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Billet de blog 26 juin 2014

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Tant pis pour hier

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Je quitte la ville demain pour une autre ville que je connais bien. Que je connais mieux. Pour la simple raison que j’y connais la moindre ruelle, le moindre troquet, l’épicerie de nuit la plus proche. Le trajet  est peut-être le plus intéressant. Pour sûr : sa préparation. Incapable de prendre la moindre décision, je me réveille à cause d’’un réveil que j’oubli. Trop peu souvent utilisé, je me rends compte, quand il sonne, que c’est important. Voilà à peu près comment cela se passe :

Gueule de bois, je me réveille comme je peux, tentant de rejoindre ce qui me sert de salle de bain. Trois pas devant, un pas de cotés, pivot et t’y es. C’est ma façon de mémoriser. Un petit café et c’est reparti, j’allume la radio et j’ouvre mon portefeuille ; Quelques douteux tickets de carte bleue et un post-it ; J’y lis : « TGV 5307 10h40». Je comprends de suite qu’en rentrant ce matin je n’ai pas dormi directement. Un air de jazz sonne à la radio et me voilà parti ; Remplir un sac de vêtements plus ou moins propre, saisir une guitare, une clef ça sert, un tire bouchon et surtout un jeu de tarot. Je ferme la porte et réfléchis si je n’ai rien oublié. Là me reviennent des souvenirs étranges d’une nuit récente et quelques relents d’alcool. J’abandonne l’idée, au diable si j’oubli  des trucs c’est que ce n’était pas vraiment nécessaire. A moitié  convaincu par moi-même, je dévale, soucieux, les escaliers de mon petit immeuble. Pousse cette grosse porte en bois qui me sépare de la réalité. Un plongeon toujours difficile, qu’en bon drogué, j’ai appris à négocier. Je regarde l’heure, 10h05, je suis dans les temps, j’ai même de l’avance. Je mets un peu de musique dans mes oreilles et commence à chercher un fond de tabac pour me rouler une cigarette. Clope au bec, sans le feu, je marche vers le métro déterminé. Mes pensées sont tiraillées entre l’envie de savoir ce que j’ai fait et celle de savoir où je vais. J’entre dans la bouche de métro d’Esquirol, trois arrêts et c’est la gare. Le vigile est ailleurs, j’avance vite et en profite pour sauter discrètement par-dessus le tourniquet. Je descends les escaliers vers le quai et commence à me sentir mal à l’aise. Je suis bourré, que je me dis. Je me glisse in-extremis dans un métro qui part. Je me sens de plus en plus mal. Il y a du monde dans le wagon et les restes d’alcool, et je ne sais quelles autres drogues ne sont pas là pour arranger les choses. J’arrive enfin à la gare, en sueur, à 10h12 ; Efficace. Je me dirige immédiatement vers la sortie, me roule un stick entre deux bus, puis me précipite au troquet de la gare, son nom m’échappe. J’entre et me dirige vers le comptoir : «  Bonjour,  mettez moi un petit noir et une blonde fraiche. Et un verre d'eau ! ». Le barman s’exécute sans lâcher le mot. Et en ni une ni deux me regarde dans les yeux et dis : « Le voilà servi, ça fera 5,50 ». Etrange ! Je lâche un billet de dix trouvé dans une de mes poches, j’ai du retirer du fric hier. D’ailleurs où est ma carte ? Je bois le café cul sec puis la bière d'un trait ; Je laisse le verre d'eau. Vaseux, je marche vers les quais tout en regardant le tableau des départs : 10h40 Marseille St Charles TGV 5307 quai n°4. C’était sûr je vais à Montpellier. Tant pis pour hier.

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