal Congo

Nordine Saïdi, militant décolonial et membre de Bruxelles Panthères

Mirelle Tsheusi Robert, présidente de l’asbl Bamko-Cran

André Clette, citoyen, auteur

Ludo De Witte, sociologue et auteur

Carole Sacré, anthropologue, UCLouvain

Tunde Adefioye, St Lucas Antwerpen

Nicole Grégoire, anthropologue

Lisette Lombe, artiste

Benjamine Laini Lusalusa, activiste

Anne Wetsi Mpoma, artiviste, penseuse décoloniale et historienne de l’art

François Makanga, acteur et guide de musée

Folashade Ajayi, VUB

Jah Mae Kân, poète, conteur, percussionniste

Paulette Jacobs, Emission Sankayi Radio Air Libre

Mohamed Ouachen, artiste, auteur, comédien

DemaOne

Marie-Fidèle Dusingize, UMONS

Didier Debaise, philosophe, ULB

Jacinthe Mazzocchetti, anthropologue, UCL

Jean-Sylvain Tshilumba Mukendi,  chercheur indépendant, historien de l’art

Katrin Solhdju, historienne et philosophie des sciences, UMONS

Brenda Odimba, ingénieure, militante décoloniale et anti-racisme

Benedikte Zitouni, sociologue, Université Saint-Louis Bruxelles

Karel Arnaut, anthropologue, KU Leuven

Khadija Senhadji, militante, antiraciste décoloniale

Marianne Van Leeuw-Koplewicz, éditrice

Elsa Roland, sciences de l’éducation, ULB

Graziella Vella, chercheuse UMONS

Soraya El Kahlaoui, chercheuse UGent

Mukendy Munda B, praticienne de l'art infirmier, spécialités  endoscopie digestive et cardiologie

Manager associatif.

Sarra Mouny, enseignante

Associations signataires : CHANGE asbl, Présences Noires, BAMKO-CRAN asbl, Café Congo, BAKUSHINTA, Bruxelles Panthères, Collectif Faire-Part, Editions du Souffle, Nouvelle Voie Anti-coloniale, Brigade Anti Négrophobie

 

 

 

[1] N. Ajari “La pensée décoloniale casse la république en deux”, Mediapart, 23/06/2020.

[2] F.Fanon, Les damnés de la terre. La Découverte.

[3] https://bruxelles-panthere.thefreecat.org/?p=4274

[4] voir notamment : https://www.youtube.com/watch?v=rxKuToUnl70 et https://www.rektoverso.be/artikel/peopl-colonial-haunting-and-decolonial-dreams?fbclid=IwAR2DMJON6DUr5KsVLWWfy7b_ogQwaB7iOA_2J_mRgLQeX3uSrXEsxBHT4cc

 

[5] Intervention de Houria Bouteldja, Bruxelles, 14 décembre 2014, « Forum belge contre l’Islamophobie » Pianofabriek. Voir aussi https://www.ieb.be/Rencontre-avec-Nordine-Saidi-membre-fondateur-de-Bruxelles-Pantheres.

[6] N.Y. Kisukidi, “Laetitia Africana – Philosophie, décolonisation et mélancolie”; in A. Mbembe et F. Sarr, Ecire l’Afrique-Monde. Ed. Philippe Rey.

[7] Paulin J. Hountondji, Sur la philosophie africaine : critique de l’ethnophilosophie, Maspero.

[8] Toma Muteba Luntumbue a déjà expérimenté l’idée du réagencement à partir d’artefacts que la colonisation a arrachés à l’Afrique à travers la forme du labyrinthe des théories raciste qui ont rendu possible le pillage, l’étude, la muséalisation, puis la sacralisation d’objets désormais enfermés dans une « prison de sens » (Labyrinthe-fétiches, 2017, Cité Miroir, Liège).

[9] Ce type d’articulation ont déjà été négociée notamment par Véronique Clette-Gakuba et le cercle Binabi à partir d’un médaillon colonial taggé à l’ULB. D’autres précédents existent. Ce sont parfois aussi d’ailleurs des images dont le geste peut être qualifié d’artistique.   

 

[10] https://www.ieb.be/Bruxelles-ville-congolaise-introduction.

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