Le "Terrorisme" est une forme de guerre

Je relis cet article de 2012, je n'ai malheureusement pas un mot à en retirer.

Selon le théoricien prussien Carl von Clausewitz (1780-1831) : « la guerre est le prolongement de la politique par d'autres moyens. »

C'est moi qui souligne, parce que je prétends que la guerre révolutionnaire, la guerre de désinformation, la guerre d'influence, la guerre économique et le terrorisme sont toutes des formes de guerre "post-modernes ?".

Dans ce cadre, je montrerai quelles sont les caractéristiques de cette forme de guerre, en essayant de la délimiter. Ensuite, je proposerai une "stratégie" pour "la faire", les moyens et les techniques qu'on pourrait employer. Enfin, je tenterai de proposer le moment et les moyens "d'en sortir".

Cependant, j'essaierai de montrer qu'il faut comprendre la position de "l'adversaire", faute de quoi, l'échec est certain.

Les parties au conflit :

- Une nation, ou un groupe de nations, qui tente de se défendre et de protéger sa population, à l'intérieur de son territoire.

- Une organisation, sans territoire reconnu et sans revendication territoriale nécessairement définie, avec des moyens limités mais soudée par une idéologie ou un sentiment ethnique ou une religion, bref, par un sentiment d'appartenance très fort.

Le théâtre d'opérations : La population de la nation ou du groupe de nations.

- Pour l'organisation terroriste :

But général fixé : La destruction à terme des structures sociales, politiques de l'adversaire. La neutralisation des structures économiques.

Objectif initial : créer la terreur.

Objectifs tactiques : par des actions "spectaculaires" et/ou répétées, sur la population générale, facilement "médiatisables" atteindre progressivement la création et l'entretien de la terreur.

Moyens mis en œuvre : selon les disponibilités, actions grand spectacles type 11/09, ou actions répétées mais légères type Toulouse.

Type 11/09 :

avantages : obtention rapide d'un résultat immédiat, et prolongé, voire progressif (législations contraignantes, restrictives de liberté), obtention de moyens financiers considérables, par centaines de millions d'€, si les logisticiens savent utiliser les produits dérivés à bon escient.

inconvénients : logistique lourde, mise en œuvre complexe, commandement relativement centralisé, personnel "spécifique" kamikaze et formé spécifiquement.

Type Toulouse : logistique légère, structure de commandement légère voire inexistante, à l'initiative de l'exécutant, personnel plus facile à recruter, kamikaze + "joueurs", formation bien faite mais "généraliste" (au tir, aux armes, aux explosifs).

- Pour "la nation" :

C'est là que le défi est à relever, il me semble. On peut énumérer des moyens et des procédures mise en œuvre ou à mettre en œuvre :

- L'infiltration : paraît très difficile et très "coûteuse"(culture spécifique, langue, vie personnelle, etc) et peu productive pour cause de faiblesse, d'autonomie et de dispersion des moyens adverses. Elle ne paraît rentable que si elle est appliquée sur les moyens logistiques de l'adversaire : armement, munitions, transmissions, caches, etc. Parce qu'elle permet d'être à un "point de passage obligé").

- Le renseignement : ne sera efficace que s'il est multipolaire, très bien maillé et intégré : ce sera le "niveau de bruit" qui sera le principal moyen d'alerte, pour les actions type 11/09. Pour les actions type Toulouse, il faut un repérage amont à large bande et à "bonne mémoire", ce sera là le "niveau d'activité" des "suspects", qu'il faudra pouvoir repérer.

- La "formation" de la population à l'information et au renseignement doit être envisagée, sans créer la "psychose", ni favoriser la délation. C'est possible, si les unités spécialisées sont seules destinataires de l'information et seules chargées du recoupement. Des procédures de recueil très simples à centralisation automatique pourraient être étudiées (localisation, horodatage, questionnaires à choix multiples, etc).

Enfin et surtout : une action de guerre n'est pas une action de délinquance. L'action de neutralisation ne peut être soumise aux procédures de police judiciaire. Elle doit s'exercer dans un cadre particulier, voisin de celui des services de renseignements. La neutralisation de l'adversaire doit précéder la preuve et la remise à la justice. Le "flagrant délit" dans ce domaine n'a aucun intérêt. Sinon, elle arrivera toujours, normalement, trop tard.

Je n'ignore pas que cela créera des situations difficiles. Si le personnel de défense est bien formé, si les droits sont bien délimités, dans la nature des actions et des moyens, dans le temps et dans l'espace, la plupart des problèmes se régleront facilement. Nous arrivons à former les forces spéciales, les unités spéciales de police et de gendarmerie, on doit pouvoir former des unités antiterroristes.

L'ennemi neutralisé, l'action de l'unité antiterroriste s'arrêterait aussitôt, la justice interviendrait, mais pas avant, comme dans les affaires d'espionnage, par exemple.

La seule façon durable de "sortir" du terrorisme, paraît être de tarir le recrutement. Tout un programme ! Cela va de la lutte contre les trafics, contre les discriminations, pour les libertés réelles, à l'intégration, donc à l'éducation, donc à la formation efficace de la jeunesse, obligatoire pour la nation si elle veut survivre.

 Ce n'est qu'une ébauche, rien de plus. A la relecture, je m'aperçois que chaque paragraphe mériterait un développement, pour éviter les "erreurs" d'interprétation, foison sur MDP, ou pour éclairer un langage peut-être un peu "spécialisé". Mais je ne le ferai que sur demande, si je ne suis pas lu, c'est inutile.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.