Médiapart promeut la guerre

Les deux articles publiés sur la Syrie (ICI et LA) créent un doute sur le sens critique de la rédaction à propos de l'analyse des évènements. Il est contradictoire que Médiapart, qui s'attache à dénoncer les scandales financiers et industriels, publie des articles faisant autant le jeu du complexe militaro industriel (USA, OTAN, Israël) voulant entraîner l'Europe contre l'Iran (démocratie sous embargo interdite d'importer des raffineries pour répondre à sa demande intérieure d'énergie) quand Israël (détentrice de l'arme nucléaire) ne se cache même plus de vouloir l'agresser (le crime d'agression existe en droit international).

Les deux articles publiés sur la Syrie (ICI et LA) créent un doute sur le sens critique de la rédaction à propos de l'analyse des évènements. Il est contradictoire que Médiapart, qui s'attache à dénoncer les scandales financiers et industriels, publie des articles faisant autant le jeu du complexe militaro industriel (USA, OTAN, Israël) voulant entraîner l'Europe contre l'Iran (démocratie sous embargo interdite d'importer des raffineries pour répondre à sa demande intérieure d'énergie) quand Israël (détentrice de l'arme nucléaire) ne se cache même plus de vouloir l'agresser (le crime d'agression existe en droit international).

Je suis donc très désagréablement surpris par le manque de recul de Médiapart, à épouser aussi facilement l'argumentation des va-t-en guerre féodaux du Golfe alliés à l'impérialisme guerrier israélo-américain, qui se fiche des victimes civiles comme le prouvent les interventions (les croisades ?) en Afghanistan, en Irak et en Lybie.

Une telle ligne éditoriale participe à la négation de la Charte des Nations Unies consacrant la prohibition du recours à la force (il n'est même pa précisé qu'il s'agisse de force armée : Art.2 § 4). Il ne sert à rien de s'émouvoir des soldats français morts sur les terrains d'opération quand le même journal participe à ouvrir un nouveau front qui promet d'en faire encore beaucoup plus.

Le droit contre la Guerre © Livier Corten Editions Pédone Paris Le droit contre la Guerre © Livier Corten Editions Pédone Paris

Le temps contemporain du droit international est celui " du droit contre la guerre " (Olivier Corten - disponible chez l'éditeur) et non l'inverse.

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Le "crime contre la paix" a été condamné à Nuremberg (il fut le premier chef d'inculpation). Le crime contre la paix, qui viole l'article 2 § 4 de la Charte des Nations-Unies, est réprimé par l'article 5 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (Voir aussi l'ouvrage de Maurice Kamto " L'agression en droit international ").

Qu'est-ce qu'une société internationale juste ? © Emmanuelle Jouannet Qu'est-ce qu'une société internationale juste ? © Emmanuelle Jouannet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les personnes attachées à la paix et à la justice peuvent donc se sentir trahies par une ligne éditoriale négligente. L'OTAN a montré qu'elle est une organisation de destruction massive de l'impérialisme US au service de la politique de spoliation des ressources au profit des multinationales (qui financent des candidats aux élections). Ce comportement méprise la souvernaité des peuples sur leurs ressources naturelles. L'action de l'OTAN en Lybie a servi à violer ce principe. Le siège de l'OTAN est à proximité des institutions de l'Union européenne à Bruxelles. Rien de plus évident pour faire pression. Imagine-t-on la réaction du Congrès américain si le Pacte de Varsovie avait eu son siège à proximité du Capitole à Washington ?

Pour faire triompher ses droits et ses valeurs et en faire profiter le Monde, l'Europe doit s'émanciper de la tutelle américaine dont la crise de l'euro a démontré l'agressivité et l'inimitié. Les USA ne se préoccupent pas de l'humain (Abou Graïb, Guantanamo, ...) ni des valeurs de l'Europe. Voilà aussi une part de l'enjeu du débat sur la Syrie. Les Syriens, s'ils aspirent à partager les valeurs de l'Europe ne souhaitent pas connaître le sort des Afghans, des Irakiens ou des Lybiens. Cet aspect n'est pas abordé par Médiapart.

Reste à trouver un Jean Jaurès et le protéger d'un Raoul Villain, si bien nommé.

" Il n’y a plus, au moment où nous sommes menacés de meurtre et, de sauvagerie, qu’une chance pour le maintien de la paix et le salut de la civilisation, c’est que le prolétariat rassemble toutes ses forces qui comptent un grand nombre de frères, Français, Anglais, Allemands, Italiens, Russes et que nous demandions à ces milliers d’hommes de s’unir pour que le battement unanime de leurs cœurs écarte l’horrible cauchemar. " (Discours de Jean Jaurès contre la guerre)

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