La presse tire sur l'ambulance Todd pendant que l'autobus Hollande-Valls emmène tout le monde dans le mur

Est-on encore un intellectuel en s'abaissant à la polémique, la caricature ou l'outrance ? Dommage, c'est disqualifier le débat. Il y avait surement moyen de mieux traiter un sujet aussi intéressant sans se dévaloriser, se finkielkrautiser, se bhliser, se ...

Est-on encore un intellectuel en s'abaissant à la polémique, la caricature ou l'outrance ? Dommage, c'est disqualifier le débat. Il y avait surement moyen de mieux traiter un sujet aussi intéressant sans se dévaloriser, se finkielkrautiser, se bhliser, se ...

J'étais et je reste contre cette manifestation du 11 janvier qui a été surtout une récupération politique au mépris des victimes, de la liberté d'expression et du problème de fond, que le pouvoir se refuse de traiter socialement et auquel il répond par l'oppression et l'illusion du paradigme sécuritaire, comme l'illsutrent les textes votés par la majorité et des coups de mentons fascistoïdes.

Ce serait bien que toute la "vigilance intellectuelle" qui s'abat sur Todd s'applique également en une pareille unanimité dans une critique aussi pointue aux 400 et quelques renégats qui ont sabordé hier la démocratie, le séant confortablement calé sur des coussins de velours rouge.

Des gens stupides qui ont l'indécence de prendre les électeurs pour des imbéciles au point, d'entendre, sur France Info, Monsieur Daniel Fasquelle, agrégé de droit, invoquer le respect des droits fondamentaux pour défendre Nicolas Sarkozy à propos de la décision de la Chambre d'instruction ; alors qu'il a voté la veille pour l'adoption de la loi liberticide sur le renseignement.

Une mémoire aussi courte et une telle contradiction paraissent montrer que cet agrégé n'a plus toutes ses facultés ou qu'il méprise les auditeurs. Tout comme Manuel Valls qui se fait aujourd'hui le parangon de l'antiracisme après avoir été le géniteur d'un racisme anti-Rom de gauche (Roms : "Manuel Valls réhabilite un racisme à l'ancienne", Manuel Valls dénonce les "impostures" du livre d'Emmanuel Todd).

La superficialité de l'actualité politique, la mansuétude et le germanopratisme des commentateurs rendent l'actualité très douloureusement ennuyeuse ; quand les mêmes politiques qui feignent de s'émouvoir de quelques lignes dans un livre laissent des milliers de personnes se noyer en Méditerranée ou les banques spolier les ménages, les affamer ou les acculer au suicide comme en Grèce ; sans que cette vilénie durable n'éveille une réprobation sérieuse qu'elle mérite, jusqu'à ce que la cause disparaisse.

Si Todd pouvait au moins servir à se rendre compte de la disproportion de la critique que la presse réserve à un livre - Todd remplace Houellebecq - et son étrange mansuétude pour une classe politique indifférente aux valeurs fondamentales de la République (voir les lois Macron et Urvoas), qui en est encore à ploter les filles ou faire des grosses vannes graveleuses («Bas les pattes»: d'autres témoignages sur le sexisme ordinaire en politique).

La France, ce pays où le politique instrumentalise les journalistes qui se font tuer dans des salles de rédaction et qui prend les femmes pour des objets de plaisir. Il faut arrêter les courbettes ou on n'est pas prêt de sortir de la crise...

La France moisie prend une odeur de vomi. Le mal de mer (Méditerranée) sans doute...

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