Malaise(s)

Malaise(s)

1 Dans la plupart des pays d'Afrique, d'Europe et des Amériques, le taux de chômage des jeunes est très élevé, presque toujours supérieur au double du taux général. Nos sociétés rejettent leurs jeunes, les excluent. Pourquoi ?

2 Certains cherchent , coûte que coûte, une intégration. Les jeunes de familles musulmanes peuvent la trouver dans une « radicalisation » qui leur apportent deux réponses : une intégration et une raison de lutter contre la société qui les a rejetés. D'autres jeunes, d'autres familles, vont trouver leurs réponses dans d'autres radicalisations, d'autres religions ou d'autres « extrémismes ». Mais le malaise des jeunes dépasse de beaucoup ces radicalisations visibles, de beaucoup les territoires des « démocraties ». Pourquoi ?

Deux livres, parmi d'autres, apportent des réponses concernant l'Islam :

L'immeuble Yacoubian de Alaa El Aswany, paru au Caire en 2002, en France en 2006

Nomade de Ayaan Hirsi Ali

Le problème d'origine se trouvent dans nos sociétés, dans ce rejet des jeunes, dont il faut trouver la cause. Mais, aujourd'hui, et depuis une quinzaine d'années au moins, l'urgence est la lutte contre le « terrorisme islamique ».

3 Le « terroriste islamique » n'est pas un fou, c'est un combattant, sans doute fanatisé, d'une guerre qui a été déclarée depuis longtemps mais qui n'est pas reconnue comme telle. Le monde « démocratique » refuse de reconnaître qu'il est en état de guerre. Il prend les combattants islamiques pour des délinquants. On voit par exemple, cette semaine, le procureur de Paris mobiliser , de son propre aveu, vingt magistrats, pour combattre trois « terroristes », on voit le ministre de l'intérieur français mobiliser environ 5000 hommes (la moitié d'une division!) pour combattre les mêmes trois « terroristes » !

4 Le simple fait de prendre les guerriers pour des délinquants lie les mains de ceux qui les combattent : « Messieurs les Islamistes, tirez les premiers ! » C'est ce qu'ils font, avec un succès total : en nombre de morts, en surface médiatique, en « personnes déplacées » (3 millions au moins), en chefs d'états déplacés, en tonnes de kérosène brûlées pour rien. Je rappelle que le théâtre d'opérations du « terroriste » est la planète entière et tous les médias qui l'unifient.

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